Gauvin Sers, Pourvu, ***1/2

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CRITIQUE / Le Français Gauvin Sers a manifestement été biberonné aux couplets de Renaud.

La filiation est si flagrante qu'il ne cherche même pas à s'en cacher : airs de Gavroche casquetté (qu'il assume jusque dans les paroles de Dans mes poches) ; chansonnettes posant un regard amusé sur les petites joies et injustices du quotidien. Il n'est pas le seul chanteur à arpenter ce sillon, mais il le fait avec un sourire canaille qui renforce ce sentiment. Et ses références directes à l'oeuvre de Renaud font cortège. Sers puise dans le même bassin argotique, convoquant flics, bagnoles et clopes. Lui aussi, vibre au rythme du métro, de Charlie Hebdo, de marmots, de politique de comptoir et d'ardoises (tabs) laissées au bar, se désole du racisme ordinaire, rêve d'école buissonnière. Le mimétisme se ressent jusque dans le rythme vocal et l'essoufflement de la voix en fin de phrases. Quand il décrit la faune occupée à mille petites choses dans Le ventre du bus 96 ou quand il évoque la journée de travail d'Un clodo (clochard) sur toute la ligne, la finesse douce-amère de ses observations fait mouche.




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