Bruno Pelletier, état des lieux

«Je me suis toujours considéré avant tout comme... (COURTOISIE, ARF)

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«Je me suis toujours considéré avant tout comme un interprète qui aime travailler en collégialité», lance le chanteur Bruno Pelletier, qui vient défendre à Gatineau son 13e disque, Regarde autour, paru en septembre.

COURTOISIE, ARF

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Vingt-cinq ans après la sortie de son tout premier album, Bruno Pelletier n'a pas désarmé. Il tutoie son public et les préoccupations de son époque avec Regarde autour, son 13e disque. Une année porte-bonheur pour cet artiste au long cours de la chanson québécoise?

Parmi les nombreux projets à venir, il se produira à la salle Odyssée le 10 février, arrêt incontournable de sa tournée actuelle. Et pour cause: la Maison de la Culture l'a accueilli une vingtaine de fois depuis son ouverture... il y a 25 ans justement.

Le chanteur rêvait d'une pause, une vraie, «deux trois années» à l'écart du showbiz. «Je venais de finir la tournée Musique et cinéma avec Guy St-Onge, j'en avais besoin.»

Puis il s'est ravisé, en guise de bonne action: il y a tout juste un an, on lui propose d'interpréter la chanson-thème de la Semaine de prévention du suicide. Une pièce écrite par Nelson Minville et composée par Martin Bachand, deux «vieux potes» à qui il ne peut dire non. Cette «chanson lumineuse, rythmée et positive» sonnera le glas de son repos sabbatique rêvé. Non content d'interpréter la composition, Bruno Pelletier s'imagine alors créer un album entier engagé dans la même direction, porteur «de thèmes humanistes et peut-être sociaux, mais avec une approche mélodique d'arrangements et de réalisation up-tempo

C'est décidé: il en confiera la réalisation Guy Tourville, un ancien collaborateur avec qui le chanteur n'avait pas travaillé depuis Miserere, son «album coup de poing, coup de vrai départ».

«Je venais d'être papa, alors ça passait ou ça cassait.» C'était il y a 20 ans exactement, à une époque où l'on pouvait encore gagner sa vie en faisant ses premières armes dans des bars, se souvient Bruno Pelletier. Miserere, en dépit de son titre, fera le bonheur du chanteur. Dans la foulée, il sera engagé à rejoindre la comédie musicale Notre-Dame de Paris

«J'ai travaillé ensuite avec d'autres personnes, voulu essayer d'autres défis, puis le temps passe et les retrouvailles nous réservent de bonnes ou moins bonnes surprises, poursuit-il. Avec Guy Tourville, on s'est retrouvés comme si c'était hier.»

Ce dernier - parti travailler avec Roch Voisine et France d'Amour notamment - lui ouvre les portes de son studio Tangerine plusieurs mois durant pour peaufiner un album où, une fois n'est pas coutume, le rejoignent d'autres auteurs et compositeurs.

«Je me suis toujours considéré avant tout comme un interprète qui aime travailler en collégialité, explique-t-il. J'ai presque écrit mon premier album tout seul, dans les années 1990, quand j'étais inconnu au bataillon... alors, plus tard, quand plusieurs personnes m'ont approché lorsque je suis 'tombé' dans les ligues majeures, je n'ai pas refusé.» 

L'aréopage de collaborateurs qui l'entourent reflète la diversité des chansons offertes dans Regarde autour, véritable kaléidoscope de plumes et de tons: l'auteure Kim Thuy mêle son écriture chevronnée à celle d'Alain Labonté sur Berce-moi, chant d'amour pour contrer les guerres, alors que Daniel Blouin ose un Mangez donc tout' d'l'a... osé et coloré. Luc de Larochellière lui a dessiné un Rêve d'août aux contours poétiques et norvégiens. «Nous avons participé à une tournée ensemble dans le cadre d'un hommage à Brel, ce qui nous a permis de mieux nous connaître, raconte Bruno Pelletier. Je lui ai mentionné que je préparais un album, il m'a envoyé une chanson, très peu retouchée dans sa version définitive.»

Comme à son habitude, le chanteur participe occasionnellement à l'écriture et à la composition de certains morceaux aux côtés de ses complices, mais se réserve une ou deux chansons en création solitaire. On le découvrira ici entre deux âges, à deviser du temps qui passe en compagnie d'Un vieux ou à s'adresser à une fille imaginaire qu'il aurait eue, Sophie, sans trop savoir comment lui parler de relations amoureuses à l'heure des réseaux sociaux et de L'amour au temps du numérique.

«Je ressens un sentiment d'impuissance face à nos jeunes qui doivent apprendre de leurs erreurs et être ce qu'on a été nous-mêmes un jour», dit le papa d'un fils musicien aujourd'hui âgé de 25 ans.

Bruno Pelletier a trouvé la parade: il soigne ses doutes en prenant la route. Sa tournée québécoise se prolonge jusqu'à la fin avril et l'été lui réserve un concert en Lorraine - où il sera entouré de 2000 choristes - ainsi qu'un tour de chant en duo avec Julie Lamontagne. Une tournée anniversaire de Miserere est prévue fin 2018 et un nouvel album verra le jour en 2019.

«Bon, ben... y'aura pas de pause!» se résout le chanteur, philosophe.

Pour y aller

Le 10 février, 20 h

Maison de la culture de Gatineau

819-243-2525; salleodyssee.ca 

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