Le Mexique pleure son idole Juan Gabriel

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Des admirateurs de Juan Gabrielse sont regroupés sur les places dédiées à la musique mariachi, notamment dans le centre de Mexico, pour entonner ses chansons.

Yuri Cortez, AFP

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Sylvain Estibal
Agence France-Presse
MEXICO

Les hommages se multipliaient lundi au Mexique et par-delà ses frontières après la mort du chanteur Juan Gabriel, icône de la chanson de variété latino, dont le visage recouvrait les Unes des journaux et la voix occupait toutes les ondes.

Juan Gabriel, connu pour ses tenues tape-à-l'oeil de... (Wilfredo Lee, Archives AP) - image 1.0

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Juan Gabriel, connu pour ses tenues tape-à-l'oeil de type «mariachi», a été intégré au Temple de la renommée de la musique latine en 1996.

Wilfredo Lee, Archives AP

L'annonce du décès de cette figure de la musique mexicaine a déclenché un déluge de messages sur les réseaux sociaux et ses admirateurs se sont regroupés sur les places dédiées à la musique mariachi, notamment dans le centre de Mexico, pour entonner ses chansons.

«Sa musique est un legs au monde entier», a tweeté le président mexicain Enrique Peña Nieto.

«Il a fait de la variété mexicaine une prière, une amertume, un amour hors du monde, ou une fête, et ce patrimoine a constitué une oeuvre qui parle au plus profond des Mexicains», a déclaré lundi le ministre mexicain de la Culture Rafael Tovar y de Teresa, évoquant un possible hommage national au palais Bellas Artes de Mexico.

Le président américain Barack Obama a également salué la mémoire de «l'un des grands de la musique latino».

«Juan Gabriel a partagé sa musique mexicaine adorée avec des millions de personnes, traversant les frontières et les générations», a-t-il écrit dans un communiqué.

Le «divo» (masculin de diva), comme il était surnommé, est décédé dimanche d'un arrêt cardiaque à Santa Monica, aux États-Unis, à l'âge de 66 ans, au surlendemain d'un concert en banlieue de Los Angeles devant 17 000 personnes.

Sa famille a indiqué lundi qu'elle donnerait plus d'information sur les circonstances de sa mort dans les prochains jours.

Un géant de la musique latino

Auteur de près de 1000 chansons, il possédait son étoile sur le Walk of Fame, le boulevard des célébrités à Hollywood où des dizaines de fans se sont rassemblés lundi pour déposer fleurs et bougies.

Juan Gabriel avait reçu de nombreuses distinctions dont un Latin Grammy en 2009, couronnant une longue carrière au cours de laquelle il avait vendu plus de 30 millions de disques.

Son répertoire alternait chansons romantiques et ballades entraînantes, accompagnées de guitares et trompettes mariachis, dans la plus pure tradition mexicaine.

Parmi ses succès notables se distinguent Hasta que te conoci («Jusqu'au jour où je t'ai rencontré») et Asi fue («Ce fut ainsi»), ainsi que son premier tube No tengo dinero («Je n'ai pas d'argent»), écrit en prison où il avait été incarcéré pour une accusation de vol dont il sera blanchi.

La réussite de cet artiste, après une enfance difficile dans la ville de Ciudad Juarez, avait donné matière à plusieurs feuilletons télévisés biographiques dont l'un des épisodes était encore diffusé sur une chaîne nationale dimanche. Il avait également joué dans plusieurs comédies musicales.

Né en 1950 dans une famille paysanne sans ressources dans l'État de Michoacan, dans l'ouest du pays, il avait grandi à Ciudad Juarez à la frontière américaine, après que son père soit interné dans un asile psychiatrique. Il avait passé la majeure partie de son enfance dans un internat avant de vendre des tacos dans la rue puis de trouver sa voie dans la chanson.

Dans un pays à la culture machiste, son style souvent exubérant, ses costumes à paillettes, ses déhanchements sur scène, efféminés et évocateurs, ne l'avaient toutefois pas empêché de s'attirer l'affection du peuple mexicain qui l'adulait.

S'il n'était pas un militant gai, Juan Gabriel n'a jamais nié son homosexualité. Il avait adopté quatre enfants.

Juan Gabriel avait sorti en 2015 deux albums de duo où il apparaissait aux côtés de chanteurs latino parmi les plus populaires du moment, dont le Colombien Juanes, le Mexicain Vicente Fernandez ou encore le Portoricain Marc Anthony.

Essuyant des larmes, ce dernier lui a rendu hommage dimanche lors d'un concert à New York. «Le monde de la musique latino a perdu un géant aujourd'hui», a-t-il écrit sur Instagram.

D'autres grands noms de la musique en espagnol comme Ricky Martin et Enrique Iglesias ont partagé leur peine sur Twitter.

En 2015, le magazine américain Billboard l'avait classé dans la liste des «30 artistes latinos les plus influents de tous les temps».

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