L'imprévisible Ensemble

Alaclair Ensemble vient présenter son nouvel album au... (Courtoisie)

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Alaclair Ensemble vient présenter son nouvel album au Minotaure, dans le Vieux-Hull.

Courtoisie

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Le plus récent album du coloré collectif Alaclair Ensemble commence par une double mise en garde répétée pendant plus d'une minute: «Interdit de bouger le mobilier» et «No smoking allowed». Délire de rappeurs déjantés? Plutôt une tranche de vie extraite d'une période de création aussi condensée qu'imprévisible.

Bien actifs chacun de leur côté, éparpillés entre Québec et Mont­réal, les membres d'Alaclair Ensemble ont renoué avec leurs habitudes pour créer Les frères cueilleurs: une période de réclusion forcée, un échéancier serré et une obligation de résultat.

«L'oeuvre a été créée en sept jours et sept nuits», résume Emmanuel Lajoie-Blouin («Eman» de son nom de rappeur), précisant que ses confrères et lui se sont cette année offert le luxe d'une semaine supplémentaire pour peaufiner les choses.

Pour ce quatrième album, les gars ont eu la surprise de se retrouver dans un bâtiment particulièrement luxueux par rapport à son prix de location. «Un truc de fou» rempli d'antiquités appartenant à de riches Parisiens, décrivent en somme Eman son confrère «Vlooper» (Louis-Nicolas Imbeau). Le tout assorti d'un cahier de règlements qui allait finalement inspirer les premiers vers entendus sur l'album. 

«Il y avait deux règles à respecter: pas le droit de fumer, pas le droit de bouger le mobilier. Nous, on arrive avec un studio portatif... On n'avait pas le choix de tasser des meubles! On a pris des photos à 360 degrés pour tout remettre à sa place», raconte en rigolant le beatmaker Vlooper, qui complète avec Claude Bégin le volet Québec d'Alaclair.

«On n'a rien brisé, fort heureusement! ajoute Emmanuel Lajoie-Blouin. Tard un soir, on ne pensait plus rien écrire, on était rendu à prendre un petit cognac. On feuilletait les règlements et ça nous a fait rire. Alors on a parti un beat et on a fait la toune

L'anecdote résume un peu l'ambiance qui règne quand la ma­chine Alaclair se réunit: pas d'horaire, des boucles rythmiques qui tournent pendant des heures - «c'est un peu le supplice de la goutte», illustre Eman - pendant que les plumes s'activent et que les rimes s'échangent. «C'est rendu de plus en plus flou de définir qui a fait quoi», illustre le rappeur. En fin de compte, les pièces prennent forme dans la plus grande liberté... Ou un immense désordre!

«Nous, on est habitués à être complètement désorganisés, reconnaît Eman. C'est pour ça aussi qu'Alaclair survit encore. Il n'y a aucune organisation! Dans d'autres facettes de notre vie, on est super organisés. Mais dans celle-là, non! Quand on se retrouve les six, il y a une énergie qui se passe. Et cette énergie créatrice-là fonctionne à 100 %.»

Reconnu pour ses prestations enflammées, Alaclair Ensemble a depuis ses débuts pris plaisir à jouer avec les codes. Ceux du hip-hop, certes, mais surtout ceux que le groupe s'est imposés avec cette thématique toujours présente en toile de fond. Se décrivant comme une «troupe de post-rigodon bas-­canadienne», la formation s'est dotée d'une imagerie et de tout un glossaire enracinant son concept. Le personnage de Robert Nelson, porté par le rappeur Ogden Ridjanovic, reprend notamment du service sur ce nouvel album, dont le titre offre un clin d'oeil aux Frères chasseurs fondés par le véri­table Nelson pendant la révolte des Patriotes.

Voilà pour l'ancrage et la référence. Pour ce qui est du sens, «il appartient à la personne qui écoute», indique Emmanuel Lajoie-Blouin. «Pour nous, chacun individuellement a un message et dit quelque chose dans son couplet, explique-t-il. Mais tout mis ensemble, c'est dur après de dégager un sens qui est très clair. C'est comme quand tu regardes une toile impressionniste, des fois, il faut prendre du recul pour comprendre ce que tu vois...»

Alaclair Ensemble sera de L'Osstidtour, en compagnie de Koriass et Brown. La tournée (clin d'oeil celle-là au mythique spectacle ayant réuni Robert Charlebois, Louise Forestier, Yvon Deschamps et Mouffe sur la scène du Théâtre de Quat'Sous en mai 1968), s'amorcera le 12 novembre au Minotaure, à Gatineau.

Pour y aller

Le 12 novembre

Minotaure

819-600-6400

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