De mardi à samedi, toujours à l'Espace René-Provost, cinq supplémentaires auront donc lieu. Une première dans l'histoire du Labo.
Quelques changements mineurs ont été apportés à la mouture déjà présentée, mais pourquoi changer une formule gagnante? La distribution reste la même, tout comme le trio en charge de la mise en scène, Kira Ehlers, Isabelle Légaré et Mathieu Charette. Un cerveau à trois têtes, car les metteurs en scènes se sont partagés les saynètes de Cinémassacre, pièce déjà tronçonnée en sketches indépendants. Une entorse aux us et coutumes du Laboratoire, où la même pièce, courte, est d'habitude présentée trois fois d'affilée, par trois équipes distinctes et dans trois visions différentes, sans que les metteurs en scènes ne se parlent.
«On est sorti du cadre habituel des Labos» explique Kira Ehlers. Exit, l'exercice comparatif: cette fois, il a fallu «être sur la même longueur d'onde», collaborer pour offrir un tout homogène, voire se partager des comédiens dans plusieurs cas, poursuit la metteure en scène.
«Les spectateurs ont beaucoup aimé l'idée qu'on consacre une soirée à Boris Vian et ils ont trouvé ça différent. En laboratoire, d'habitude, chacun travaille de son côté, mais là on a décidé d'en faire un hommage à Boris Vian, de rassembler tous les sketches. Un travail d'équipe comme j'ai rarement vu. On a choisi les musiques ensemble. Mathieu Charette a fait un travail exceptionnel pour réaliser une trame sonore où les tounes se fondent les unes dans les autres, entre les sketches.
Travailler sur ce laboratoire, confie-t-elle, a été un pur moment de bonheur et de vie en communauté. Elle s'est amusée à «garder l'énergie de l'exagération» insufflée par l'oeuvre et nourrie par ses collègues, allant jusqu'à faire résonner AC/DC dans l'Égypte antique. «Mais certaines scènes sont plus sombres ou poétiques», tempère-t-elle.
«On a rajouté plein de trucs [qui ne sont pas dans l'oeuvre, laquelle comporte très peu de didascalies]. On montre l'envers du décor, en incorporant des machinistes et on peut dire que c'est du cinéma dans du théâtre.» Ces «machinistes», ce sont les comédiens, qui, dans chaque interlude, viennent, de façon très dynamique et rythmée, déplacer le décor (un bar, des chaises), évacuer les accessoires et installer ceux de la scène suivante.»
Plus de détails dans LeDroit du 20 septembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca