Les plaisirs nocturnes de Bonhomme Sept Heures

Normand Veillette et Guillaume Cormier accompagnés du reste... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Normand Veillette et Guillaume Cormier accompagnés du reste du quatuor Bonhomme Sept Heures donneront le samedi 7 janvier au Petit Chicago un avant-goût d'un minialbum qui sera lancé à Saint-André-Avellin en mars.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Bonhomme Sept Heures, quatuor rock garage basé dans La Petite-Nation, a décidé de faire de 2017 une année « charnière ».

Le groupe lancera officiellement son premier disque, un minialbum intitulé Sept heures moins une, le 23 mars au Pub le St-André (à 19 h). Dont il donnera un avant-goût samedi 7 janvier au Petit Chicago.

Ce disque enregistré au studio gatinois Le Record Shop sera ensuite lancé à Rouyn-Noranda, le 25 mars, deux des membres du band - le guitariste Normand Veillette et le batteur Guillaume Cormier - étant originaires d'Abitibi. Le duo a sévi là-bas au sein du groupe Carte Blanche et quelques autres, du temps de sa jeunesse universitaire. 

Luc Poirier (guitare) et Simon Carrière (basse) complètent ce quatuor aux multiples influences, mû par des guitares qui grognent, et des influences « punk » - ce qui est beaucoup moins flagrant sur disque qu'en spectacle, reconnaissent les deux Abitibiens qui, à la recherche d'« authenticité », préfèrent ciseler des textes en français et soigner des harmonies vocales plutôt que de se perdre dans des transmutations sonores ou un « léchage » qu'ils ne pourraient reproduire sur scène.

Pas trop assaisonné

« J'utilise très peu les pédales, illustre le guitariste. C'est comme le poisson : si tu veux que ça goûte le poisson, il ne faut pas trop assaisonner. » Ses mélodies, ils les préfère habillée d'un son brut et noisy, évoquant Neil Young, Kurt Cobain ou les bootlegs mal léchés d'un jeune Bob Dylan.

Bonhomme Sept Heures n'a donné qu'une douzaine de spectacles depuis sa création, il y a trois ans. Les quatre musiciens ne sont pas des jeunôts mus par le désir impérieux de goûter au succès, mais des pères de familles comblés, qui, parvenus à la trentaine, doivent composer avec « des agendas planifiés trois mois à l'avance », à cause des emplois enviables qu'ils occupent. 

Aucunement pressés de faire presser leur disque, ils préféraient peaufiner leurs chansons. Une à deux fois par semaine, ils retrouvent donc « leur deuxième famille », pour composer ou pratiquer. En dilettantes (voire en « ados attardés », de l'avis d'une de leurs blondes), mais avec la plus « grande rigueur », afin de « bâtir quelque chose de sérieux », expose Normand Veillette. 

Et, si possible, sans réveiller les gamins, souligne le vétéran de la bande. Ce n'est effectivement qu'après 7 h - l'heure à laquelle la marmaille se couche - que les quatre papas peuvent enfin se transformer en croquemitaines, explique-t-il. Ils s'empressent alors de rejoindre le « Vaisseau », le local de pratique qu'ils ont aménagé dans l'ancien poste de police de Buckingham, pour s'y lâcher lousse sur leurs instruments. « Ça m'évade », sourit Guillaume Cormier, banquier de son état.

Du rock plaisir, joué avec passion, mais sans pression. « On fait de la musique pour nous, bien plus que pour le monde », reconnaît Normand Veillette, l'administrateur du quatuor, qui ne se berce d'aucune illusion quant à l'aspect lucratif de leur entreprise musicale. Pourquoi toujours viser la LNH ? s'interroge-t-il : « Les ligues de garage, c'est bien correct aussi... »

 « On a tous de bonnes jobs, alors si ça marchait, ce serait un heureux problème... mais un problème quand même », convient sagement son comparse. 

Cette excitation très mesurée n'empêche pas « les Bonhommes » de rêver. Les gars caressent le projet de transformer leur Vaisseau en studio d'enregistrement. Le guitariste rêve aussi de voir le milieu musical de l'Outaouais se cimenter et travailler « sur le principe de la coopérative », plutôt qu'« en silos ».

En attendant ce jour, ils continuent d'apprivoiser le métier. Apprennent à « épurer » leurs compositions. « Au Record Shop, ils nous ont fait réaliser certaines petites choses qui ne marchaient pas. On ne peut pas être à fond dans le tapis tous les quatre, tout le temps, par exemple », sourit Normand Veillette.

Samedi, ils alterneront entre reprises (des Doors ou des Sex Pistols, entre autres) et une douzaine de compositions originales mettant en valeur les deux principales plumes du groupe. « Luc a une plume plus moire : il voit ce qui ne va pas et il sait comment l'imager adéquatement. Moi, j'ai la poésie plus "florale". Quand j'écris, c'est assez joyeux, compare Normand Veillette, ça parle de liberté et de road-trips. » Souvent, sur un ton nostalgique, précise-t-il. La nostalgie... un autre plaisir de rêveur. Mais aussi une addiction. Car « la drogue la plus accessible, c'est la nostalgie », souligne-t-il en rigolant.

Pour y aller

Où: Le Petit Chicago

Quand: le samedi 7 janvier, 20 h 30

Renseignements: facebook.com/7heures ; www.bh7h.com

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