«Je repars à zéro, ou presque»

«J'aime évidemment faire rêver, par mon côté théâtral.... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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«J'aime évidemment faire rêver, par mon côté théâtral. Mais je ne peux m'empêcher d'observer notre monde qui s'effrite...», lance Joe Bocan.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Débarquant en spectacle avec son album La Loupe, lancé l'an dernier, sous le bras, Joe Bocan a l'impression de Repartir à zéro, comme la pièce qu'elle chantait dans les années 1990.

«Je repars à zéro, ou presque, c'est le cas de la dire!» lance-t-elle en riant celle qui présentera La Loupe en formule cabaret à la Maison de la culture de Gatineau mercredi soir.

«Je suis un peu has been, même si, dans mon cas, ce n'est pas le métier qui m'a abandonnée, mais moi qui ai choisi de me retirer pour élever mes enfants à la campagne», renchérit la femme de 56 ans.

L'auteure, compositrice et interprète, à qui l'on doit notamment Les femmes voilées, n'a pourtant pas été totalement absente de la scène, ni de l'oeil du public. Elle a plutôt opté de s'adresser à un public plus jeune, plus près de ses réalité et préoccupations de maman, par le biais de divers personnages, tantôt à la télé (dans Ramdam, Pimpon ou encore Carmen Santiago), tantôt en tant que Comtesse d'Harmonia (grâce à qui elle reviendra d'ailleurs dans la région, en mars 2015).

Le message écologique de cette dernière, qui s'interrogeait entre autres sur les impacts de la surconsommation avec une chanson telle J'ai trop de toutous, n'est pas sans rappeler l'esprit engagé de l'artiste. Un esprit engagé que Joe Bocan a tenté de refouler lorsqu'elle a commencé à caresser l'idée de faire un nouvel album pour les grands, il y a une dizaine d'années. En vain.

«J'aime évidemment faire rêver, par mon côté théâtral. Mais je ne peux m'empêcher d'observer notre monde qui s'effrite...»

La Loupe s'ouvre donc sur En p'tits morceaux, évoquant la détresse et le besoin de se reconstruire, certes, mais creusant aussi la dépendance aux médicaments.

«C'est si facile, de nos jours, de prendre une pilule pour tout et pour rien, déplore celle qui s'est justement glissée dans la peau de Solange, dépressive dépendante à la télé et aux pilules, dans la comédie musicale Catnip!, cet été. Ce n'est pas normal qu'autant de gens consomment des antidépresseurs, il me semble. De toute façon, la vraie guérison passe par une démarche intérieure.»

Ce ne sont pas tant les textes qui ont été difficiles à écrire, que les musiques sur lesquelles Joe Bocan avait envie de les entendre prendre vie.

«Je voulais quelque chose de festif et d'intense. Les frères Grand (qui ont réalisé La Loupe) ont été d'une patience exemplaire! clame la chanteuse. Comme je ne suis pas musicienne, ils ont dû interpréter ce que j'essayais de leur faire comprendre avec mes mots!»

Au fil des ans et des démos, certaines chansons (À coup d'amour et de joie, entre autres) ont changé d'environnements sonores à quelques reprises.

D'autres ont vu les paroles être mises à jour. Ainsi, d'une histoire d'amour (imagée par une femme au coeur d'une forêt vierge jusqu'à l'arrivée d'un défricheur), Bulldozer est devenue une sorte d'hymne à la résistance qui se termine par un couplet évoquant le printemps érable.

Et si une pièce comme Les désordres du coeur, écrite avec Pierre Lapointe (qui en signe la musique), dormait dans ses tiroirs «depuis longtemps», Plus fort que nos désirs a pour sa part carrément vu le jour... en studio, avant de maintenant pouvoir prendre vie devant public.

OÙ ? Maison de la culture de Gatineau

QUAND ? Le 26 novembre, 20 h

RENSEIGNEMENTS ? 819-243-2525 ; salleodyssee.ca

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