L'été mûri de Bobby Bazini

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Si on a dit de lui qu'il avait la voix d'une vieille âme lorsqu'il a lancé son premier album, Better In Time, à 19 ans, l'auteur, compositeur et interprète de 27 ans avait envie de faire entendre une soul « plus jeune et plus contemporaine » sur Summer Is Gone.

De plus, lui qui avait toujours écrit seul jusqu'alors a cette fois eu le goût de tendre l'oreille à « d'autres influences » et de « collaborer » avec des auteurs et compositeurs qui le sortiraient de sa zone de confort tout en lui donnant l'occasion de se rapprocher au plus près de qui il est.

« Et curieusement, c'est l'album qui me ressemble le plus ! » clame joyeusement Bobby Bazini, à l'autre bout du fil. 

« J'ai découvert qu'ajouter un autre regard sur ce que je fais ouvre de nouvelles perspectives pour exprimer non seulement ce que j'avais envie de dire, mais aussi comment j'avais envie de le dire. »

Poussé par ce désir de repousser ses limites, le Québécois s'est donc promené entre Nashville, Los Angeles et Londres. Entre Jake Gosling (Ed Sheeran, One Direction), Jimmy Hogarth (Amy Winehouse, James Bay), Samuel Dixon (Adele, Sia) et Eg White (Florence and the Machine, Adele). Sans oublier Martin Terefe.

«Mon premier disque, je l'ai fait à partir de ce que j'étais, ce que je connaissais, ce que j'avais comme matériel. Pour le deuxième, j'ai opté pour une approche old school, ce qui fait que Where I Belong est resté très proche de mes influences premières, soit Marvin Gaye et Otis Redding. Cette fois, dès le début de 2015, j'ai fait une liste de gens avec qui je souhaitais collaborer», explique Bobby Bazini.

Cogner aux portes

Sa liste d'adresses en poche, il est donc parti pour Londres pendant quelques semaines. Sur place, il s'était mis au défi d'aller cogner aux portes de ceux qu'il avait ciblés, dans l'espoir de rentrer à la maison avec une chanson. « Chaque matin, j'allais à la rencontre de personnes que je ne connaissais pas pour écrire avec elles. Strangers est d'ailleurs le reflet de ce que je vivais à ce moment-là», raconte-t-il.

C'est justement en ressortant d'une rencontre avec Jake Gosling qu'il a trouvé la direction qu'il voulait donner à sa prochaine galette. « Il m'a demandé qui était mon chanteur préféré. J'ai spontanément répondu Al Green. Il a alors commencé à jouer quelques notes au clavier et je l'ai suivi à la guitare... Tout est tombé en place: c'était moi, mais projeté ailleurs, déjà! Et ç'a donné Blood's Thicker Than Water. »

Il y a surtout eu C'est la vie, composée avec Martin Terefe (Cat Stevens, James Blunt), qui a été l'élément déclencheur. 

« Ç'a été le déclic: j'ai su tout de suite que c'était lui que je voulais comme réalisateur! Il a fait des albums que j'aime beaucoup - très contemporains, comme Undiscovered de James Morisson - mais il aussi travaillé avec Zaz et Corneille. C'est quelqu'un d'ouvert et vraiment à l'écoute de chaque artiste avec qui il décide de collaborer.  »

Aux sonorités organiques des instruments que Bobby Bazini a toujours privilégiés s'ajoutent des claviers, voire quelques touches électroniques (claps, boucles...).

Pour l'amour d'Odessa...

À travers tout ça, Bobby Bazini a néanmoins écrit deux chansons avec Odessa Pagé, avec qui il partage sa vie depuis neuf ans, en plus de lui dédier Never Let Go ainsi que la pièce qui a donné son titre au projet, Summer Is Gone.

« Odessa et moi, on s'est rencontrés pendant l'été, à Mont-Laurier, il y a près de 10 ans maintenant. Elle a donc vécu tout ça avec moi, depuis le début, les albums, les tournées, les valises... Aujourd'hui, elle me suit sur la route, même si c'est parfois difficile comme rythme de vie. Malgré tout, même si l'été est fini, comme je le chante, on est toujours ensemble et amoureux. Parce que notre amour a mûri, au fil des ans. »

... et de Leonard

Et parce que l'amour demeure au coeur de ce troisième disque, Bobby Bazini signe un coup de chapeau à Leonard Cohen. « J'admire sa façon de parler d'amour dans ses textes. Mais en osant intituler une de mes chansons Leonard Cohen, j'ai dû m'assurer d'être à la hauteur, y compris dans les arrangements plus dépouillés, les cordes et, bien sûr, la présence des voix féminines ! »

Le musicien et chanteur se prépare à reprendre les scènes d'assaut, à compter du 10 février. Il fera cependant d'abord un arrêt au Centre national des arts, dans le cadre de CNA présente, où il foulera les planches de la salle Southam pour la première fois, le 4 février.

« C'est vraiment cool ! C'est la vie obtient une belle rotation sur les ondes des radios anglophones à travers le pays en ce moment, alors j'ai vraiment hâte de voir qui sera dans la salle, combien d'anglophones seront présents, étant donné que dans la région d'Ottawa-Gatineau, ce sont habituellement plutôt les francophones qui se déplacent pour me voir en spectacle. »

Et qui sait, « il y aura peut-être des cordes pour ce spectacle au CNA » en plus des claviers et piano, laisse entendre Bobby Bazini comme une promesse.

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