Le slam tranquille de Grand Corps Malade

Grand Corps malade... (Étienne Ranger LeDroit)

Agrandir

Grand Corps malade

Étienne Ranger LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Il avance doucement dans le noir, béquille sous le coude. Attend, et attend encore que le public cesse d'applaudir. Tape trois coups, et démarre.

Grand Corps Malade n'a pas le slam agité, ni excité, encore moins précipité. Poète tranquille, il traversera l'heure trente de concert à la Salle Odyssée avec le calme funambulesque, du nom de son dernier album sorti en novembre dernier.

Le débit mitraillette? Très peu pour lui. Il préfère la fougue des paroles bien décochées à l'esbroufe de la performance vocale haletante, les jeux de mots aux gros maux, le pouvoir quasi-hypnotique du flow au montage serré des vers.

Sa présence sur scène et ses textes sont au diapason: plutôt que de réquisitoires, il s'agit surtout de récits de vies ordinaires, une poésie simple sans être simpliste, convoquant des acrobaties textuelles efficaces qui s'apprécient aussi bien a cappella que mises en musique. Accompagné de trois musiciens - sa «petite troupe» - il nous convie à son théâtre du verbe, nous «les seconds rôles». La métaphore théâtrale filera joliment tout au long du concert, du premier au deuxième acte, avec, pour véritable acteur principal, la langue française.

Au théâtre, Les lignes de la main, Roméo kiffe Juliette... Grand Corps Malade construit ses textes autour d'histoires touchantes, souvent urbaines et d'amour, que sa voix posée et son timbre bas rendent à merveille.

Il évoque a cappella les «pourquoi» insolubles de son fils, tendre et drôle à la fois, mais revient aussi sur ses débuts difficiles, «le calvaire sévère du poète et ses vers», puis sourit quand un spectateur prolonge l'exercice de style en lançant de son siège «t'es merveilleux!». «Je te re-versie!», répond-il du tac-au-tac.

Chronique des temps présent et passé, le concert mélange les titres de son nouvel album et ses succès que les spectateurs semblent connaître par coeur.

Depuis qu'il est devenu Grand Corps Malade en 2003, Fabien Marsaud a enchaîné les tournées pour défendre ses quatre albums - le Québec s'étant imposé comme une destination incontournable où les spectateurs continuent d'être au rendez-vous.

L'approche musicale ajoute beaucoup dans cette dernière version scénique. Elle conjugue les slams à toutes les influences: orientalisant sur Tant que les gens font l'amour, pianissimo sur Te manquer en superbe duo avec sa pianiste, on imagine que le musicien Ibrahim Maalouf qui a réalisé son dernier album y est pour beaucoup dans la réussite musicale du concert.

Bonne nouvelle: Grand Corps Malade prévoit déjà de revenir l'an prochain.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer