Martha en toute liberté

Qu'elle ait interprété ses propres pièces ou revisité... (Archives, Le Soleil)

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Qu'elle ait interprété ses propres pièces ou revisité Ayoye de Gerry Boulet, par exemple, Martha Wainwright a littéralement habité chacune des chansons qu'elle a offertes au public, mardi soir.

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CRITIQUE / Martha Wainwright est une femme et une artiste libre, affranchie du poids de son patronyme, qu'elle porte aujourd'hui comme un étendard lui appartenant en propre. Les pieds solidement ancrés au sol et la voix s'envolant vers de nouveaux sommets, la quadragénaire n'a jamais paru aussi à sa place et bien sur scène que lors de son passage à la Maison de la culture de Gatineau, mardi soir.

La quadragénaire s'est pointée seule sur scène, guitare en bandoulière et toute voix dehors, reprenant Cheminant à la ville de sa mère, la regrettée Kate McGarrigle, comme pour bien marquer d'où elle vient. C'était pour ensuite pleinement embrasser qui elle est, enfilant les excellentes Around The Bend et Traveler, pièces phares de son plus récent album Goodnight City.

Ondulant autant de ses cordes vocales que de tout son corps derrière micro et guitare, martelant ses intentions et le rythme de ses pieds, l'auteure, compositrice et interprète a habité autant ses chansons que ces dernières l'ont habitée en retour. Ce faisant, Martha Wainwright a fait sienne la salle, solidement appuyée par ses trois musiciens et évoluant dans des éclairages sobres mais chaleureux et enveloppants. 

S'adressant tour à tour en français et en anglais à la foule, plus souvent qu'autrement en accordant son instrument, Martha Wainwright n'a pas nécessairement perdu son petit côté un tantinet décousu dans ses interventions.

Ici, elle a évoqué la lenteur de sa tante Anna McGarrigle à lui écrire Look Into My Eyes, avant de subitement s'interrompre, d'annoncer qu'elle avait oublié qu'elle ne pouvait pas la chanter... et d'entonner Year Of The Dragon, extrait de The McGarrigle Hour, comme pour se faire pardonner. Un peu plus tard, toujours portée par cet esprit de famille, elle a livré Francis, la pièce que son frère Rufus a écrite pour son fils à elle, uniquement accompagnée au piano.

Là, elle n'a pas hésité à réclamer une bière avant d'expliquer que ses petites distractions étaient dues au fait qu'elle venait d'apprendre qu'un de ses amis, l'un des premiers à tendre l'oreille à sa musique, avait subi un infarctus. Elle lui a d'ailleurs dédié This Song.

Car, si elle a évidemment fait la part belle aux pièces de Goodnight City, Martha Wainwright n'a pas hésité non plus à emprunter Chelsea Hotel No. 2 à Leonard Cohen et Ayoye à Gerry Boulet. Ni à puiser dans son répertoire plus ancien, de Bleeding All Over You à These Flowers, en passant par Proserpina, magnifiquement servie à fleur de voix et de peau, en guise de rappel.

Or, était-ce le fait de présenter le spectacle un mardi soir ? Toujours est-il que la salle Odyssée présentait malheureusement un certain nombre de sièges vides dans les derniers rangs du parterre, alors que le balcon était quant à lui fermé. Dommage.

Bernice en ouverture : un contraste déconcertant

Avec à sa tête la Torontoise Robin Dann (qui a par la suite assurer les choeurs pour Martha Wainwright), le quatuor Bernice a ouvert la soirée avec plus ou moins de succès, comme l'ont prouvé les applaudissements plus polis que vraiment sentis des spectateurs.

La pop à tendance nettement plus exploratoire de Bernice, dont les mélodies électro parfois triturées jusqu'à la distorsion sont loin d'être inintéressantes, n'est pas à remettre en cause, ici. C'est le contraste plutôt déconcertant avec l'univers de Martha Wainwright que le public attendait qui en a laissé plus d'un dubitatif quant à ce mariage des genres. Dommage aussi, donc, pour la bande (qui doit son nom au prénom de la grand-mère de Robin Dann, dont les efforts pour parler en français ont été appréciés), qui n'aura pas profité d'un contexte propice à se faire valoir vraiment.




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