Sept coqs dans un Solo collectif

Mis en scène par Michel Faubert, le spectacle... (Guillaume Morin, Folktograph)

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Mis en scène par Michel Faubert, le spectacle Solo réunit deux formations de musique traditionnelle parmi les plus en vue du Québec (et hors-Québec, surtout):  Le Vent du Nord et De Temps Antan.

Guillaume Morin, Folktograph

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Le Vent du Nord et De Temps Antan. Ensemble, réunis sur scène. Pour l'amateur de musique trad, tout est dit.

Car s'il existe au Québec une kyrielle de groupes traditionnels québécois - qu'on revoit à chaque période de Noël et qu'on se dépêche d'oublier le restant de l'année -, ces deux formations se distinguent par leur envergure internationale. Ils font partie des rares groupes qui restent «pas mal occupés» tout au long de l'année, à raison de 120 à 130 spectacles par an. Très peu au Québec, notez : de 90 à 95 % de ces dates sont bookées aux quatre coins du globe, en Europe et aux États-Unis surtout.

Si les deux formations sont musicalement cousines, elles tissent en réalité des liens «fraternels». Littéralement. Chacun des deux groupes compte en ses rangs un frangin Beaudry : Simon fait vibrer le bouzouki et la guitare du Vent du Nord (LVDN); Éric occupe exactement le même poste dans De Temps Antan (DTA). Le bassiste-accordéoniste et pianiste de LVDN, Réjean Brunet, est quant à lui le frère du violoneux de DTA, André Brunet (voix et podorythmie). Les quatre jubilent à replonger dans l'énergie des partys de famille, à l'époque où, ti-culs entourés de dynasties de musiciens, ils malmenaient les mêmes reels au pied du sapin, laisse entendre Réjean Brunet. 

Les planches de plusieurs salles dans la province accueilleront donc les sept folkloristes pour ce spectacle commun tout bonnement intitulé Solo. C'est un peu la consécration, pour ces deux groupes qui regrettaient de ne pas jouer davantage dans leur pays natal, surtout à Noël.

«On est bien contents de pouvoir présenter ce spectacle près de chez nous», exulte Réjean Brunet, qui dit avoir des cousins un peu partout, et même en Outaouais.

«Au Québec, ni LVND ni DTA n'avaient accès aux salles; on jouait surtout en festival, signale Olivier Demers. [...] Là, on a enfin un accès privilégié aux salles, [qui nous offrent] le "trou" du temps des Fêtes laissé vacant par La Bottine au tournant des années 2000.»

Juste pour remettre les choses en perspective : rappelons que les trois musiciens de DTA sont tous des anciens de La Bottine Souriante. Et même s'ils ont déjà collaboré sur scène de façon ponctuelle (comme en témoigne le disque live Mesdames et messieurs de LVDN), c'est la première fois que les deux groupes trad sont officiellement fusionnés, rappelle Olivier Demers.

Pas un duel

Le public n'assistera pas à un duel entre les deux formations, mais à une véritable «création» commune. Un concert puisant dans les deux répertoires, parsemé de quelques grands succès, mais surtout de chansons inédites. Il a toutefois fallu retravailler les compositions pour s'adapter à cette instrumentation atypique, explique Réjean Brunet, notamment à la formule double-bouzouki et à la vielle à roue - que manipule Nicolas Boulerice, de LVDN.

«On fait aussi deux versions de la même chanson, parce que c'est la même histoire, le même texte», renchérit Olivier Demers, en référence à La beauté du mariage (LVDN) et à Pardon ma femme (DTA), qui se télescoperont dans un joyeux mash-up

Certes, les deux groupes ont leur «personnalité» propre et des façons de travailler distinctes, au point qu'il ait parfois fallu faire des «compromis». «Ç'a été un choc de cultures, même s'il y a quatre frères», sourit Olivier Demers.

Lors de la première, à Joliette, «Pierre-Luc [Dupuis, de DTA] a soulevé qu'on avait tendance à être trop précis». «Eux, ils n'écrivent jamais rien après les répétitions, contrairement à nous. Mais ils se souviennent de tout», poursuit son comparse Réjean Brunet. 

Michel Faubert, qui signe la mise en scène, a toutefois voulu éviter de jouer sur le clash des deux bandes. Il a préféré jongler avec l'idée de faire des musiciens «sept coqs» de basse-cour qui voudraient constamment tirer la couverture à soi, et avoir son spectacle solo, évoque Olivier Demers. 

Le sextuor oscillera entre complaintes et chansons joyeuses, le temps d'une prestation «lumineuse, colorée, pleine d'humeurs et d'humour; il y a des échanges et des discussions entre les chanteurs. On en profite pour se tirer la pipe», précise l'accordéoniste, qui serait peiné de découvrir dans notre article le qualificatif «festif», qu'il ne veut plus voir accolé aux spectacles du Vent. 

Vous voulez y aller?

  • Qui: Le Vent du Nord et De Temps Antan
  • Quoi: Solo
  • Quand: 9 décembre, 20h
  • Où: Grand Théâtre de Québec
  • Billets: 45,50 $ (33 $ étudiants)
  • Tél.: 418 643-8131
  • Infos: grandtheatre.qc.ca

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