Pour l'amour du jazz

L'interprète de J'entends ta voix vient de sortir, cette année, son... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

L'interprète de J'entends ta voix vient de sortir, cette année, son 11e album, le premier qu'elle autoproduit. En plus de deux décennies, France d'Amour s'est imposée sur un répertoire intime, hérité à la fois du rock mais aussi du jazz. Le 21 octobre, elle occupera la scène du Centre d'art La Chapelle à Québec pour défendre son dernier opus baigné d'atmosphères plus apaisées.

Des souliers de course, une tenue de sport et l'indémodable veste en cuir des rockeuses : France d'Amour a tout prévu pour son marathon promotionnel à Ottawa. Depuis l'aube, jeudi, elle enchaîne les entrevues mais conserve toujours sa bonne humeur à la énième discussion.

Son nouveau-né s'appelle Bubble Bath & Champagne 2, comme un bain régénérateur à la source de ses inspirations. Un disque de chansons réconfortantes en temps de crise, né dans la foulée du premier volume (en 2011), et qui incarne sans doute une forme de maturité artistique.

« J'ai étudié la guitare jazz, rappelle-t-elle. C'est une école extraordinaire qui demande à la fois une expertise technique et une maîtrise de soi. » 

Il lui aura fallu attendre plusieurs années, toutefois, avant de renouer avec ses débuts jazz. Car la chanteuse a pour elle de savoir s'approprier certains genres musicaux avec une aisance qui n'aurait d'égal que son feint détachement. Rock, country et désormais jazz qui, en concert, dégagent une autre dimension, promet-elle. Son assemblage musical forme une mosaïque sensible où le timbre chaleureux et la guitare déliée tissent un subtil contexte harmonique duquel jaillissent même plusieurs solos.

« Avec le jazz, il y a un laisser-aller, un abandon, un raffinement auxquels je suis parvenue, alors que le rock reste une musique brute et énergique. » 

Elle reconnaît qu'avec cet album, « il n'y a eu aucune barrière commerciale ou radiophonique à respecter. »  La décision de s'autoproduire lui a conféré « une liberté de choix et de contrôle » sur sa musique. « Ça m'a pris du temps avant d'assumer la femme d'affaires en moi, » partage-t-elle. Avec succès... La chanteuse montréalaise ne cache pas sa fierté d'avoir été invitée, cet été, au Festival International de jazz de Montréal. 

« André Ménard [son cofondateur] a eu l'impression qu'en écoutant mon album, l'espace s'agrandissait, partage-t-elle. C'est le plus beau compliment reçu, car j'avais envie que le public ressente cette ouverture. »    

France d'Amour croit aux vertus des influences, dès l'instant qu'elles sont convenablement digérées. En vrac, elle cite avec admiration Billie Holiday, sa référence musicale absolue, mais sans que jamais ne pèse le soupçon de la contrefaçon. Sans doute en raison de sa capacité à faire du neuf avec un univers à la fois libre et codifié, citant la contribution de sa parolière en anglais, Corinne Simon Duneau. 

De sa voix douce et posée en entrevue, France d'Amour laisse l'impression paradoxale d'une artiste qui, à force de chanter avec énergie, aurait comme définitivement acquis cette forme de sérénité et de plénitude après laquelle courent encore tant de ses homologues extraverties.

Vous voulez y aller?

  • Qui: France D'Amour
  • Quand: 21 octobre, 20h
  • Où: Centre d'art La Chapelle
  • Billets: 42 $
  • Info: 418 686-5032 ou centredartlachapelle.com

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