Dans le bocal de la comédie

Ils entrent en scène par la porte du frigo, l'occasion de mettre les choses au... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Ils entrent en scène par la porte du frigo, l'occasion de mettre les choses au clair: rien ne se passera comme on l'attend dans ce spectacle atypique, ovni de la programmation théâtrale au CNA jusqu'au samedi 21 février.

Simon Lacroix et Raphaëlle Lalande se sont connus dans la région, où ils ont grandi, et ont formé la compagnie Le Projet Bocal avec Sonia Cordeau, camarade de conservatoire à Montréal.

Ensemble, ils se découvrent un esprit et des délires communs. Outrance, principe du n'importe quoi, pieds dans le tapis et dérision absolue: leur spectacle éponyme épouse la forme courte et efficace des capsules comédies à la télé ou sur le Web. Les trois sont d'ailleurs passés par le petit écran, Raphaëlle dans Les bobos, Simon dans Une histoire vraie et Sonia chez Les Appendices.

Au fond du bocal

La salle rit. Un peu, beaucoup, et parfois pas du tout. Amuseurs en trio, les comédiens et auteurs pratiquent l'art du détournement sans ménagement. Le début du spectacle expose sa politique cash: faire rire à partir de rien, un rien que matérialise un bocal vide. «Tiens, cadeau!», dit le premier acteur au deuxième, éberlué. À la mitraillette à mots, au jeu des regards, des silences, les comédiens jouent les équilibristes du «non-sens». Ce procédé sera décliné sous des formes plus ou moins percutantes, selon des variantes en tout genre: avec ou sans musique, avec ou sans lumière, seul, à deux ou à trois, sur le ton comique, tantôt sensible, tantôt parodique.

Déjantés, largués, parfois hystériques, leur force est d'assumer à fond les personnages ridicules: les deux soeurs apeurées et le père présument tyrannique, les trois amis assis sur un banc, perturbés par l'orage, le triangle amoureux scatologique, le couple en pleine crise... Certains sketches plaisent mieux que d'autres, d'autres mettent un peu trop de temps pour exploser. Or, chaque seconde compte pour faire vrombir l'engrenage comique.

Dans un décor vieillot des années 1950, les trois olibrius sèment avec une jubilation sarcastique sketches désossés par l'absurde et aphorismes furieusement déconnectés de toute logique connue. Et même quand ils s'égarent (une fois ou deux), cela ressemble encore à un effet collatéral très délibéré du Projet Bocal. Son mode d'emploi: bien l'agiter avant de s'en servir.

Il en ressort un pot-pourri de gags fantaisistes sur la vie comme elle va (de traviole), ponctués d'intermèdes musicaux surprenants dont il faut garder l'entière surprise.

Pour les lecteurs familiers de la chaîne française Canal+, on pourrait dire que leur royaume imaginaire rejoint celui des Nuls, des Deschiens, ou encore des Robins des bois, à l'humour bien frappé. Pour les autres, on conseille vivement de se plonger dans ce Projet Bocal pour constater de visu l'univers frappadingue.

Pour y aller

OÙ? Centre national des arts

QUAND? Jusuq'au samedi 21 février

RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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