Le livre (ou)vert de Guylaine Tanguay

Guylaine Tanguay telle qu'elle est apparue mardi, lors... (Michel Tremblay, Le Progrès)

Agrandir

Guylaine Tanguay telle qu'elle est apparue mardi, lors de la rencontre de presse organisée par le festival Jonquière en musique. La chanteuse a présenté quelques pièces figurant sur son nouvel opus, Le cahier vert.

Michel Tremblay, Le Progrès

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

Ceux qui connaissent Guylaine Tanguay savent que Mon livre vert représente bien plus que le titre de son nouvel album. Il s'agit du cahier à anneaux dans lequel sa mère avait regroupé les chansons qu'il lui arrivait d'interpréter dans les années 1970 et 1980, parfois lors de noces, plus fréquemment dans un établissement de Mistassini qui s'appelait Le Charivari Saint-Louis.

« Ils formaient un duo, elle et mon oncle Bernard. Ma mère chantait dans ce bar du jeudi au dimanche. C'était son travail et le reste de la semaine, elle s'occupait de nous à la maison, à Girardville », relate Guylaine Tanguay.

Ce sont de doux souvenirs pour la chanteuse country, d'autant que c'est à cette époque qu'elle a commencé à apprivoiser la scène. Dès l'âge de six ou sept ans.

Aujourd'hui encore, elle tourne les pages du cahier et pas juste pour céder à une pulsion nostalgique. Comme les recettes écrites à la main et qu'on se transmet de mère en fille, ce document reste vivant, utile. « Je pige dedans quand je dois reprendre un air ancien, confirme l'interprète. Je le fais régulièrement dans le cadre de l'émission Pour l'amour du country. »

À ses débuts, elle a sorti un disque maison où le livre vert figurait à la place d'honneur. Ses fans de la première heure lui en parlaient fréquemment, ce qui l'a poussée à revisiter ce gisement de classiques dans les dernières années. On peut même parler d'un cycle étalé sur quelques enregistrements, lequel prendra fin avec le nouvel encodé, où il atteint sa forme la plus achevée.

« C'est l'histoire de ma jeunesse, de ma famille, de la vie avec mon conjoint et mes filles, de ma carrière et de mon amour pour le public. De cette manière, je referme la série des albums de reprises. Ensuite, je souhaite présenter davantage de chansons originales, tout en incluant quelques versions (personnelles de

classiques) parce qu'elles constituent des points de repère pour les gens », énonce Guylaine Tanguay.

Déroulant le fil de sa vie, la Jeannoise se souvient de sa grand-mère Dufour qui fredonnait Partons, la mer est belle, tandis qu'Un verre sur la table la ramène au Charivari , lorsque sa mère interprétait cette pièce dont l'effet sur l'assistance était instantané. « Dans le bar, je vois du monde chanter et danser là-dessus », souligne-t-elle. 

Quant à son duo avec Patrick Norman, J'ai tant besoin de toi, il témoigne de son admiration pour lui, doublée d'une réelle amitié.

Un pot-pourri lancé par Lâche pas la patate, dans lequel figure l'immortelle de Roger Miron, À qui le petit coeur après neuf heures ?, trouve également son origine dans le cahier vert. En revanche, la pièce qui ouvre l'album, À mes filles, est relativement récente. Écrite par Paul Daraîche, elle découle d'un échange qui a eu lieu il y a quelques années entre les deux artistes. « Je lui avais dit que ma priorité dans la vie, c'était mes trois filles. Ça l'a touché », rapporte Guylaine Tanguay.

Elle insiste d'ailleurs sur la notion d'équilibre, si difficile à mettre en pratique lorsqu'on gagne sa vie sous les réflecteurs. L'amour du public, tel qu'il se manifeste en spectacle, peut se révéler corrosif si l'objet de cette attention n'est pas suffisamment groundé. On ne compte plus le nombre d'âmes qui dépérissent lorsqu'elles sont privées de leur dose de scène.

« Il y a quelque chose d'égoïste, là-dedans. Tout le monde est là pour toi et ça rend tellement d'artistes malheureux quand ils en sont privés. Ils tombent dans la drogue, les partys, mais moi, j'ai toujours su composer avec ça. J'ai ma famille et mes racines au Lac-Saint-Jean, où je viens justement de faire mon tour. En plus, je suis une fille organisée, alors que dans l'industrie de la musique, on a tendance à trop rêver ou à rester dans le flou », observe la chanteuse.

De fait, même si le succès est au rendez-vous, elle et son conjoint se projettent loin en avant. Entre autres, ils anticipent le jour où elle ne pourra plus faire de grosses tournées comme celle qui la mènera entre autres au Festival country de Wendover (le 16 juillet), au Festival western de Saint-André-Avellin (le 25 juillet), puis au Festival des montgolfières de Gatineau (le 4 septembre). On parle de 50 escales, un marathon qui sera couru à la vitesse d'un sprint. C'est sans oublier sa participation au spectacle La Fièvre du country, qui prendra l'affiche au Théâtre du Casino du Lac-Leamy, les 16 et 17 mars 2018, ni l'hommage collectif à Marie King, auquel elle participera , le 6 août, sur la grande scène du Festival country du Grand Gatineau.

« Un jour, je sais que je devrai ralentir le rythme », reconnaît-elle, tout en laissant entendre que ce n'est pas demain la veille.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer