Le jazz pétillant d'Andrea Lindsay

Andrea Lindsay a porté son premier bébé et son troisième album solo en français... (Courtoisie)

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Andrea Lindsay a porté son premier bébé et son troisième album solo en français en même temps, ou presque. Ainsi, après avoir donné naissance à son fils il y a quatre mois, voilà que la fière maman présente son autre nouveau-né: Entre le jazz et la java, sur lequel elle revisite autant Claude Nougaro que Cole Porter, Sylvain Lelièvre que Boris Vian.

«Plus j'avançais dans le projet, plus Louis prenait de la place !» lance Andrea Lindsay en rigolant doucement. 

«Il y avait vraiment quelque chose de spécial à le sentir bouger, me donner des coups de pied, pendant que je chantais. C'était inspirant de savoir qu'il m'entendait et qu'il pouvait entendre aussi les vibrations des instruments.»

Celle qui se décrit elle-même comme étant «pas mal câline dans la vie» avait souvent un «sourire en coin», entre autres lorsqu'elle répétait Plus je t'embrasse, la version française de Heart Of My Heart de Ben Ryan.

«Plus je t'embrasse, plus j'aime t'embrasser. Plus je t'enlace, plus j'aime t'enlacer... fredonne-t-elle à l'autre bout du fil. C'est chouette, chanter ça, enceinte. Quand tu sais que ton enfant sera là bientôt et que tu es amoureuse. Je pensais à Louis, à mon chum. J'étais bien.»

Cela dit, restait le défi d'arriver à respirer comme il faut, malgré un ventre de plus en plus rond et l'asthme dont elle souffre, afin de «réussir à tenir les notes et chanter au moins une phrase sans devoir reprendre mon souffle.»

«On a fini l'enregistrement à peu près un mois et demi avant que j'accouche. Le jazz étant exigeant, je pensais beaucoup à ma respiration. Je ne saurais dire si ma voix est différente, mais j'avais envie de m'amuser, de laisser entendre une voix pétillante.»

L'auteure et compositrice (elle signe une seule inédite sur l'album, la bilingue Boom Goes My Heart) a donc donné le droit à l'interprète de se «laisser aller», de jouer.

«C'est ma première expérience en tant qu'interprète seulement. Il y a donc un côté plus actrice, dans ma manière de livrer les pièces.» 

«C'est peut-être parce que je doute moins, étant donné qu'il ne s'agit pas de mes chansons à moi, mais de chansons déjà établies, reconnues, renchérit Andrea Lindsay. Il y a là une autre forme de légèreté, parce que je suis confiante dans le répertoire.»

L'artiste compare l'exercice au plaisir de porter différents manteaux soigneusement sélectionnés par une styliste pour la mettre en valeur.

L'effet Jordan Officer

Or, pour concrétiser son envie de revisiter ainsi des chansons du répertoire jazz d'ici, de France et d'ailleurs, Andrea Lindsay rêvait d'un «styliste» en particulier: le guitariste Jordan Officer.

«Je suis tellement fan de ce qu'il fait ! Et j'étais si heureuse qu'il dise oui !»

L'interprète ne se doutait cependant pas que, ce faisant, elle allait devoir refaire en partie ses devoirs.

«J'avais déjà une liste de 10, 12 chansons très précises pour le disque. Dès notre première rencontre, Jordan m'a dit qu'il voulait plutôt qu'on puisse choisir parmi au moins 30 pièces.»

Résultat ? La moitié des titres qu'elle avait initialement prévu y graver ne se retrouve pas sur Entre le jazz et la java.

«Entre-temps, je suis entre autres tombée en amour avec Sylvain Lelièvre, que je ne connaissais pas», cite en exemple Andrea Lindsay, qui reprend Les choses inutiles.

Le Poinçonneur des Lilas de Serge Gainsbourg, que la chanteuse promenait déjà sur scène, se retrouve toutefois bel et bien sur le disque. 

«Elle me suit depuis longtemps, cette chanson, qu'un ami français m'avait copiée à l'époque sur une cassette... évoque l'Ontarienne anglophone de naissance devenue francophile, puis francophone. En fait, pour être honnête, je ne comprenais pas les nuances du texte vraiment, à ce moment-là, mais j'en aimais l'énergie, le refrain, cette histoire de petits trous ! C'est plus tard que je l'ai incluse dans mes spectacles. Depuis, les gens me la réclament sur disque, alors...»

Pour le reste, Andrea Lindsay s'est fiée au pif de Jordan Officer, tant en ce qui a trait à ses suggestions de titres qu'à ses références musicales pour peaufiner les arrangements.

«Ce sont deux mondes qui se côtoient: le jazz et la chanson française. Grâce au travail de Jordan, il s'est créé une cohérence d'émotions et d'ambiances joyeuses. C'est un disque que tu mets lors d'un souper ou d'un cocktail entre amis.» 

Jordan Officer a d'ailleurs eu «carte blanche» pour choisir les musiciens avec lesquels ils allaient tous les deux travailler.

«La chimie était essentielle, parce que nous avions décidé d'enregistrer comme lors d'un live. On a donc répété pendant environ deux mois avant d'entrer officiellement en studio. Ce qu'on entend sur le disque, ce sont presque toutes des premières prises.» L'interprète devait monter sur scène à la salle Jean-Despréz cette semaine... mais dont la nouvelle tournée est maintenant prévue pour le printemps prochain.

Entre le jazz et la java, d'Andrea Lindsay ***

CRITIQUE / Entre jazz et java, la voix d'Andrea Lindsay ne balance pas autant qu'elle danse. Elle swingue joliment, sur ce florilège de reprises françaises (Nougaro, Gainsbourg, Vian) et québécoises (Les choses inutiles de Sylvain Lelièvre), ainsi que de délicates relectures, dans la langue de Vigneault, de standards du répertoire américain, dont J'ferme pas juste, très chouette adaptation de Twisted de Michel Rivard, où il met en scène un étonnant clin d'oeil à Passe-Partout. Seules originales du lot : la bilingue Boom Goes My Heart, signée par Andrea Lindsay ; et Café Blues, l'intermède instrumental de Jordan Officer. Car l'interprète a recruté le réputé guitariste pour assurer la réalisation et les arrangements du disque. Soignés, ils créent une ambiance digne des Cinéma-bars de Diane Tell, sans pour autant révolutionner le genre. L'ensemble s'avère donc sympa et fort agréable à écouter, mais ne nous laisse pas nécessairement gaga.

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