Un dîner presque parfait

Le Dîner de cons, mis en scène par... (Courtoisie)

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Le Dîner de cons, mis en scène par Normand Chouinard, met en vedette André Robitaille, Antoine Durand, Jean-Pierre Chartrand et Marcel Leboeuf.

Courtoisie

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« Il s'appelle Juste Leblanc ». « Ah bon, il n'a pas de prénom ? ». « Si, je viens de vous le dire : Juste Leblanc. » Vient en mémoire la réaction de Jacques Villeret au grand écran, impayable, inégalable. Presque automatiquement, le rire fuse. Au Centre des arts Shenkman où le Dîner de cons s'est joué à guichets fermés jusqu'à hier soir, une distribution 100 % québécoise a fait revivre la cultissime pièce de Francis Veber. Le pari n'était pas gagné d'avance. Plutôt osé même. La comparaison avec le tandem cinématographique Thierry Lhermitte/Jacques Villeret est un passage obligé pour qui connaît par coeur les répliques du film français et les mimiques de ses acteurs. Sans compter l'adaptation aux références québécoises dans la mise en scène de Normand Chouinard, franchement risquée dans le cadre d'un tel monument du rire.

L'entrée en matière, le soir de la première, a laissé craindre le pire avec ce film projeté expliquant comment Pierre Brochant se retrouve victime d'un lumbago sur un terrain de golf. L'introduction tenait davantage de la série Les Gags plutôt que du vaudeville. Il aura fallu un bon quart d'heure aux comédiens pour faire oublier ce malheureux démarrage. La soirée théâtrale tiendra tout de même ses promesses avec un supplément comique lié à l'adaptation québécoise, et dont on gardera la surprise entière pour les spectateurs qui iront voir la pièce les 24 et 25 octobre à la salle Odyssée.

Fidèle et original

On connaît l'histoire par coeur, celle de l'éditeur - ici montréalais - Pierre Brochant, qui, avec une bande de copains, organise les fameux "dîners de cons". Le concept est bête comme chou : chaque convive amène au dîner un con de son choix, on l'interroge sur son passe-temps, on se paie royalement sa tête, et celui qui a dégoté le plus beau spécimen d'invité a gagné. Avec François Pignon, sa nouvelle recrue passionnée de maquettes en allumettes, Brochant compte bien décrocher la palme. Mais tel est pris qui croyait prendre : victime d'un tour de reins, l'éditeur se retrouve coincé chez lui avec ledit Pignon. La suite se résume à cette réplique culte : « Un con qui en moins d'une heure amène ta femme à l'adultère et toi, au contrôle fiscal, c'est tout de même prodigieux ! ».

Marcel Leboeuf compose un François Pignon aussi maladroit que lunaire, très fidèle à l'esprit dans lequel Jacques Villeret avait créé ce rôle d'abord sur scène, puis au cinéma (le film est sorti en 1998). L'attachant comédien français lui apportait une fragilité et une naïveté presque enfantine, spontanée ; on éprouvait de la compassion envers le malheureux invité malmené de façon si cruelle. Cela est moins le cas pour Marcel Leboeuf qui, certes, est fort à son affaire, mais plus clownesque que grand enfant.

Quant à son bourreau, Pierre Brochant, le comédien André Robitaille en livre une interprétation allégée et moins snob, un peu trop « coincée » dans le premier acte - la faute au lumbago ? La complicité du duo Pignon/Brochant ressort encore mieux au milieu des comédiens qui les entourent, surtout l'irrésistible Jean-Pierre Chartrand dans le rôle de Lucien Cheval, l'inspecteur des impôts pinailleur. Excepté Antoine Durand (Juste Leblanc), dont le jeu sonne faux du début à la fin, le reste de la distribution s'en sort honorablement et les rôles féminins (Geneviève Rochette et Myriam Leblanc) s'en donnent à coeur joie.

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