Tami Neilson, ou chanter son père à fleur de voix

Tami Neilson montera sur la scène de l'Auberge... (Courtoisie)

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Tami Neilson montera sur la scène de l'Auberge du Mouton Noir les 7, 8 et 9 octobre.

Courtoisie

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Tami Neilson n'avait encore jamais fait de musique sans son père Ron. Elle était en cours de création de son cinquième disque lorsqu'il est décédé, l'an dernier.  Si elle a douté de pouvoir enregistrer Don't Be Afraid sans éclater en sanglots dès qu'elle se retrouvait au micro, elle se devait toutefois de respecter la promesse qu'elle lui avait faite sur son lit de mort: celle «d'être sa voix pour qu'il ne soit jamais oublié».

«J'ai cessé d'avoir peur de tout quand j'ai décidé de lui rendre hommage par cet album, qui est sans contredit mon plus personnel, sur lequel je me livre carrément à vif. Toutes les chansons parlent de mon père ou viennent de lui», confie la trentenaire, qui sera en spectacle à Wakefield vendredi, samedi et dimanche.

Pour l'auteure, compositrice et interprète, mener ce disque country aux effluves de soul, de blues, de jazz et de gospel à terme était sa manière de tenir parole.

«Ma voix a toujours été le pendant féminin de la sienne... Si j'ai eu peur de ne plus être capable de chanter sans m'écrouler, petit à petit, le sentir encore et toujours présent dans ce qui sortait de ma bouche est devenu source de réconfort. La sensation est lentement mais sûrement devenue plus douce qu'amère», explique Tami Neilson d'un ton serein.

Don't Be Afraid porte ainsi bien son titre. Non seulement s'agit-il d'une pièce inachevée de Ron Neilson, que sa fille a décidé de compléter, mais elle reflète assurément le lâcher prise dont cette dernière a dû faire preuve pour parvenir à ses fins.

«Me concentrer sur l'hommage que je voulais lui rendre a été une vraie bénédiction pour moi: ça m'a obligée à rester 'focusée' sur l'essentiel. Avoir en plus deux chansons de lui sur l'album [Lonely est la deuxième] m'a aussi permis de m'ancrer dans mes émotions, dans ce que j'avais besoin d'exprimer», raconte-t-elle.

The First Man évoque ses débuts à elle jusqu'à sa fin à lui, par le biais de ce si précieux amour qui les unissait. Bury My Body, qu'elle avait écrite pour témoigner du courage de son père face à la maladie, s'est avérée «la toute dernière qu'il a écoutée avant de mourir».

«C'est probablement ce que j'ai trouvé le plus difficile: continuer à écrire, composer et enregistrer sans qu'il soit là pour m'entendre, me dire ce qu'il en pensait, si ça lui rappelait trop une autre chanson... Parce que papa était une véritable encyclopédie musicale!»

Dans un tout autre registre, Loco Mama a également donné la possibilité à la maman de deux petits garçons de rester les deux pieds sur terre, en se rappelant un quotidien parfois fou. 

«J'ai hésité à l'inclure, celle-là, parce que je ne la trouvais pas nécessairement appropriée. Mais quand on a des enfants, peu importe la peine qu'on peut vivre, il faut tenir le fort pour eux, rester présent à leurs besoins. Mes fils m'ont ramenée du côté tangible, concret de la vie, et m'ont aidé à traverser mon deuil.»

Cela ne l'a pas empêché de faire résonner dans l'énergique Holy Moses toute sa colère face à son absence. «J'étais dans ma phase de ressentiment, de frustration, et Holy Moses a été une des façons que j'ai trouvée de faire sortir le méchant!»

Prophète en son pays?

Tami Neilson a passé une grande partie de ses enfance et adolescence à tourner avec son père Ron, son frère Jay et les autres membres des Neilsons sur différentes scènes country du Canada. Si elle a choisi de s'établir en Nouvelle-Zélande, il y a près d'une dizaine d'années, ce n'est pas nécessairement par manque de reconnaissance ici. «J'ai suivi mon coeur... et celui qui est devenu mon mari!» précise-t-elle.

Or, c'est à l'autre bout du monde, à la fois loin de son clan mais au plus près d'elle-même et de ses racines, qu'elle a pu déployer ses ailes. Et que sa carrière solo a décollé. Tami Neilson a entre autres raflé pas moins de quatre TULI Awards (l'équivalent des Grammy en Nouvelle-Zélande) avec Dynamite!, son album précédent, paru en 2014.

Quand on lui demande si elle espère, grâce à Don't Be Afraid, devenir prophète en son pays, elle éclate de rire à l'autre bout du fil.

«Je n'ai rien d'une athlète, et je ne voudrais surtout pas paraître prétentieuse en disant ça, mais je pense que c'est le plus près que je vais m'approcher du sentiment d'un olympien qui rentre chez lui avec une médaille au cou!» clame-t-elle gaiement.

À défaut d'un podium, c'est sur la scène de l'Auberge du Mouton Noir qu'elle montera les 7, 8 et 9 octobre, avec son frère Jay pour l'accompagner, en première partie de Royal Wood.

«Ça fait des années qu'on n'a pas  joué de la musique juste Jay et moi! Ces trois prestations en duo seront vraiment spéciales pour nous deux. Sa présence à mes côtés fait remonter bien des souvenirs émouvants à la surface, mais elle est aussi rassurante», mentionne celle pour qui certains titres de Don't Be Afraid demeurent malgré tout trop difficiles à livrer devant public.

«Je suis encore incapable de chanter If Love Were Enough sur scène sans craquer, avoue Tami Neilson sans gêne. Mais en fonction des lieux, des gens, de l'ambiance qui se crée, j'ai parfois la force d'interpréter The First Man...»

Nul doute que la salle intimiste de Wakefield servira d'écrin à toute la gamme de ses émotions à fleur de voix.

Pour y aller

Les 7, 8 et 9 octobre

Auberge du Mouton Noir

819-459-3228; theblacksheepinn.com

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