Le voyage théâtral de Philippe S.

Le percussionniste Pierre-Guy Blanchard incarne son propre rôle... (Courtoisie, Gilles Landry)

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Le percussionniste Pierre-Guy Blanchard incarne son propre rôle dans Le long voyage de Pierre Guy B monté par Philippe Soldevila.

Courtoisie, Gilles Landry

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Joint en plein déménagement, accaparé par une double crevaison, le metteur en scène Philippe Soldevila ne se dépare pas de son calme olympien lorsqu'il s'agit de parler théâtre. À l'interlocuteur de défricher ce qui lui est adressé.

«Dit à Gino qu'il recevra mes pneus.» Pas pour nous. «Je formais une équipe formidable avec Christian Essiambre.» Et c'est parti! Ils défendront ensemble Le long voyage de Pierre Guy B., un spectacle présenté au CNA du 28 au 31 janvier. Son titre fait référence à l'histoire personnelle de Pierre Guy Blanchard, musicien acadien qui a inspiré le duo Soldevila/Essiambre dans le deuxième volet d'une trilogie de fictions biographiques entamée avec Les trois exils de Christian E

La pièce avait été présentée à la Nouvelle Scène en 2011. Séduit, le Théâtre Français s'ajoute désormais à la coproduction de cette dernière création signée des théâtres Sortie de Secours et l'Escaouette de Moncton, où la première a eu lieu en novembre 2014.

Le percussionniste Pierre-Guy Blanchard y incarne son propre personnage au fil d'une exploration géographique et introspective, éminemment musicale aussi, entre ses errances en Europe de l'Est, au Moyen-Orient et son retour en Acadie, où il est né.

«C'est un artiste unique en son genre, prévient Philippe Soldevila. Il possède un côté extrême, dans la mesure où il refuse les compromis, les petits mensonges, les demi-vérités, ayant conservé le même souci d'authenticité et d'intégrité qu'ont les adolescents.» Le personnage du spectacle était tout trouvé!

Comment vivre ainsi, en épicurien invétéré, se demande le metteur en scène, directeur artistique du Théâtre Sortie de Secours. «J'ai cherché la faille, je suis retombé sur les miennes...»

Philippe Soldevila orchestre l'écriture du spectacle qui se déroulera à six mains selon la formule «pour aller au bout de l'écriture, il faut aller au bout des interrogations et des inquiétudes de chacun». Le théâtre et la vie se relancent sans cesse mais il ne suffit pas de cogiter. Sur scène, actions et événements doivent s'inscrire comme des enchaînements, aussi «intuitifs» que nécessaires.

Les trois exils de Christian E. cheminait à travers les quêtes identitaire et professionnelle de l'acteur Christian Essiambre, autant qu'autour de ses galères de comédien débutant à Montréal.

Le long voyage de Pierre-Guy B. prolonge la réflexion en confrontant sur scène deux êtres aux antipodes. Le personnage de l'acteur Essiambre symbolise la réussite - notamment grâce au succès des Trois exils de Christian E., pardi! - tandis que celui du musicien n'a pas connu la même reconnaissance. Il incarne la figure du poète caché et un peu maudit.

«Je voulais évoquer notre rapport à la vie, à ce qu'on en fait, à cet écart qui se creuse entre nos aspirations et nos réalisations», conclut Philippe Soldevila. En ce mois de bonnes résolutions généralisées, la pièce inspirera sûrement plus d'un spectateur.

Vous voulez y aller?

OÙ? Centre national des arts

QUAND? Du 28 au 31 janvier, 20 h

RENSEIGNEMENTS? Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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