Trouver sa voie et sa voix à soi

Charlotte Cardin... (Archives, La Presse)

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Charlotte Cardin

Archives, La Presse

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Avec Big Boy, son mini-album de six titres lancé plus tôt cet été, l'auteure, compositrice et interprète de 21 ans propose des airs chaloupant entre esprit jazzy, R&B, électro-pop, hip-hop et un petit côté chanson française éthérée. Six titres qu'elle livrera, entre autres, dans les deux langues officielles sur les planches du CityFolk d'Ottawa, ce dimanche après-midi.

« Il me fallait définir mon style en tant qu'artiste, étant donné que je ne savais pas qui j'étais vraiment. J'ai composé du folk, du country, de la pop, jusqu'à ce que je m'approche du jazz et que je me sente moi dans ces ambiances feutrées. J'avais besoin d'essayer tout ça pour trouver mon identité, mentionne-t-elle. Je me suis donc donné le temps pour le faire. » 

Elle a aussi pris le temps de terminer ses études collégiales et de voyager après La Voix, avant de plancher sur son mini-disque.

Car pour Charlotte Cardin, il était primordial de revenir à l'avant-scène avec son propre matériel. De déterminer ce qu'elle était prête à révéler d'elle-même à travers sa musique, et comment elle allait le faire. Car si La Voix lui a donné autant de visibilité que de confiance en elle devant un micro et une foule, elle a maintenant l'impression d'être revenue dans la « vraie vie », grâce à un contact plus direct avec le public.

« Oui, il y a une part de vulnérabilité qu'on expose par le biais des textes qu'on interprète, mais c'est justement ça que je trouve beau dans ce métier », admet la mannequin, bien consciente de se mettre davantage à nu au fil de ses chansons que dans n'importe quelle session de photos ou défilés où elle « joue » un personnage, maquillée et habillée en quelqu'une d'autre.

Or, si elle ne craint pas de se dévoiler ainsi, lorsqu'elle se trouve au piano et au micro, c'est parce que la musique relève du partage.

« Le public aussi se rend vulnérable en m'écoutant, que ce soit en se reconnaissant dans ce que je chante ou en se laissant juste toucher par ce qu'une pièce peut réveiller comme émotions en lui », fait-elle valoir.

Deux langues, deux timbres vocaux

Mais est-ce pour ériger un mur de protection malgré tout qu'elle écrit surtout en anglais? ne peut-on s'empêcher de lui demander. Charlotte Cardin réplique qu'elle a « simplement beaucoup plus de facilité » à écrire ses chansons dans la langue de Shakespeare (quatre des six titres de Big Boy sont en anglais). 

«Il y une petite distance de moins, quand je chante en français, ne serait-ce que parce que c'est la langue dans laquelle je vis au quotidien. Ça donne des pièces plus douces, plus délicates.»

Elle n'arrive d'ailleurs pas à expliquer comment une langue s'impose plus qu'une autre, quand vient le temps de coucher ses émotions sur papier. Ni pourquoi sa voix module plus dans les notes de tête en français alors qu'elle flirte avec des tonalités plus graves, en anglais.

« Même quand je parle en français, ma voix est plus aiguë! note-t-elle en rigolant. Tout ça pour dire que ma voix se place de manière inconsciente, quand j'interprète un texte. Je suppose que c'est parce qu'elle vient de places différentes, même si je suis incapable de définir d'où... Elle demeure pourtant associée au même registre d'émotions, étant donné que j'aborde les mêmes thèmes en français ou en anglais. »

Rayonnement

Elle reconnaît néanmoins qu'elle se permet « d'en dire plus » en anglais. « Peut-être parce que je pense un peu moins », précise-t-elle. Cela dit, elle demeure convaincue qu'au final, la musique transmet des émotions, et pas seulement au travers des mots livrés par l'artiste. « Ça passe par les mélodies, la texture de la voix, aussi », soutient Charlotte Cardin.

À preuve? Ses prestations à Toronto, Londres, New York, lors de vitrines et de petits concerts, ont fait jaser. Au point que Spotify l'a incluse dans sa liste Spotlight Artists 2016. Et que le magazine Les Inrockcuptibles a tenu à présenter en primeur son vidéoclip de Faufile en France.

« J'ai la chance que des gens d'un peu partout s'intéressent à ce que je fais et veuillent m'entendre et me faire entendre. C'est très excitant, mais en même temps, je ne me mets pas trop de pression, ni ne me crée trop d'attentes », raisonne Charlotte Cardin, philosophe.

En attendant, celle qui se pointera au CityFolk entourée d'un bassiste et d'un batteur  - et qui ajoutera à son répertoire  quelques chansons inédites, en plus de reprises - se prépare à retourner bientôt en studio, pour y enregistrer un album complet, dont la sortie est prévue pour l'an prochain.

Elle sera de retour dans la région le 26 septembre. Son spectacle à La Basoche affiche toutefois complet.

Pour y aller

Parc Lansdowne

Le 18 septembre, 14 h 30

cityfolkfestival.com

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