La deuxième vie du Billy Love Band

Le violoniste virtuose William Lamoureux viendra retrouver ses comparses... (Courtoisie)

Agrandir

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le violoniste virtuose William Lamoureux viendra retrouver ses comparses ottaviens du Billy Love Band pour lancer leur nouvel album, le 18 janvier, lors des vitrines de Contact ontarois, dont la 36e édition se tiendra du 17 au 21 janvier au Centre des Arts Shenkman à Orléans (du moins en ce qui concerne les «vitrines», accessibles au grand public).

Les «délégués» et les 33 grands diffuseurs ontariens invités par Réseau Ontario, qui coordonne l'événement depuis plus de 16 ans, auront l'occasion d'apprécier le travail d'une poignée d'artistes d'Ottawa-Gatineau, dont le duo Moonfruits, qui donnera un aperçu du disque qu'il compte faire paraître au printemps, et plus d'une cinquantaine de formations issues des quatre coins du Canada. 

Originaire de Gatineau, le jeune homme de 20 ans a «définitivement adopté» Toronto, dont il vante «l'extrême créativité», mais il s'avoue positivement ravi de délaisser le «trafic intense et imprévisible » de la Ville Reine, pour mieux renouer avec le public francophone. 

Après avoir fait ses classes en classique, au Conservatoire de Gatineau (sous la houlette de Christian Vachon et Alexandre Da Costa), William Lamoureux s'est installé à Toronto il y a quatre ans pour entamer un bac en musique qu'il complétera cette année. 

Le jour, sur les bancs du College Humber, le musicien approfondit les notions techniques ou harmoniques liées aux instruments, apprend à apprivoiser les consoles de son, prend des cours de chant. Le soir et les week-ends, sur les scènes de la Ville Reine, il met son violon au service de l'une ou l'autre des quatre formations qu'il a intégrées: l'imposant (12 musiciens) 7Sould band, aux accents soul et latins; le Hotline Swing, un sextet jazz-manouche ; le quartet So Long Seven, versé dans la musique world; et la bande de la chanteuse jazz-folk Kalyna Rakel.

Lorsqu'il lui reste du temps libre, il anime des mariages, retranscrit en partitions le matériel audio d'artistes, ou revisite au violon ou au ukulele des chansons rock plutôt connues, au sein du Playground Project, qu'il a récemment monté avec son ami d'enfance (et ex-membre cofondateur du BLB), Zacharie Turgeon, désormais vidéaste.

Exutoire créatif

Mais «le projet qui me tient le plus à coeur, celui où je peux vraiment exprimer mon côté créatif», demeure toujours le Billy Love Band, indique William Lamoureux. «C'est mon bébé. J'en ai besoin.» 

Le groupe - qu'il a confondé alors qu'il était âgé de neuf ans - s'est complètement métamorphosé en 2014 afin de se produire aux demi-finales du Festival de Granby (deux musiciens, encore mineurs, ne pouvaient y participer). Des jeunôts qui composaient le BLB à l'époque du premier minialbum (Au-delà du pain aux bananes, en 2013), il ne reste que le violoniste. C'est désormais entouré d'Andrew Ferderber (batterie), Benaias Lemma (guitare), Marianne Dumas (claviers) et Jean-Philippe Lapensée (basse), que M. Lamoureux poursuit l'aventure du Billy Love Band.  

Les quatre nouveaux comparses - qui ont tous des racines ottaviennes - ont activement participé à l'élaboration des quatre chansons qui composent le minialbum Billy Love Band. «Ce sont tous des pros, ils ont plein d'idées, le Billy Band est aujourd'hui extrêmement tight», estime William Lamoureux.  

Si le Billy Love Band n'a pas changé sa vocation d'«exutoire créatif», il a en revanche mis de côté sa couleur «folk» et ses messages juvéniles. Le violoniste espère pouvoir rapidement se défaire de l'image de «band de secondaire» qui résiste au temps. Le polyvalent musicien (il est aussi guitariste et claviériste) a supervisé les arrangements et les orchestrations du disque, épaulé par un de ses profs de violon, Drew Jurecka.  Son «idole» a aussi coréalisé l'album, en compagnie de Joshua Van Tassel (Sarah Slean, David Myles, entre autres).

À Humber, la barre est haute. Au milieu de tous ces musiciens de fort calibre, le jeune prodige gatinois aurait même appris une forme d'humilité. «Il n'y a pas un seul musicien qui ne soit pas bon. [...] À Toronto, je me suis ouvert, j'ai joué avec plein de groupes différents et je me suis forcé de faire de la musique avec laquelle je n'étais pas du tout familier», dit-il, heureux de constater sa progression.

La bande se vautre à présent dans un rock prog' ambient, imaginatif et vivifiant, tout à la fois abrasif et aérien, saupoudré d'épices électroniques résolument modernes. 

«Ce deuxième album est beaucoup plus créatif. On a cherché des sons spéciaux, plus subtils.» Les sonorités organiques ont disparu, au profit de couleurs électros. «Ce sont toujours de vrais instruments, on a par exemple utilisé plusieurs vieux synthés analogues, mais on a vraiment beaucoup retravaillé les sons», notamment grâce à «l'expert des sons et des bruits» qu'est Joshua Van Tassel. «C'est par exemple lui qui, sur la pièce Je prends mon temps, a complètement modifié le son de mon riff au violon», indique celui qui s'amuse souvent à essayer de «recréer au violon ce qu'une guitare ou un saxo peut faire».

D-Track et Fred Abel

Ce genre d'exercice est pour lui ludique et enrichissant. Le défi de William Lamoureux réside plutôt dans l'écriture. C'est pourquoi il a fait appel aux auteurs-compositeurs gatinois David Dufour (D-Track) et Fred Abel. 

«David, je l'ai rencontré à Granby. Juste après, j'ai donné une couple de cours de guitare à David, qui, en échange, me donnait des trucs pour l'écriture de chansons. Parce que, les paroles, j'ai jamais trouvé que c'était ma force», confesse celui qui avait pourtant signé l'essentiel des textes du premier disque. Avec Fred Abel, «la connexion a été instantanée. J'ai de bonnes idées, mais je n'ai pas les mots. » Le second met donc en forme les idées que lui envoie le chanteur. 

Le BLB se produira à Gatineau ce printemps, dans le cadre du petit festival INDÉO, qui tiendra sa toute première édition aux Brasseurs du Temps du 3 au 5 mars. Et William Lamoureux espère pouvoir agiter son archet à travers l'Ontario francophone dans la foulée. À l'issue de Contact Ontarois, les diffuseurs sélectionneront leurs artistes chouchous et décerneront une poignée de prix coups de coeur. À la clef: une participation aux Tournées Réseau Ontario 2017-2018. 

«Je finis ma quatrième année, j'aurai mon bac en avril... ce serait un parfait timimg», rêve William Lamoureux, «très fier» de prendre part à Contact Ontarois, où n'est retenue que «la crème de la chanson franco-ontarienne».

Pour y aller

Du 18 au 20 janvier

Centre des arts Shenkman

613-590-2700; www.shenkman.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer