Jamais Deux sans l'autre

On se souvient encore de Un, remarquable solo présenté l'an dernier au... (Courtoisie)

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On se souvient encore de Un, remarquable solo présenté l'an dernier au Théâtre Français du CNA. Avec une bonne dose d'autodérision, l'acteur et metteur en scène Mani Soleymanlou y racontait sa quête identitaire, de sa ville natale, Téhéran, à Toronto, Ottawa, puis Montréal, où il décide de s'établir en tant que comédien.

Sur scène, il évoquait son pays d'origine, l'Iran, sans faire l'impasse sur la révolution islamique, le départ du shah et l'arrivée du «chien» (l'ayatollah Khomeini), ou encore la guerre et l'oppression. Au-delà de son histoire personnelle, l'acteur mettait en lumière un sentiment qu'il n'était pas le seul à partager. Nombre de spectateurs s'étaient ainsi replongés dans leurs propres interrogations. «Je pensais que ce récit m'appartenait, j'étais loin de me douter de son universalité» remarque-t-il rétrospectivement.

Plus d'une centaine de représentations seront données en deux ans seulement, au Canada et à l'étranger. Mani Soleymanlou ne compte plus les témoignages des spectateurs qui lui écrivent après avoir été touchés par ce monologue autobiographique. «Ça a pogné car le sujet est d'actualité, croit-il. L'immigration est un phénomène global. Ce que je comprends moins bien, c'est que ce soit si répandu et que l'on se sente pourtant si seul.»

Sur scène, la bonhomie de l'acteur séduit. Son verbe flirte avec la métaphore, tandis que la mise en scène d'apparence spontanée rapproche le solo d'un one-man show. Les questions essentielles - que signifie venir de quelque part, qu'est ce qui détermine notre identité? - sont traitées sur un ton comique décapant. Mais la pièce appelait une suite.

«Je corrigeais les épreuves du texte avant publication [aux Éditions L'instant même], quand j'ai eu le désir de rajouter des scènes. On m'a alors conseillé de ne pas mettre Deux dans Un...»

Ni une, ni deux, donc, Mani Soleymanlou s'attelle à l'écriture de la suite de son solo. Comme son nom l'indique, il s'agira d'un duo écrit en collaboration avec le comédien montréalais Emmanuel Schwartz. «Un ami pour se payer la traite sur scène», précise l'auteur qui a déjà travaillé sous sa houlette dans les spectacles Chroniques et Nathan.

«Il me fallait un alter ego qui allait devenir mon miroir et me questionner en même temps, un compagnon de route et de doute.»

Dédoublement identitaire

Mani et Manu sont sur un plateau, Mani se jette à l'eau: «Avant de commencer, je voudrais demander à tous ceux qui portent des signes ostentatoires de quitter la salle immédiatement.» Ainsi commence Deux, en fidèle prolongement de Un. Même décor, même écriture scénique, même thématique.

«Deux fait le procès de Un, le réexamine et le corrige», présente Mani Soleymanlou, qui partagera donc la scène avec Emmanuel Schwartz du 5 au 8 novembre, au CNA.

Il y retrace son expérience précédente avec Un, les réactions des spectateurs, notamment au Palais de Chaillot, à Paris, où la pièce a été présentée. «La première partie reprend la quête du gars qui spin dans sa tête car il a trop parlé du sujet», résume l'auteur, tout en précisant qu'il n'est pas nécessaire d'avoir vu Un pour assister à Deux.

La seconde partie du spectacle se concentre sur Montréal, «ville où le désir de comprendre d'où je viens a surgi», poursuit-il. Dans la pièce, il rappelle que plus de 120 communautés culturelles y sont représentées, selon le gouvernement du Québec.

«Pour cette partie, j'ai demandé à Manu d'écrire sur son identité, mais il n'avait rien à dire. C'était symptomatique, il fallait le prendre en compte.»

Les représentations à Ottawa permettront à l'auteur de juger de la réception du spectacle hors Montréal: Deux sera alors présenté «en région» pour la première fois. Quant à Trois, créé cette année pour clore la trilogie de Soleymanlou, il prolonge la quête identitaire à... 44 acteurs! Reste à savoir si la pièce sera proposée au public ottavien la saison prochaine.

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