Les grands auteurs, croqués par Crick

Marc-André Charette, l'un des comédiens de la pièce... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Marc-André Charette, l'un des comédiens de la pièce La Soupe de Kafka, présentée au Théâtre de l'Île.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Il s'appelle Mark Crick, est né à Londres dans les années 1960, et a eu l'idée géniale d'écrire un livre de recettes «à la manière» de grands écrivains. Voici l'agneau à l'aneth façon Raymond Chandler (accompagné d'une flasque de whisky), les Poussins désossés et farcis préparés selon le Marquis de Sade, ou encore le coq au vin à la sauce Gabriel Garcia Marquez.

Ce recueil de pastiches littéraires inspirés du style de grands auteurs en compte 16; la directrice artistique du Théâtre de l'Île en a sélectionné le tiers pour mitonner sur scène sa propre Soupe de Kafka. On pourra assister à la mise en scène de cet ouvrage singulier par une troupe composée de la crème des comédiens chevronnés du lieu: Marc-André Charette, Sasha Dominique, Patrick Potvin et Frédérique Thérien. Au menu du Théâtre de l'Île du 11 mars au 11 avril.

«J'ai choisi des acteurs qui puissent chanter et s'éclater sur différents styles», raconte Sylvie Dufour.

L'idée de monter un spectacle s'inscrivant dans la tradition des Exercices de Style de Queneau trottait autour des planches de l'Île depuis quelques années déjà. La directrice artistique contacte alors Mark Crick, photographe et auteur britannique déjà venu à Montréal pour une mise en lecture du texte. Il lui donne son feu vert... à Sylvie Dufour d'apprêter le texte à son goût.

«Il s'agit d'une adaptation libre, précise-t-elle. Je voulais que nous aussi, rendions hommage à ces auteurs dans notre langue à nous.»

«Au début, je n'avais pas la moindre idée de ce que Sylvie allait pouvoir faire avec ce texte», mentionne la comédienne Sasha Dominique, appuyée dans son commentaire par son complice de scène, Marc-André Charette.

La table, en scène

Les recettes pastichées relèvent du précis de style littéraire sous la plume bien informée de Mark Crick. Comment les porter sur les planches sans en dénaturer la saveur? Laissez mijoter, remuez, soumettez-les aux comédiens qui n'en feront qu'une bouchée?

«La création s'est déroulée selon un esprit collectif», assure la metteure en scène.

Forcément, comme en cuisine, certains plats s'exécutent plus facilement que d'autres. «Nous cherchons toujours le ton à donner à la saynète du Marquis de Sade, pleine d'allusions et jamais vulgaire» reconnaît-elle. Pas facile de trouver l'adéquation dramaturgique entre l'auteur et sa recette, notamment en raison du double sens que Mark Crick fait souvent rissoler dans son texte.

Les chapitres passeront ainsi à la moulinette du «style» Théâtre de l'Île: bonne humeur, bon enfant, un brin de comédie musicale par ci, des chorégraphies par-là... de quoi se lécher les babines, paraît-il.

La mise en contexte - en bouche, pourrait-on dire - se déroule sur un plateau télévisé à l'occasion de l'enregistrement d'une émission culinaire. Le public y aurait même un rôle à jouer pendant l'heure que dure le spectacle.

Et si La Soupe de Kafka réussit à régaler son public, il n'est pas exclu que la directrice réitère l'exercice en lui donnant une suite. «On connaîtra déjà la recette!» anticipe-t-elle.

Pour y aller

OÙ? Théâtre de l'Île

QUAND? Du 11 mars au 11 avril

RENSEIGNEMENTS: 819-243-8000; www.ovation.qc.ca

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