Opéra et théâtre à portée de jeunes

Bon an mal an, quelque 5200 gamins assistent... (Courtoisie)

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Bon an mal an, quelque 5200 gamins assistent aux représentations données par l'équipe du Studio d'Opera Lyra. En 2009, l'organisme a même commandé un opéra, Les musiciens de Brême, au compositeur canadien Dean Burry.

Courtoisie

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«Et moi, alors?»: interpellation en forme de clin d'oeil pour rappeler que toutes les générations ont droit à la culture. De l'opéra au théâtre, les intervenants artistiques cherchent à interpeller le jeune public. Et repensent une scène où l'enfant ne serait pas traité à part, où il circulerait librement entre les spectateurs et les acteurs, où il serait lui-même acteur.

Au Studio d'Opera Lyra: enchanter la jeunesse

Trop compliqué pour des gamins, l'opéra? Pas quand on l'adapte intelligemment, et en faisant preuve d'imagination, rétorque la pianiste Judy Ginsburg, répétitrice principale d'Opera Lyra Ottawa. Elle est également administratrice des activités du Studio d'Opera Lyra, et, chaque année depuis 2007, devient la directrice musicale d'une production lyrique destinée au jeune public. Cette année: The Magic Flute de Mozart, que la troupe du Studio présente ce week-end et samedi prochain à la Cour des arts.

Il s'agit évidemment de versions «adaptées», précise Mme Ginzburg. On ne cherche pas à édulcorer, mais il est indispensable de condenser les dialogues, de façon à ce que la représentation ne dépasse pas une heure. «L'action de notre Flûte enchantée se situe dans l'espace sidéral et l'histoire de Pamina et Tamino est racontée par Galilée. Il s'agit d'une adaptation très inventive», laisse entrevoir Mme Ginzburg, pour qui «on doit toujours être très imaginatifs car les enfants, c'est le public le plus difficile qui soit. Mais on parvient toujours à les garder captivés.»

Un piano remplace l'orchestre et il faut souvent réduire le nombre de personnages car, étant «destinée à tourner dans les écoles, chaque production doit rester légère et transportable».

The Magic Flute visitera une cinquantaine d'écoles, dont plusieurs de la région.

Formation

Le studio est avant tout un programme de formation destiné à quatre ou cinq jeunes (24 à 32 ans) chanteurs lyriques canadiens.

Lesquels doivent souvent incarner plusieurs rôles au sein d'une même pièce... ce qui leur permet d'étoffer leur jeu et d'affiner leurs techniques vocales.

Bon an mal an, quelque 5200 gamins assistent aux représentations données par l'équipe du Studio, que ce soit à la cour des arts - où les productions ont déménagé il y a trois ans, après avoir longtemps occupé la Quatrième salle du CNA - ou dans les établissements scolaires, primaires et secondaires, où est déployé le spectacle. Quelques établissements francophones, comme le lycée Claudel d'Ottawa ou l'école Georges-Vanier, à Kanata, accueillent parfois ces productions, mentionne Mme Ginzburg, en ajoutant que la période de questions-réponses qui conclut chaque opéra, est bilingue, même si le spectacle est en anglais.

Au cours de cette période, les artisans du spectacle en profitent pour dévoiler certains trucs de mise en scène et, surtout, démythifier le monde de l'opéra.

«Une petite fille m'a écrit pour me dire qu'elle s'était mise à suivre des leçons de chant après avoir vu un de nos opéras», illustre Mme Ginzburg.

Le Studio a présenté l'an dernier Les pirates de Penzance, l'opéra comique de Guilbert et Sullivan. Avant cela, ses équipes s'étaient attaquées au Mariage de Figaro, Pagliacci et Don Juan, aussi bien qu'à Cendrillon, Hensel et Gretel. En 2009, l'organisme a même commandé un opéra, Les musiciens de Brême, au compositeur canadien Dean Burry, de qui le Studio avait déjà repris Les frères Grimm.

Choeur changeant

La présente production mozartienne fait appel à un choeur de onze enfants, issus du Ottawa Suzuki Strings Children's Chorus. En tournée, toutefois, «chaque école a l'opportunité de remplacer le choeur par ses propres élèves, car nous mettons à leur disposition un disque afin qu'ils apprennent les chansons. Du coup, même le public, parfois, accompagne en chantant», souligne l'administratrice.

Par l'entremise du site Internet d'Opera Lyra, les enseignants peuvent aussi télécharger des «guides pédagogiques» créés dans le souci de répondre aux attentes du Ministère de l'éducation de l'Ontario.

Pour y aller >

  • OÙ? Cour des arts (deuxième étage)
  • QUAND? 25 octobre, 26 octobre et 1er novembre, 13 h et 15 h 30
  • RENSEIGNEMENTS: www.operalyra.ca

Le Théâtre français du CNA à l'heure des 14-20 ans

L'adolescence est-elle la période idéale pour que naisse «l'étincelle culturelle»? Le théâtre peut-il avoir une place dans la vie des 14-20 ans? Faut-il développer un théâtre «pour» les adolescents? 

Mélanie Dumont, directrice associée au volet enfance/jeunesse du Théâtre français du Centre national des arts (CNA) croit plutôt en l'élaboration d'un théâtre imaginé par le jeune public. Écrit et interprété par lui.

Ce projet prendra forme en mai 2015. Pour l'instant, il n'est encore qu'un appel aux jeunes intéressés, lancé dans le cahier grand format de la programmation 2014/2015. La proposition est esquissée en ces termes: «Des adolescents déferlent par vagues au Théâtre français. Ils investissent l'espace. L'envahissent de tous bords tous côtés. Le TF devient leur camp de base.» 

Vision cauchemardesque? Quand on évoque le portrait générique des «ados au théâtre», c'est parfois pour souligner les rires incongrus, bavardages intempestifs ou applaudissement anarchiques qui les caractériseraient. 

Pas pour Mélanie Dumont, surprise de découvrir une tout autre jeunesse lors d'activités précédentes, «une adolescence allumée, intelligente, vive, entretenant des rêves vibrants». À la suite du succès de Ce qui nous relie, atelier de création proposé aux jeunes de 14 à 20 ans l'an dernier ayant abouti à une représentation publique, la directrice associée décide d'approfondir son travail de médiation par la création artistique.

«J'avais envie d'entretenir ce sentiment d'appartenance au théâtre, envie que ces ados reviennent ensuite par eux-mêmes voir des spectacles.» Ainsi naît De plain-pied, carrefour théâtral de trois jours qui leur sera consacré au printemps prochain.

On en connaît déjà la programmation théâtrale : deux spectacles, Album de finissants et Ce qui nous relie - lesquels devraient réunir une cinquantaine d'ados de la région sur les planches. Reste encore à déterminer les activités périphériques, performances, actions ludiques et installations qui agrémenteraient l'événement. 

Une «cellule d'action» composée d'anciens participants aux ateliers et de nouveaux membres a d'ailleurs été mise en place pour y réfléchir.

Son credo? «Que le théâtre soit plus qu'un lieu de consommation de spectacles, mais un espace vivant de dialogues et de création, où il est possible de rêver le monde autrement», fait valoir Mélanie Dumont.

Adolescents et théâtre: est-ce possible? Assurément, oui. Qu'il commence dans une salle de spectacles ou dans une salle de classe, dans l'esprit de l'auteur, l'espace du metteur en scène ou le regard du spectateur, le dialogue entre ces mondes si différents doit être sans cesse réinventé. Mais il peut aussi se nouer à la faveur d'une heureuse permutation entre ceux qui pensent le théâtre et ceux qui le reçoivent.

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