Sept jours en mai: air de printemps créatif

Le collectif Sept jours en mai est composé... (Olivier Jean, Archives La Presse)

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Le collectif Sept jours en mai est composé de Vincent Carré, Luc De Larochellière, Ariane Ouellet et Carl Prévost (les Mountain Daisies),  Mara Tremblay, Éric Goulet, Michel Rivard et Gilles Bélanger.

Olivier Jean, Archives La Presse

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Les cerisiers ne sont plus en fleur, tels qu'ils l'étaient durant ces Sept jours en mai de 2015, lorsque Michel Rivard et sept comparses auteurs-compositeurs et musiciens de premier plan se sont réunis une semaine à la campagne, non pour se reposer mais pour composer ensemble et enregistrer dans la foulée une vingtaine de ritournelles...

Gageons toutefois qu'un air de printemps flottera sur la Maison de la culture de Gatineau, le 14 octobre, quand le collectif investira la salle Odyssée.

Une équipe-étoile. Rivard partage la scène - et parfois les instruments - avec Luc De Larochellière, Mara Tremblay, Gilles Bélanger, le rapailleur musical des 12 hommes de Gaston Miron, ainsi qu'avec les trois idéateurs du projet, le guitariste Éric Goulet (qui a aussi réalisé l'album) et le duo des Mountain Daisies (Carl Prévost et Ariane Ouellet). En mai se greffait un huitième larron, le batteur Vincent Carré, qui participe aussi à la tournée.

Quelques contraintes créatives ont été imposées, histoire de pimenter l'exercice. Tout d'abord: écrire en duo (ou parfois en trio, car le tandem des Mountains Daisies était indissociable). 

Les collaborations se sont organisées au petit bonheur-la-chance, les «reclus» devant tirer au sort leur(s) partenaire(s) du jour. Les artistes devaient aussi nourrir leur chanson par un mot ou des bouts de phrases tirées au hasard. Ces amorces avaient été lancées autour de la table, durant un repas de bienvenu organisé le premier soir, et aussitôt glissées dans un chapeau.

Ils s'étaient retrouvés au vert, à Valcourt, au studio B-12, lieu calme et fécond. Un espace de liberté, certes «propice» à leur artisanat... Or, malgré l'adage «En mai, fais ce qu'il te plaît», donnant le feu vert à toutes les facéties, les créateurs étaient sans concession sur l'horaire de travail, se souvient Carl Prévost. Pas question, par exemple, de ne se rendre disponible qu'un ou deux jours, illustre le guitariste originaire de Papineauville.

Chaque jour, trois groupes distincts. Une session d'écriture le matin, une autre en après-midi, soit six nouvelles chansons par jour. Et le fruit de leur travail devait impérativement être enregistré dans la foulée. C'est vraiment «l'urgence» et la «fébrilité» créative qui primait, explique Carl Prévost. En précisant toutefois que «ce n'était pas un exercice de rapidité, ni du travail bâclé, mais un exercice de contrainte de temps, pour ouvrir le canal de la création. Comme une bougie d'allumage». Un défi relevé haut la main, malgré le «stress» de plusieurs d'entre eux... mais certainement pas Luc De Larochellière, apparemment rompu à l'exercice. «Luc, c'est une 'machine à écrire'. Jouer avec les mots, le côté casse-tête [poétique], c'est vraiment sa force», sourit le musicien de l'Outaouais, impressionné.

«Après trois jours, on avait déjà 18 chansons. Alors, le quatrième jour, on s'est lancé le défi d'écrire nos chansons en une heure seulement, cette fois.» Et pas les plus mauvaises, puisque, partage-t-il, «les trois chansons composées cette journée-là se sont retrouvées sur le disque». Lequel ne comporte que les 14 meilleures, «démocratiquement élues en gang». 

Parmi ces trois-là, se trouve Au rythme où vont les choses (signée par Michel Rivard et les Mountain Daisies), qui est un peu le reflet de leur expérience printanière, et sur laquelle ils ont tous posé leur voix. «On a voulu raconter notre façon d'écrire et partager les histoires [du groupe]. Et elle est rapidement devenue celle qui nous rassemblait, et qui ressemblait le plus ce qu'on vivait à ce moment-là.» C'est d'ailleurs elle qui ouvre le concert, dans une version acoustique à laquelle tout le monde participe.

Les huit complices avaient donné une poignée de spectacles dans la foulée de la sortie de l'album, avant de recouvrer leur indépendance. Inutile de préciser à quel point ils sont ravis de se retrouver et de se replonger dans ces «chansons qu'[ils] n'avaient jamais rejouées ensemble, depuis». Leur tournée se prolongera jusqu'en décembre. 

Défendre sur les planches ces chansons country-folk serait pour eux beaucoup moins stressant que l'exercice initial de création, concède Carl Prévost. «La scène, c'est quelque chose qu'on maîtrise. On s'amuse beaucoup. Pour moi, c'est particulièrement grisant d'échanger des solos de guitare avec Michel, de pouvoir échanger avec tout le monde, et de voir leurs sourires.» 

Les chansons du disque sont ponctuées par de courtes interventions destinées à «revivre et faire ressentir au public cette énergie qu'on avait en studio», explique-t-il. 

Ève Déziel a signé la mise en scène de ce spectacle au cours duquel le collectif, conscient que «14 nouvelles chansons, c'est dur à avaler» et soucieux de «gâter le public», en profite pour entonner quelques chansons connues de Michel Rivard, Luc De Larochellière et Mara Tremblay. Voire de Possession Simple, le groupe rock culte (quoique éphémère) dans lequel Éric Goulet tenait le micro, dans les années 1990.

Pour y aller

Quand? Le 14 octobre, 20h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements: 819-243-2525 ou salleodyssee.ca

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