Nevsky... et compagnie

Entre son « gros travail sur l'ego » des derniers mois et son désir... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Entre son « gros travail sur l'ego » des derniers mois et son désir d'arrêter de « vivre en noir et blanc », Alex Nevsky a choisi de faire danser ses peines autant que ses joies sur une pop gorgée de couleurs et de textures. Son troisième disque, Nos Eldorados, relève non seulement de « l'exercice de lucidité nécessaire » face à son succès, mais aussi de sa volonté de « contrecarrer le cynisme ambiant » en assumant chacun de ses mots d'amour et d'espoir, même « les plus cheesy ».

« L'élan de mes chansons part toujours du coeur. Ça, ça n'a pas changé ! » clame l'auteur, compositeur et interprète.

Il n'était cependant pas question d'épurer ses chansons plus tristes comme sur Himalaya mon amour. « Les ruptures de tons étaient intéressantes et voulues sur le précédent album. Là, j'avais envie d'un univers plus cohérent. »

Pour y parvenir, il a appris à lâcher prise, à «faire confiance à plus de gens», incluant le réalisateur Alex McMahon, en cours de création. 

Il a entre autres laissé son complice peaufiner Tes joies liquides fin seul. « J'avais enregistré une version piano-voix, sans pauses, plutôt courte. Je suis parti chez le dentiste et, en revenant deux heures plus tard, Alex en avait fait une pièce qui respirait, grâce aux synthétiseurs. Si j'étais resté avec lui en studio, cette chanson-là n'aurait pas eu ce souffle et elle aurait duré 1 minute 30 secondes! Mais ce jour-là, j'ai vraiment trippé sur la direction qu'on prenait. »

Il a aussi invité Béatrice Martin à chanter... sur Polaroïd, initialement. « Une fois en studio, je me suis vite rendu compte que ça n'avait aucun bon sens d'avoir Coeur de pirate comme choriste. On s'est donc assis au piano avec une bouteille de vin et on a jasé. Le lendemain matin, elle m'a envoyé un premier couplet de ce qui est devenu Jeter un sort, notre duo. » 

Il a également envoyé Réveille l'enfant qui dort à Koriass pour qu'il amène la chanson ailleurs. « Au départ, c'était une toune toute douce, toute gentille. Mais Alex et moi, on sentait que ce n'était pas ça... On l'a laissée mûrir pendant quatre mois. On a même pensé à carrément la laisser de côté. Puis, Alex a eu l'idée d'en faire un gros hip-hop, mais il manquait encore quelque chose. »

Koriass s'est alors imposé comme « une évidence », parce que c'est « le plus pertinent » à ses yeux. « Je lui ai transmis la chanson en lui disant d'en faire ce qu'il voulait. C'était la première fois que je faisais ça ! »

Plus humaniste que politique

Par ailleurs, même s'il évoque les tensions raciales aux États-Unis sur Réveille l'enfant qui dort, ou encore ce « peuple résilient / Mais peuple endormi » et son ego « gonflé par des hits radio » sur L'enfer c'est les autres, par exemple, Alex Nevsky se défend bien de « faire de l'édito » pour autant.

« Je donne plus dans les flashes humanistes que politiques, soutient-il. Ça demeure très naïf, ce que je dis, parce que je n'ai pas envie de discourir. J'ai surtout le goût d'arrêter de ne regarder que mon nombril, à quelque part. » 

Mais après avoir salué Pierre Perreault et George Dor sur Himalaya mon amour, cette fois, il nomme Gilles Vigneault et Pierre Falardeau dans la pièce titre de son nouvel album. «Ce n'est pas ma faute si les hommes qui m'inspirent par leur poésie et leur grandeur sont des souverainistes!» lance-t-il en riant.

Embrasser «le médiocre comme le magnifique»

De la discrétion des débuts aux projecteurs du plateau de La Voix Junior, Alex Nevsky « embrasse tout, le médiocre comme le magnifique », soit tout ce qui vient avec la visibilité accrue et la notoriété acquise au cours des dernières années. Il apprécie néanmoins que cette reconnaissance du public grandisse parallèlement à sa propre volonté de se perfectionner. Poussé par cette envie de s'améliorer, il a d'ailleurs commencé à suivre des ateliers d'expression corporelle, « pour mieux habiter mon corps et, du coup, mes chansons et la scène ».

« La pression qui vient avec les attentes, je me la mets moi-même parce que je veux toujours être plus créatif, évoluer, performer mieux. C'est donc une pression qui demeure agréable », fait-il valoir.

Pour La Voix... des enfants

«La télé, ce n'est pas mon métier. J'en fais parce La Voix est liée à la musique, pas à cause des caméras.» 

Si Alex Nevsky a accepté de troquer son siège de mentor (de Marc Dupré et son équipe, l'an dernier) pour s'asseoir dans une chaise de coach à La Voix Junior, c'est donc à cause des enfants. «J'aurais dit non si on m'avait proposé de devenir coach pour la version régulière de l'émission. C'est vraiment pour les jeunes que je suis là, pas dans le rôle d'un prof, mais plus dans l'esprit du grand frère.»

Il a d'ailleurs hâte que les Duels commencent, ce dimanche. «C'est la partie la plus intéressante qui débute, parce qu'à cette étape, j'ai l'occasion de faire de la musique avec des jeunes qui partagent une même passion entre eux et avec moi, des jeunes qui veulent apprendre tout en s'amusant. Mon but, c'est de les rendre confiants et de les mettre en valeur.»

D'ailleurs, deux des 15 membres de son équipe viennent de la région: Rachel Campbell et Brenden MacGowan. Portraits.

Brenden MacGowan (13 ans), d'Ottawa

Chanson à l'audition à l'aveugle: House of the Rising Sun. « C'est ma chanson porte-bonheur ! Chaque fois que je l'interprète, il m'arrive quelque chose de beau. »

« Je chante depuis que je sais parler », soutient l'adolescent volubile, à l'autre bout du fil.

Depuis, il suit des cours de chant à raison de trois fois par semaine, entre autres. « Ça me fait vraiment du bien, à la base. Mais c'est aussi quelque chose que je veux faire dans la vie », soutient-il.

En l'entendant répéter sur le plateau de La Voix Junior en prévision de son audition à l'aveugle, l'équipe de production a eu l'idée de le faire chanter derrière un rideau. Ce dernier devait tomber à la fin de sa prestation (si seulement un ou deux coaches se retournaient) ou pendant, si les trois appuyaient sur leur bouton.

« Ils m'ont alors fait répéter quelques fois, en fonction des deux scénarios, pour s'assurer que je serais à l'aise au moment de mon audition », raconte Brenden.

Ainsi, tout ce qu'il a pu voir, ce sont les lumières passer du rouge au blanc, lorsque Marie-Mai, puis Alex, puis Marc se sont retournés, avant que le rideau ne tombe.

« À ce moment-là, j'ai pu commencé à me promener sur la scène ! »

S'il avait un penchant pour Marie-Mai, il a finalement opté pour Alex Nevsky. « Ma prof de chant m'a dit que ça pourrait être intéressant d'être coaché par un homme, étant donné que je n'ai jamais eu de prof de chant masculin. J'ai choisi Alex parce que j'aime bien sa musique », fait valoir le jeune anglophone qui dit travailler « encore plus fort maintenant » dans ses cours de français à l'école. 

Ce qu'en dit Alex Nevsky: « Brenden est assez phénoménal, non seulement parce qu'il a une maîtrise de sa voix et une technique incroyables, mais surtout parce qu'il ressent vraiment ce qu'il chante. Il se donne entièrement à la musique et ça, ça me plaît énormément. »

Rachel Campbell (14 ans), d'Alexandria

Chanson à son audition à l'aveugle: My Lagan Love, en s'accompagnant à la harpe. «Je me suis préparée en misant sur quelque chose de rarement entendu dans ce genre d'émission.»

Après avoir vu son frère aîné Noël, qui joue du violoncelle, accéder à la grande finale de Virtuose, c'est maintenant au tour de Rachel de faire briller tant ses cordes vocales que celles de son instrument de « rêve » : la harpe.

«J'avais cinq ans quand j'ai vu une harpe pour la première fois, et je suis tombée en amour.» 

Un coup de foudre intense...qui ne s'est jamais démenti. «J'ai prié tous les soirs pour en avoir une.»

Trois ans plus tard, son grand-père a concrétisé son voeu le plus cher en lui offrant « son » instrument. Et bien que Rachel joue aussi du piano, du violon et de la mandoline, sa harpe représenter encore son petit « miracle ».

« C'est comme une autre voix qui m'accompagne et fait ressortir quelque chose d'angélique. »

Les trois coaches ont d'ailleurs vite craqué pour l'aspect céleste de sa voix.

« Je me souviens de m'être installée sur la scène, d'avoir ajusté le micro et de m'être dit: 'Amuse-toi!' J'étais bien. »

Quelque trois, quatre notes plus tard, Marie-Mai, Alex Nevsky et Marc Dupré lui faisaient déjà face. «C'est là que j'ai commencé à stresser!»

Si elle avait délibérément voulu faire entendre «un style différent» avec sa pièce traditionnelle, elle est tout aussi à l'aise dans le classique, la pop ou le jazz.

«Je chante souvent avec ma mère [qui enseigne la musique] et je joue aussi avec mon frère. C'est ma manière de me laisser aller, de faire sortir mes émotions.»

Ce qu'en dit Alex Nevsky: «J'ai capoté sur sa proposition hyper originale! En fait, elle m'a complètement envoûté, entre autres parce que son choix mettait en valeur sa personnalité, sa musicalité, son humanité. Ça m'a véritablement touché et j'ai vraiment hâte que les gens l'entendent dans d'autres univers ! »

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