La lumière au bout du tunnel

Le groupe pop-indé Groenland s'arrête au Zaphod Beeblebrox mercredi 21... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Le groupe pop-indé Groenland s'arrête au Zaphod Beeblebrox mercredi 21 septembre, pour y lancer en primeur son nouvel album, « A Wider Space », paru la semaine dernière, avant de partir à la reconquête du Québec.

Pour Sabrina Halde, la voix de cette formation - à tendance électro, mais à saveur orchestrale - qui a connu un succès quasi-instantané dès son premier album, « The Chase » en 2013, ce deuxième opus constitue une façon d'affirmer « qu'on s'en va vers de nouveaux espaces, car c'est très important pour moi que notre musique continue d'évoluer ».

Les cordes (violon et violoncelle) ont changé de main, mais Groenland a conservé son ADN, sa teinte électro et sa saveur orchestrale. Mais le disque témoigne d'une nouvelle impulsion. Un essor dont « la destination reste [toutefois] encore inconnue ».

Le succès, tant critique que commercial, de « The Chase » fut fulgurant. Plusieurs chansons de Chase se sont rapidement retrouvées à la télé, soit pour accompagner une scène des séries « The Good Wife » et « Les Beaux malaises », soit pour dynamiser une publicité d'Apple (diffusée pendant la cérémonie des Oscars), ou une autre, de Bell, vantant les mérites du iPhone.

Se sont rapidement imposées des contraintes inattendues. Notamment un rythme ultra-exigeant de tournée - jusqu'en Europe et aux États-Unis - qui a bien failli avoir la peau du sextuor. La « fatigue » a en tout cas eu raison de la créativité de Sabrina Halde, qui écrit et compose l'essentiel des textes, à quatre mains avec l'autre moteur-compositeur du groupe, Jean-Vivier Lévesque (qui, incidemment, est le fils de Raymond Lévesque). Elle n'utilisera pas l'expression « burn out », mais c'est ce qu'on comprend entre les lignes. Tant celles de notre conversation téléphonique, que celles qui sillonnent les chansons d'« A Wider Space », aux humeurs sombres... Ce qui paraît à peine, tant elles sont baignées dans la luminosité mélodique de Groenland. Le groupe n'a rien perdu de son allégresse, prouvant à nouveau son instinct pour les accroches mélodiques et son impeccable doigté au plan des arrangements.

« Sur le premier album, on était un peu naïf dans notre façon de penser. On voulait juste vivre de notre musique. Et on avait de rêves de grandeur », reconnaît la chanteuse. Tandis que pour concocter le suivant, « on a décidé de se laisser porter par les choses, et de voir où ça nous mène. Ça répond toujours à un désir d'apprendre, mais sans les grands rêves ou les envie de faire le tour du monde », poursuit-elle. 

Fatigue chronique

« On était sans arrêt en tournée, c'est comme s'il n'y avait jamais vraiment eu de pause. » Aussi, les chansons parlent-elles « de retraite, de prendre du repos, du recul », se faisant l'écho d'« une envie de transition », note-t-elle. Pourtant, paradoxalement, « le premier a pris des années à faire, alors que le deuxième, on l'a fait en quelques mois à peine ».

La préparation du disque fut un peu précipitée. La bande s'est fait violence : « on avait le sentiment d'être en retard. [...] Mais on ne pouvait pas se permettre d'attendre cinq ans » et ainsi risquer de décevoir les 'fans', convient-elle. Ce « on » inclut leur gérant, Gourmet Délice, qui, s'il a contribué à la pression, a surtout été « l'intermédiaire d'une belle rencontre », celle entre le groupe et son nouveau réalisateur, Marcus Paquin (Arcade Fire, Local Natives, The National).

Les sessions de travail furent « intenses », mais salvatrices. « Marcus nous a amené beaucoup de confiance, d'énergie et de créativité à une période où on [le noyau créatif] était un peu perdu, dans le néant. [...] J'avais énormément de doutes. Faire un album, ça signifiait aussi repartir en tournée... Et il y avait quelque chose en moi qui bloquait complètement mon inspiration. » Le doute, presque panique, nourrit d'ailleurs l'une des nouvelles chansons, Times of Survival.

Avec Marcus Paquin, le blocage a fondu comme neige au soleil. Les paroles ont fusé, libératrices. Des « textes réalistes », qui, parce qu'« on est super intuitifs » sont sortis en anglais, comme auparavant. L'injonction de Pierre-Karl Péladeau - qui, depuis la foule, lors d'un concert donné au Festival de musique émergente, avait exhorté à plusieurs reprises Groenland à chanter en français - a laissé Sabrina Hale de glace. Pas insensible à la requête, mais simplement incapable d'écrire dans sa langue maternelle, avoue-t-elle.

Sabrina Halde est aujourd'hui la première étonnée par la luminosité qui se dégage au final de ce disque où priment la légèreté et la fluidité des mélodies.

« On fait de la pop. S'il y a quelque chose de lourd, dans les paroles, on sait qu'il faut compenser dans la forme. »

Et pourtant, « c'est surprenant, parce que j'avais l'impression que ça allait être un album très dark. En fait, dans ma tête, il est encore très sombre », même si ce n'est pas ce que les auditeurs en retiennent, constate-t-elle.

Pour y aller

Zaphods Peelbrox

Le 21 septembre, à 20 h 30

613-562-1010

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