Wyclef Jean, la pulsation du présent

J'ouvert inaugure le troisième album carnavalesque  de Wyclef... (Courtoisie)

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J'ouvert inaugure le troisième album carnavalesque  de Wyclef Jean.

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Le «J'ouvert», c'est ce gros rassemblement festif, généralement tenu à l'extérieur, qui sert de party d'inauguration du Carnaval, dans la culture caribéenne. Rien ne semblait donc plus logique, aux yeux et aux oreilles de Wyclef Jean, que d'intituler J'ouvert le minialbum servant d'amorce à son prochain disque, Carnival III: Road to Clefication, d'inspiration créole, dont la sortie est prévue pour cet été.

L'auteur-compositeur-interprète américain reconnaît s'être fait plutôt discret, musicalement, ces six dernières années. Depuis 2009, l'ex-Fugees n'a offert à ses fans qu'un seul minialbum, l'amer If I Were President: My Haitian Experience, paru en 2012, deux mois après avoir tenté de se lancer dans la course à la présidence d'Haïti - son pays d'origine. En vain: sa candidature aura été finalement déboutée par le Conseil électoral haïtien. 

Mais bien qu'il fut musicalement silencieux, il n'est pas resté improductif. «Un peintre est tout le temps en train de peindre. Un écrivain prend la plume tous les jours. C'est la même chose en ce qui me concerne: je suis constamment en train de composer, d'enregistrer des idées ou de plancher sur une mixtape. C'est un processus sans fin, et il y a probablement 6000 chansons de Wyclef que tu n'as jamais entendues. Mais, c'est vrai, J'ouvert, c'est un peu moi qui replonge dans l'océan» lâche Wyclef Jean en rigolant au téléphone, depuis la «suite présidentielle» d'un grand hôtel montréalais où on l'a installé. 

«Comme je le mentionne dans The Ring, je sais bien que tout ce boulot ne compte pas vraiment: le public se fiche des millions de chansons composées dans l'ombre: tout ce qu'il veut savoir, c'est 'est-ce que tu es encore capable de nous sortir un nouveau hit?'» poursuit humblement Wyclef Jean en déclamant deux vers de The Ring, l'extrait radio devenu la pièce introductive de J'ouvert.

Carnival III permettra à Wycef Jean de souligner en grand les 20 ans de Carnival, son tout premier album post-Fugees, paru il y a 20 ans, et qui connut un succès commercial instantané retentissant. Plutôt festive, sa série Carnival se concentre sur les sons et rythmes de ses origines caribéennes, entre deux disques davantage tournés vers le hip-hop et les influences musicales plus américaines. 

Clef' sort d'une période de sa vie qu'il estime particulièrement «créative». Ayant retrouvé un «second souffle », il se sent enfin prêt à «se jeter dans l'arène commerciale», où les attentes sont forcément colossales, l'artiste ayant vendu plus de 100 millions d'album à travers le monde (sans compter les simples, eux-aussi multimillionaires, qu'il a pondus pour Shakira, Santana, Whitney Houston, etc.) 

Une muse de 11 ans

Le déclencheur de ce retour à l'avant-scène? C'est une muse âgée de 11 ans, qui s'appelle Angelina. Il s'agit de la fille de Wyclef. 

«À chaque fois qu'elle me voit faire de la musique à la télé, ses yeux s'éclairent d'un éclat éblouissant. Et quel père ne voudtrait pas avoir l'air cool aux yeux de sa fille? On passe le plus clair de notre temps à partager de la musique et des opinions, elle et moi; elle croit pratiquement qu'elle est ma gérante.» 

«Après avoir fait Hips Don't Lie [avec Shakira], qui a été une des chansons les plus populaires de tous les temps, tu te demandes: 'Qu'est-ce que je peux faire de neuf? Ressusciter Jésus?'  C'est vraiment Angelina qui m'a permis de trouver naturellement le chemin jusqu'à cette mer commerciale. Qui me donne envie d'être à nouveau pertinent au sein de l'espace culturel.»

La jeune muse a failli figurer sur l'album. L'an dernier, «elle apparaît sur la vidéo de My Girl », dévoile fièrement le paternel. 

En ce moment, son regard est braqué sur la jeunesse. Ce sont «les gamins » qui le rassénèrent. Et le rassurent. «Sur tous mes albums, même depuis l'époque des Fugees, j'ai toujours cherché à capturer non pas la saveur du jour, mais la pulsation du moment», dit-il à propos de sa quête collaborative.

Retour de balancier

Sa série Carnival a toujours réuni, dans une même fièvre métissée, des artistes émergents et vétérans. Road to Clefication contiendra pareillement quelques collaborations prestigieuses: le DJ suédois Avicii, ainsi qu'Éméli Sandé et Afrojak. Quant à J'ouvert (prononcé 'Jyouvé'), il engage la participation d'une poignée de jeunes voix que le producteur Wiclèff a pris sous son aile: Walk The Moon, T-Baby, Allyson Casado, ou encore la Colombienne Farina, qui est selon lui la prochaine Shakira. 

Cet «amuse-gueule», à paraître le 3 février, comprend aussi un duo avec une vedette montante de la scène hip-hop américaine, Young Thug. Ce dernier avait invité Wyclef Jean à l'accompagner sur sa chanson Kanye West. Clef', convaincu du génie du jeune rappeur, lui a renvoyé l'ascenceur sur I Swear.  

L'extrait a été visionné plus de cinq millions de fois depuis sa sortie. «C'est comme si j'avais déjà vendu cinq millions de simples. Et ce sont des gamins dans la vingtaine qui streament», postule Wyclef, tout à fait rassuré quant à sa capacité à revenir au sommet des palmarès. 

«Young Thug, c'est lui, l'inspiration du moment, en Amérique. Il a fait 'exploser' Internet la semaine dernière en postant sa nouvelle chanson... intitulée Wyclef Jean'», sourit le chanteur. Un juste retour de balancier pour celui qui a relancé la carrière de Santana en lui offrant son plus gros  tube international, Maria Maria. «C'est un peu la même chose qui se produit en ce moment avec les gamins d'aujourd'hui, qui se sentent en résonnance avec mon énergie», croit Wyclef Jean.

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