Revoir ses classiques avec Phèdre

Mani Soleymanlou, Emmanuel Schwartz, Marie Brassard et Benoît... (Courtoisie)

Agrandir

Mani Soleymanlou, Emmanuel Schwartz, Marie Brassard et Benoît Lachambre dans Phèdre, mis en scène par Jérémie Niel.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Approcher Phèdre, la plus célèbre des tragédies de Racine, ce n'est pas rien. Pour sa toute première programmation au Théâtre Français du Centre national des arts, du 10 au 13 décembre, le metteur en scène Jérémie Niel a choisi un projet théâtral en forme d'odyssée. «J'avais besoin de me battre contre un texte plus grand que moi».

Le défi est de taille puisque rares sont les pièces classiques - une tragédie en alexandrins, de surcroît - présentées sur les scènes québécoises. Alors, quitte à monter un grand texte du répertoire, Jérémie Niel s'est dit qu'il donnerait à entendre un florilège de maîtres ès tragédies. Qui mieux que Dante pourrait parler des Enfers? Ou Sénèque pour faire crépiter le bouillonnement des forces du chaos? Sans oublier Ovide, que les latinistes retrouveront forcément au fil du spectacle.

Le metteur en scène, prudent et habile, prévient: «Ce montage de textes canoniques répond toujours à la trame de l'intrigue.» Une histoire de passion amoureuse interdite, aux conséquences si tragiques...

Neuf ans après voir monté la compagnie Pétrus, Jérémie Niel semble poursuivre la même quête : traquer au plus intime le sens de l'existence et mettre en lumière les ombres de l'humain.

Phèdre, fille du roi Minos enlevée par Thésée, s'éprend de son beau-fils, Hippolyte. De ce seul fait de le désirer, Phèdre se sent coupable. Elle osera exprimer ce sentiment fou, et dire au fils de son époux: «J'aime», et ajoutant plus loin «Je languis, je brûle...» avant de mentir en changeant le nom de l'objet de sa flamme, comme se reprenant: «... Je brûle pour Thésée.» Bientôt l'on apprend que le roi qu'on croyait mort revient.

De cette pièce d'un autre siècle sur le désir et son interdiction, Jérémie Niel a trouvé un écho contemporain. «Phèdre est un personnage qui se pose sans cesse des questions morales. Or, nous vivons actuellement à une époque qui se cherche beaucoup, une époque où la justice individuelle s'est substituée à une morale

collective.»

Thème cher à Racine qui avouait dans la préface de sa pièce (1677) ne pas avoir écrit de tragédies «où la vertu soit plus mise à jour que dans celle-ci».

S'il n'y a pas de recette magique en matière de tragédie classique, il s'agit de rendre ces textes accessibles. «La pièce a été coupée ce qui permet de ralentir le rythme», explique le metteur en scène.

Les comédiens, toujours équipés de micros, privilégient un naturalisme qui leur évite de forcer sur le texte. «Comme s'ils pouvaient chuchoter le texte à l'oreille du spectateur.»

Phèdre (Marie Brassard), Thésée (Benoît Lachambre), Hippolyte (Emmanuel Schwartz) seront rejoints par un certain... Franck (Mani Soleymanlou). L'accessibilité peut aussi passer par une forme d'actualisation.

Pour y aller >

  • OÙ? Centre national des arts
  • QUAND? Du 10 au 13 décembre
  • RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticktemaster.ca, 1-888-991-2787
Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer