L'éloge de la lenteur d'Avec pas d'casque

Outre un minialbum lancé début 2013, il se sera... (Jérôme Guibord)

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Outre un minialbum lancé début 2013, il se sera écoulé quatre ans entre la parution d'Astronomie et celle d'Effets spéciaux.

Jérôme Guibord

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(Québec) À l'écoute du nouvel album d'Avec pas d'casque, un thème s'impose: une bonne douzaine de références à la lenteur parsèment les neuf textes signés par le chanteur et guitariste Stéphane Lafleur. Son groupe n'a certes jamais été reconnu pour ses élans pop ni ses airs sautillants, mais la récurrence mérite d'être soulignée.

«Je ne les ai pas comptées... Mais je ne suis pas étonné! C'est quelque chose qui revient sur l'album, cette espèce de paix intérieure et extérieure. Une paix générale», note au bout du fil le parolier. 

«C'est peut-être l'âge qui fait ça, je ne sais pas!» ajoute-t-il en rigolant. «Je pense qu'il y a des thèmes qui se dégagent d'eux-mêmes. Effectivement, la lenteur est un mot qui revient dans notre musique et dans la vie en général. C'est peut-être cliché, mais on fait tellement de choses... Oui, peut-être que c'est notre album le plus lent. On sent peut-être moins le besoin d'avoir la chanson qui se démarque avec une facture plus pop. Quoiqu'on n'a jamais vraiment fait ça de toute façon...»

D'abord un duo formé de Stéphane Lafleur et du batteur Joël Vaudreuil, Avec pas d'casque est peu à peu passé d'un country-folk lo-fi à des couleurs plus atmosphériques à mesure que le groupe a grandi: Nicolas Moussette et Mathieu Charbonneau sont venus compléter la formation, qui reconnaît avoir vécu un «tournant» en 2012 avec la parution d'Astronomie. Ce troisième album a été sacré choix de la critique au gala de l'ADISQ et la plume imagée, voire impressionniste, de Stéphane Lafleur a aussi été saluée dans la catégorie du meilleur auteur-compositeur. 

«C'est quelque chose qui était là depuis le début, mais qui s'est peaufiné avec le temps, explique ce dernier. D'album en album, on dirait que le public nous a donné le droit de faire ça. La réponse a été assez bonne à des textes qui sont parfois cryptés. Finalement, je me rends compte que les gens se les approprient et leur donnent le sens qui convient à leur vie à ce moment-là. Je crois beaucoup en ce lien-là entre une oeuvre, peu importe le médium, et la personne qui la reçoit.»

Cycles de création

Outre un minialbum lancé début 2013, il se sera écoulé quatre ans entre la parution d'Astronomie et celle d'Effets spéciaux, dans les bacs ce vendredi. Certains fans pourront trouver qu'Avec pas d'casque s'est laissé désirer. Mais le temps a pourtant passé bien vite pour les membres de la formation, tous occupés chacun de leur côté.

«Quand on a terminé de tourner Astronomie, on a tous entrepris autre chose», résume Mathieu Charbonneau, citant notamment le film Tu dors Nicole qu'a réalisé Stéphane Lafleur et qui s'est retrouvé dans plusieurs festivals internationaux. «Puis à un moment, il a changé de cycle, reprend Charbonneau. Le film était sorti, il avait fini la promotion. On s'est juste vu plus souvent pour jouer de la musique ensemble.»

Stéphane Lafleur avoue d'ailleurs qu'il est parfois complexe de concilier les agendas des membres du groupe. «Mais ce n'est pas juste moi, note-t-il. Les autres ont d'autres projets aussi. À un moment donné, il faut essayer de synchroniser tout ça. On va par exemple profiter de la fin d'une tournée de Timber Timbre avec qui Mathieu joue pour voir une fenêtre s'ouvrir. Et il faut la saisir parce que si on attend trop longtemps, ça va recommencer ailleurs. Que ce soit un film ou un album, ce sont des cycles qui durent quelques années. Et les années passent quand même assez vite...»

Une fois la fenêtre ouverte, toutefois, c'est avec plaisir que le quatuor se réunit. «C'est sûr qu'on a envie! confirme Joël Vaudreuil. À partir du moment où on recommence à jouer et qu'il y a des chantiers de nouvelles pièces, ça apporte beaucoup de motivation à rembarquer plus sérieusement.»

Fidèle à ses habitudes, Avec pas d'casque a confié pour Effets spéciaux la création des textes à Stéphane Lafleur, qui dit apprécier la «liberté totale» offerte par ses confrères. Tant sur la forme que sur le fond.  

«C'est sûr que les textes sont très personnels, indique-t-il. Mais, en même temps, ils sont très cryptés. Les gars du groupe sont mes amis, ils me connaissent bien. Ils ont le set de clés dans leur poche pour ouvrir une couple de portes. Mais il reste qu'une chanson qui a l'air de parler d'une chose parle souvent de cinq affaires en même temps.»

Sur Effets spéciaux, un titre fait toutefois figure d'exception : Audrey est plus forte que les camions fait référence à l'amie Audrey Talbot, qui a survécu à un grave accident de vélo. «C'est drôle parce que c'est peut-être la seule chanson qui parle d'une seule affaire, observe Stéphane Lafleur. Et tout le monde connaît Audrey dans le groupe, alors tout le monde sait exactement de quoi ça parle. C'est rare que je vais là, que c'est aussi premier niveau...»

Pour y aller

Quand? Le 10 novembre, 20h

Où? Centre national des arts

Renseignements: TicketMaster.ca ou 1-888-991-2787

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