Le plaisir renouvelé de chanter

René Simard, qui a lancé son dernier album... (Yan Doublet, Archives Le Soleil)

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René Simard, qui a lancé son dernier album en avril 2015, remonte sur scène en solo pour la première fois en 25 ans.

Yan Doublet, Archives Le Soleil

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Il en a coulé, de l'eau, depuis L'Oiseau. Mais la passion de René Simard pour le métier est loin de s'être envolée. Avec pour résultat que sur son 51e album en carrière, Nouveau Rêve, lancé l'an dernier, le quinquagénaire chante Le vrai du faux, traitant des réseaux sociaux qui biaisent les relations humaines et où « plus personne ne se regarde dans la rue parce que tout le monde marche le dos courbé sur son téléphone », regrette l'artiste.

Pour le p'tit Simard devenu grand - « et plus vieux, avouons-le ! » lance-t-il en riant de bon coeur - un retour sur disque et sur scène en solo après quelque 25 ans d'absence se devait d'être signifiant. « Il n'était pas question d'offrir un tour de chant fait seulement de souvenirs, même si les gens entendront Fernando, L'Oiseau et Comment ça va. Mais je voulais chanter du neuf aussi, dans ma perspective et réalité d'homme de 55 ans. Il fallait donc remettre le p'tit pudding sur les rails ! » clame-t-il avec bonne humeur.

Car s'il prend son métier au sérieux, René Simard ne se prend pas lui-même trop au sérieux (il n'hésite d'ailleurs pas à jouer la carte de l'auto-dérision dans son nouveau spectacle).

Si bien qu'il était loin de tenir pour acquis que le public serait au rendez-vous, s'il se lançait dans l'aventure de remonter sur les planches « en tant que [lui]-même ».

« J'ai eu la chance de jouer dans plusieurs comédies musicales au cours des 25, 30 dernières années [NDLR du Fantôme de l'opéra à Mary Poppins], mais je n'avais certainement pas la prétention de croire que les gens m'avaient attendu, moi, pendant tout ce temps et que, du moment où je partirais en tournée, ils se déplaceraient pour m'entendre », soutient-il, humblement.

Le chanteur est d'ailleurs bien conscient que la donne a changé, depuis quelque temps. « C'est une business d'humoristes, en ce moment : ce sont eux qui remplissent les salles. C'est pas mal plus dur pour les musiciens », rappelle-t-il.

Or, le public est là, composé de fidèles et de curieux, nombreux au point où il se produit devant des salles combles presque partout où il passe (ce sera du moins le cas au Centre des arts Shenkman les 15 et 16 septembre) et accumule les supplémentaires (il sera de retour à la Maison de la culture de Gatineau le 25 novembre prochain).

« C'est comme si je visitais des cousins et des cousines que je n'avais pas vu depuis longtemps, mais que du moment où on se retrouve, c'est un peu comme si on s'était laissés hier. Cette impression, je la vis à chaque spectacle, peu importe dans quelle ville je suis. Et c'est vraiment un beau et précieux cadeau de la vie ! »

René Simard a perçu comme un appel viscéral cette envie d'enregistrer Nouveau Rêve et de reprendre la route pour aller à la rencontre des spectateurs, l'an dernier. 

« Je sentais que j'avais encore quelque chose à dire, à partager, avant de m'en aller, comme le chanterait Gerry (Boulet) », lance-t-il en imitant la voix du regretté auteur, compositeur et interprète. 

« Cette tournée, c'est aussi un test pour moi. J'avais besoin de savoir si ma passion était encore là. Le plaisir que j'éprouve à renouer avec le public, de voir les gens réagir, me comble. Je suis vraiment heureux ! »

L'homme ne le cache pas, cependant : s'il a « duré » dans ce « drôle de métier où il est difficile de vieillir » et peut repartir ainsi en tournée solo, près de trois décennies plus tard, c'est parce qu'il a entre-temps pu ajouter des cordes à son arc en tant que metteur en scène, entre autres.

Il ne peut d'ailleurs « plus être sur scène comme avant ». L'expérience acquise dans l'ombre lui a permis d'apprivoiser les zones grises que cachent les éclairages braqués sur soi, quand on fait face au public. 

« Je me sens maintenant aussi à l'aise sur scène que dans mon salon. »

Une danse avec Rosalie

De plus, ce Nouveau Rêve, l'homme ne le vit pas seulement en tant qu'artiste, mais aussi en tant que père. Sa fille Rosalie l'accompagne, notamment le temps d'une danse.

« On m'aurait dit, quand elle est née sourde, qu'elle danserait un jour avec moi sur scène que je ne l'aurais jamais cru ! Grâce aux implants qu'elle a reçus, je peux aujourd'hui m'offrir ce rêve. C'est vraiment un moment spécial pour moi, dans le spectacle ! » conclut-il, sa fierté paternelle pleinement audible à l'autre bout du fil.

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