Geneviève Leclerc: se raconter en chansons

Avec Porfolio, Geneviève Leclerc dépose les différentes textures de sa... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Avec Porfolio, Geneviève Leclerc dépose les différentes textures de sa voix dans l'oreille du public comme d'autres artistes exposent leurs oeuvres visuelles au regard des galeristes ou collectionneurs: avec l'espoir de toucher le coeur et l'âme des gens et de trouver une place dans leur quotidien.

«Je voulais que ce disque s'inscrive dans la continuité de ce que les gens avaient pu découvrir de moi à La Voix», raconte la Gatinoise d'origine.

Assise sur un tabouret derrière son micro, la trentenaire en avait bouleversé plus d'un avec sa relecture sobre et poignante de Je suis malade lors de la demi-finale de La Voix, en avril 2016. Un an plus tard, Geneviève Leclerc demeure convaincue qu'il y a «une place à reprendre pour les chanteuses à voix, un retour aux interprétations très vocales».

«Il y a une question de timing dans tout ça, j'en suis consciente. Marc [Dupré, son coach] et moi serions arrivés avec une telle proposition un an plus tôt que la rencontre avec le public n'aurait peut-être pas eu lieu... Pour ma part, j'ai trouvé ma voie, à La Voix, et j'ai senti que mon désir de me glisser dans des personnages pour leur donner vie quand je chante trouvait une réelle écoute chez les gens.»

Chacune des 11 pièces de Portfolio équivaut donc, pour elle, à une courte pièce de théâtre qui raconte l'essentiel: «une histoire». 

20 micros...

Le mot d'ordre de l'équipe travaillant avec elle, tant à la sélection des titres qu'à leurs arrangements, était clair: «il fallait rendre justice à l'intention de base des auteurs de ces textes.»

Si bien qu'elle approchait chaque titre en se demandant si elle pouvait d'abord se l'approprier a cappella.

Le «magicien du son» et réalisateur Toby Gendron a notamment travaillé avec elle pour bien doser sa puissance vocale. «Il s'est assuré que je ne crie jamais!»

«En fait, on a essayé une vingtaine de micros différents pour trouver le bon pour chaque chanson, afin de capter les textures, de faire ressortir l'émotion qu'on recherchait», renchérit-elle.

Puis, ils ont serti le tout dans des écrins soyeux (des tapis de cordes pour Les Parapluies de Cherbourg) ou encore un accordéon pour accompagner Ces petits riens de Serge Gainsbourg.

... trois inédites...

Trois inédites ont trouvé leur place sur Portfolio: Limpide d'Amélie Larocque, Mon indispensable de Frédérick Baron et Vincenzo Thoma, ainsi que J'aimerais pouvoir te dire de Marc-André Sauvageau.

«On a été très difficiles à ce chapitre, parce qu'il fallait que ces titres originaux puissent se fondre dans le casse-tête qu'on était en train de monter.»

... huit reprises...

Un casse-tête principalement composé de reprises, donc. Incluant, sans surprise, l'incontournable Je suis malade de Serge Lama. 

Trois titres en anglais se glissent aussi sur Portfolio, notamment Calling You («j'ai adoré exploré le registre plus grave!») et What's Up, que la Gatinoise revisite non pas comme un cri de révolte, mais comme une question existentielle révélant sa vulnérabilité.

«J'ai voulu redonner un sens plus intime au 'What's going on? de la chanson. Pour faire ressentir le désarroi qu'on peut éprouver quand on ne comprend pas ce qui se passe, pourquoi ça arrive, et qu'on ne sait pas par quel bout commencer pour trouver des solutions... Dans ce temps-là, on est d'abord plus dans la peur et l'introspection que dans la rage», fait valoir Geneviève Leclerc.

... et la perte de son frère

Ce désarroi, elle l'a d'ailleurs profondément ressenti elle-même en apprenant la mort subite de son frère Daniel, en novembre dernier.

«J'étais en train d'enregistrer Parlez-moi de lui quand j'ai appris la nouvelle...» se souvient-elle, des trémolos dans la voix, à l'autre bout du fil.

«Elle est donc pour lui, cette chanson.» 

Tout comme l'album, qu'elle lui dédie.

Des phrases telle «Et si l'un de nous deux tombe», qu'elle chante en duo avec Éric Lapointe dans Tu es mon autre, ne résonnent plus de la même manière non plus à ses oreilles, maintenant.

«En fait, je pourrais relire tout l'album en pensant à Dan... Mais deux semaines après son décès, j'étais en Russie en train de chanter Les Parapluies de Cherbourg avec Michel Legrand... Faire cet album m'a permis d'exorciser ma peine, m'a rappelé qu'il faut profiter de chaque instant pour ce qu'il a à offrir.»

Cela rend Portfolio d'autant plus spécial, pour elle.

«Créer ce disque a été ce qu'il y a de plus beau dans ma vie professionnelle l'an dernier, en même temps que je vivais les pires mois de ma vie personnelle. Mais mon frère adorait la musique et je sais qu'il serait super fier d'entendre le résultat.»

Ainsi, ce n'est pas sans raison que son disque se termine sur Love Will Keep Us Together. «J'avais en tête toutes ces images de retrouvailles dans des aéroports à la fin du film Love Actually. Je voulais terminer sur une note joyeuse, parce que la vie continue.»

Et qu'il restera toujours la musique.




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