Kiss & Cry: de la table de cuisine... à l'écran

Kiss & Cry relève de l'expérience où, d'un soir à l'autre, une équipe de... (Courtoisie)

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Kiss & Cry relève de l'expérience où, d'un soir à l'autre, une équipe de 10 artistes travaille à réaliser un long métrage devant public. Des mains des danseurs Michèle Anne De Mey et Gregory Grosjean, véritables «héroïnes» du film en création, au metteur en scène/réalisateur Jaco Van Dormael, en passant par chacun des techniciens/comédiens impliqués sur le plateau ou dans les coulisses. Tout se joue au vu et au su des spectateurs, qui devront aussi accepter de jouer le jeu, en suivant l'action tantôt sur l'écran, tantôt sur la table de tournage.

Tout a commencé autour de la table de la cuisine du cinéaste et metteur en scène Jaco Van Dormael (Toto le héros et Le Huitième Jour) et la chorégraphe et danseuse Michèle Anne De Mey.

Devant eux, étalés aux quatre coins, des jouets éclectiques ayant appartenu à leurs enfants devenus grands. Mais aussi du sable, de la ouate, un sèche-cheveux...

Et, surtout, leurs mains, avides de jouer, de manipuler. De danser, aussi.

En eux vibrait la volonté de créer autrement, de monter un spectacle où mélange d'échelles et temps réel donneraient une autre dimension à l'éphémère de leur art.

«Nous avons d'abord improvisé, en invitant des amis et collègues à venir expérimenter avec nous», explique Mme De Mey.

«Le défi, c'était de faire un long métrage qui tienne sur notre table de cuisine et que Michèle Anne danse seulement avec ses mains», précise son conjoint.

De fil en aiguille, ils se sont retrouvés neuf à s'amuser et à reproduire des petits mondes, conçus de bric et de broc, éclairés avec des lampes de poche et filmés à l'aide de la caméra familiale.

Attention, adultes au travail!

«Quand ils venaient à la maison, les enfants soupiraient de nous voir autour de la table, en train de jouer avec leurs train miniature, petites autos et figurines Playmobil!» se souvient M. Van Dormael.

«Mais une fois qu'ils ont vu leurs jouets sur scène, après les avoir laissé traîner chez nous pendant des années, ils ont subitement eu envie de les récupérer!» raconte en riant son épouse.

Toujours est-il que les parents et leurs collègues étaient lancés sur la piste de Kiss & Cry. Qu'ils ont ensuite développée, scénarisée et mises en décor pour explorer les souvenirs et amours de Gisèle.

«Nous n'avons pas pensé comment suivre l'histoire par nos chorégraphies. C'est l'inverse qui s'est produit: ce sont les découvertes faites ensemble qui ont nourri la trame de l'histoire», mentionne Michèle Anne De Mey.

Cette histoire, c'est celle de Gisèle, donc, qui se remémore les cinq hommes qui ont marqué son parcours de femme.

«Tout ce dont Gisèle se souvient du premier homme dont elle est tombée amoureuse, dans un train, ce sont ses mains, soutient M. Van Dormael. Par la suite, elle a toujours porté une attention particulière aux mains de ceux qui l'ont aimée, touchée.»

Qu'ils se raccrochent du bout des doigts  l'un à l'autre lorsqu'ils font du trapèze ou qu'ils se fassent la cour, les «personnages» de Kiss & Cry dansent émotions et quête de sens(ations) à fleur de peau.

«Certes, on peut ressentir la métaphore du saut et du vide lorsqu'on tombe amoureux dans la scène de trapèze, mais au-delà du symbole, on rejoint surtout l'intime des amours perdus, des enfants qu'on n'a pas eus...» fait valoir Mme De Mey. 

Et le politique aussi, parfois. Ses chorégraphies - les gens la voit danser de tout son corps, même si seules ses mains sont filmées - renvoient à l'endroit où vont les personnes qu'on aime quand elles disparaissent de nos vies. Elles ne résonnent pas de la même façon au Chili et en Corée qu'en France ou au Canada.

Pour Jaco Van Dormael, toutefois, l'intérêt de ce projet tenait bien plus à la forme qu'au contenu. À cette double lecture de ce qui se déroule sur scène, appartenant à la fois au monde du petit et à celui du plus grand, et forçant le spectateur à suivre l'action sur la table ou à l'écran. À la coordination et synchronisation, aux centimètre et seconde près, des mouvements des neuf «comédiens» impliqués, ayant chacun leur rôle à jouer, qui à l'éclairage, qui à la réalisation, qui à l'interprétation manuelle.

Kiss & Cry est ainsi présenté sans filet, sans trucages ni images pré-enregistrées.

«J'aime cette idée que le film que nous faisons devant les gens devienne le spectacle en soi. Que le seul appareil pouvant enregistrer notre oeuvre soit les yeux du public», confie M. Van Dormael.

Le côté ludique du projet s'apparente, à ses yeux, «au tour de magie expliqué». Au plaisir de jouer et d'y croire. Public et artistes réunis.

Pour y aller >

  • OÙ? Centre national des arts
  • QUAND? Du 26 au 29 novembre, 19h30
  • RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787
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