Harmonium lance une nouvelle version de L'Heptade

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Serge Fiori, qui aura inspiré plusieurs auteurs-compositeurs, dit avoir lui-même beaucoup écouté de jazz, dont James Taylor et Genesis, avant de créer L'Heptade.

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Harmonium a lancé mardi une version moderne de son illustre album L'Heptade et cet opus enregistré quarante ans plus tard permet d'entendre plus clairement les voix et les instruments, en plus d'offrir un mélange entre les arrangements de l'époque et ceux d'aujourd'hui, selon deux membres du groupe qui ont accordé de rares entrevues avant l'événement.

L'auteur et compositeur Serge Fiori et le bassiste Louis Valois parlent avec passion de leur nouveau bébé, qui était au départ une «tentative». La maison de disques Sony leur avait proposé cette idée après avoir retrouvé des bandes audio de l'enregistrement original de l'album qu'elle croyait perdues.

Le groupe s'est réuni pour travailler sur ces enregistrements et ainsi tenter d'harmoniser le son d'époque avec des arrangements plus actuels.

«Si ça avait été non concluant, on aurait arrêté ça là. Mais on a pogné de quoi», a raconté Serge Fiori, les yeux brillants.

«On a une conception qui est moderne, qui est beaucoup plus technologiquement possible. Quand tu te retrouves avec les pistes d'origine, mais que tu as la technologie de quarante ans plus tard, tu ne peux pas ne pas y aller», a-t-il ajouté.

Depuis sa sortie, le 15 novembre 1976, L'Heptade a connu un immense succès, s'écoulant à plus de 200 000 exemplaires. L'album, qui contient des chansons qui dépassent les quatorze minutes, ne passait pas à la radio à l'époque, mais il aura marqué profondément la génération de jeunes qui se réjouissaient alors de l'élection du Parti québécois, qui a eu lieu exactement la même date que la sortie du dernier album studio d'Harmonium.

Serge Fiori, qui aura inspiré plusieurs auteurs-compositeurs, dit avoir lui-même beaucoup écouté de jazz, dont James Taylor et Genesis, avant de créer L'Heptade, mais il dit avoir «formé un son» indépendamment de tout ce qu'il écoutait.

«S'il y a des bouts qui s'en allaient un peu trop vers du James Taylor et du Genesis, je pognais un down, j'arrêtais. Il faut vraiment que tu trouves ton élément», a-t-il expliqué.

Lors de la première sortie du disque, Harmonium a joué sur plusieurs scènes américaines et européennes, mais il n'est pas pour autant devenu un groupe international - peut-être à cause de la langue, a avancé M. Fiori.

«En Europe, on a fait une tournée avec Supertramp, puis les gens chantaient les paroles. Les gens pouvaient trouver ça en importation, il y avait des fans là-bas. Mais il n'y avait pas les moyens (de) maintenant où on pouvait mondialiser tout ça en cinq minutes», a soutenu M. Valois.

Le groupe est tout de même parvenu à avoir du succès dans des régions anglophones en chantant en français, a remarqué Serge Fiori.

«Je suis parfaitement bilingue et j'ai même écrit des bouts de L'Heptade en anglais originellement. Mais il y a tout un principe qui va avec ça, un pays. Je suis très nationaliste, il fallait que j'explore cette langue-là», a-t-il souligné.

Serge Fiori est très engagé, mais il n'aura jamais teinté ses chansons de ses opinions politiques. «La musique, c'est rassembleur, ce n'est pas pour polariser. Je n'aime pas la polarisation», a-t-il fait valoir.

Une seconde vie

La nouvelle version de L'Heptade ne sera sûrement pas diffusée encore aujourd'hui à la radio, mais les deux musiciens prédisent que leur album aura assurément une seconde vie auprès des nouvelles générations.

«Je rencontre bien des jeunes qui me disent comment ils écoutent cet album-là, comment ils le redécouvrent, comment leurs parents leur font découvrir. Leurs parents aiment cet album-là, leurs grands-parents aiment cet album-là», a relaté Serge Fiori.

«C'est un disque que tu n'entendras pas à la radio, c'est toujours la même chose. C'est un moment, tu t'assois, et tu écoutes», a renchéri Louis Valois.

Quarante ans après la première élection du Parti québécois, les deux musiciens se désolent de ce qu'ils décrivent comme de la morosité dans la société québécoise.

«Moi, la mémoire que j'ai de 1976, c'est que tout est possible, tout est ouvert. Autant pour la musique: la preuve, on a fait de la musique avec des tounes de douze treize minutes. C'était la même chose en politique», a expliqué M. Valois.

«Il y avait un mouvement, le pays voulait dire quelque chose. C'était autant politique que poétique», a conclu M. Fiori.

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