John Cage, en scène et en sons

Listen to the Silence - un voyage avec... (Courtoisie)

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Listen to the Silence - un voyage avec John Cage.

Courtoisie

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«Piano? À droite. Casque? À gauche.» Et voilà les spectateurs séparés en deux groupes, selon le dessin qui leur a été remis à l'entrée.

Dans la salle du Studio du Centre national des arts transformée en véritable laboratoire du son, on se demande où est passée l'autre moitié du public. Au sol, une armada de métronomes martèlent leurs cliquetis imperturbables. Des chants d'oiseaux surgis de nulle part piquent la curiosité. 

Un mime apparaît, prend la pose en se fondant sur des jeux de projections. Sur l'écran scindant le public en deux, une vidéo filmée en direct montre le second groupe en pleine action, affairé à intercaler des objets entre les cordes d'un piano à queue. C'est la fête! Bienvenue dans l'univers déjanté de Listen to the Silence - un voyage avec John Cage, ovni scénico-musical inspiré du travail du compositeur et poète américain éponyme. 

Cet artiste conceptuel avait fait scandale, à la fin des années 1940, en produisant 4'33, un morceau pendant lequel un musicien interprétait 4 minutes et 33 secondes... de silence.

Cela aurait pu donner une adaptation de son travail rébarbative ou hermétique. Surtout auprès du jeune public à qui Listen to the Silence est destinée. C'est avant tout amusant, parce que les deux interprètes - un pianiste et un acteur - ne se prennent jamais au sérieux. «Il s'agit d'être dans l'étonnance des choses», expliquera en entrevue le musicien Jeroen Malaise de la formation belge Zonzo Compagnie. «En cela, John Cage est certainement l'un des meilleurs compositeurs pour enfants», poursuit-il avec un léger accent du «Plat Pays».  

Refusant la narration linéaire pour lui substituer des dispositifs à plusieurs perspectives, le metteur en scène Wouter Van Looy a créé des paysages suggestifs où le spectateur peut promener librement son regard et faire vagabonder son ouïe et son imagination.

Mise en scène et décor utilisent des matériaux scéniques modulables. L'écran séparant les deux groupes de spectateurs devient une forêt, une autoroute, un champ de champignons multicolores quand ses parois se déploient. Le bric-à-brac installé sur scène forme une véritable fanfare. Tout est prétexte à faire surgir un univers sonore déroutant. Une bouteille de plastique roulée dans la paume des mains, un coussin péteur (effet garanti!), un ballon qui se dégonfle, une chaise frottée au sol. Allez hop, l'eau des fleurs passée au mixeur! «Beurk...» s'exclament en choeur les jeunes spectateurs du jour.

Tout ne tonitrue pas pour autant sur scène. D'abord parce que la scénographie remarquable joue sur l'émerveillement pour apaiser l'ambiance. Ensuite, parce que l'art contemporain, quand il entre en scène, produit moins de bruit que de concept.

Listen to the Silence est un spectacle joyeux et ludique, léger et profond. «Le bruit, est-ce de la musique, et la musique, du bruit?» interroge l'acteur Tjyying Liu. Les doigts se lèvent dans la salle, bien inspirés. Vient ensuite le temps du fameux silence... qui n'en est pas tout à fait un, avec sa soufflerie en sourdine, ses froissements de vêtements sur les bancs, ses toux réprimées. Mais peu à peu tout se tait. Et cela fait un bruit sauvage au fond de nous.

Pour y aller >

  • OÙ? Centre national des arts
  • QUAND? Jusqu'à demain, 13h30 et 15h30
  • RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787
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