Isabelle Boulay,  En vérité ***1/2

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CRITIQUE/ Des cuivres et des cordes raffinés par-ci. Une pedal steel aux accents nord-américains par-là.

À la réalisation de ce 14e opus d'Isabelle Boulay, Benjamin Biolay a su tendre des ponts au-dessus de l'Atlantique entre les effluves country, presque western, de Nashville et les caresses afro-caribéennes des Mains d'or d'un travailleur au chômage ; entre Paris (les collaborations de - La Grande - Sophie Huriaux ou du tandem Carla Bruni-Julien Clerc) et le Québec (celles de Béatrice Martin et d'Alex Nevsky) ; entre une pièce en italien (Una storia d'amore) et une autre en anglais (Won't Catch Me Cryin'). En vérité, l'exercice aurait pu relever du trop grand écart pour paraître cohérent, n'eut été du liant que représente la voix de la Gaspésienne, plus charnelle et instinctive que jamais. Les arrangements d'une indéniable élégance et finesse bercent ses interprétations sur les vagues d'une nostalgie sereine, où percent des éclats de lumière, comme en témoigne éloquemment la poignante Mon amour (la supplique) que lui a offerte Biolay.

Benjamin Booker, Witness ****1/2

CRITIQUE/ Disque rebelle, accidenté, Witness refuse toute forme d'étiquetage dans lequel on tenterait d'enfermer Benjamin Booker. Il s'ouvre sur un morceau rock-garage presque punk (Right On You), pour aussitôt bifurquer vers une mélodie folk syncopée (Motivation) que ne renierait pas Ben Harper. On part ensuite explorer une rengaine piano-gospel nonchalante (la pièce titre, d'où émane la voix de la blueswoman Mavis Staples).

Plus sleazy-sexyThe Slow Drag Under nous ramène à Prince, periode Cream. D'abord acoustique, la 'ballade' Off the Ground permet de mieux apprécier le feutre vocal... jusqu'à ce que Booker, sans transition, fasse décoller les riffs lourds et rageurs. Cette facétieuse exploration d'azimuts se poursuit jusqu'à la fin, zigzaguant entre rock psychédélique africain et soul old school, entre archets de concertos (Believe) et cordes du désert (Truth Is heavy). 

Ça évoque tantôt Alabama Shakes, tantôt un jeune Lenny Kravitz, voire même Otis Redding et Led Zeppelin, parfois. La première écoute décoiffe. Mais le plaisir ne fait que croître avec l'usage. - Yves Bergeras

Serena Ryder, Utopia ***1/2

CRITIQUE/ Pour sa plus récente galette, la Canadienne s'est inspirée de la croyance cherokee voulant que deux loups cohabitent en chacun de nous : le blanc (bon, tendre, amoureux) et le noir (sombre, torturé, voire menaçant).

La pop de l'auteure, compositrice, multi-instrumentiste et interprète balance donc sans surprise - mais en équilibre sur l'amour et l'affirmation de soi - entre esprit rock (Me And You et ses guitares plus suintantes; la batterie énergique sur Ice Age) et couches plus électro (Electric Love). Entre pièces aux rythmes entraînants (telle Got Your Number), voire chaloupant vers le R&B (Killing Time), et ballades plus introspectives (SanctuaryRollercoaster). Par sa mélodie donnant irrésistiblement envie de taper du pied dans le droit fil de StompaFirewater en détonne presque. Plus que tout, il y a la voix de Serena Ryder, qui s'envole, aérienne, puissante et assumée, sur Wild and Free, ou qui  s'enracine dans les graves granuleuses sur It's No Mistake. Cette voix, on la suivrait n'importe où. - Valérie Lessard




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