L'«attitude country» de Yoan

«Il y a beaucoup plus de blues que... (Olivier Jean, Archives La Presse)

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«Il y a beaucoup plus de blues que de pop dans ma musique. J'aime quand c'est un peu lourd, avec bien du drum et de la basse», affirme Yoan Garneau, qui sera en spectacle à Gatineau vendredi.

Olivier Jean, Archives La Presse

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Oubliez le jeune homme poli mais réservé, à mi-chemin entre l'humilité et la désinvolture, et parfois passablement lisse, qui en 2014 émergeait vainqueur de l'émission La Voix. C'est un Yoan Garneau «mature», scéniquement et vocalement, qui viendra secouer le chapiteau du Festival country du Grand Gatineau - dont il partagera la tête d'affiche avec Brett Kissel, le vendredi 5 août.

«Beaucoup de choses ont mûri à l'intérieur [depuis] la dernière fois que j'étais dans votre coin. Là, [j'arrive] avec un petit peu plus de bagage et d'expérience. Avec une meilleure compréhension de l'arrière-scène et de comment la foule fonctionne. Je commence à mieux connaître mon public», explique tranquillement l'ex-ti-cul de Ferme-Neuve.

Il a, «surtout», un peu plus de «sévérité» envers lui-même. 

«Je n'avais pas fait beaucoup de spectacles, avant de passer à La Voix, et je connaissais mal mon instrument», reconnaît celui qui a commencé à chanter à 16 ans.

«J'ai énormément travaillé la dextérité vocale. La maturité se perçoit dans ma voix, qui reste grave, mais qui a plus de souplesse. Elle est plus franche. Plus forte, aussi. [...] Maîtriser un peu mieux la technique vocale permet justement de l'oublier. Et de se concentrer sur ce que l'on chante...»

Le musicien essaie de mettre la même application à raffiner son jeu de guitare. La barre est haute, quand on a pour directeur musical de tournée le vétéran Rick Haworth - un mentor qui fut aussi le réalisateur de Yoan, disque «platine» écoulé à 130 000 exemplaires. «Il me pousse à travailler mon doigté, et c'est une bonne chose car ç'a évolué en deux ans... mais j'ai encore du chemin à faire. Je suis très loin d'être un Rick Haworth», s'esclaffe-t-il. 

En outre, «le fait d'être plus à l'aise sur scène» lui permet d'être plus naturel. Ainsi, le public peut se sentir «comme dans un salon». Bien en selle sur son mandat de performeur, Yoan a dompté sa timidité, se permettant même de faire des blagues à l'occasion. «On fait de la musique, mais c'est aussi de l'entertainment, alors c'est très important d'avoir une interaction avec la foule. Et la meilleure façon que j'ai trouvé, c'est l'humour. Ça sort naturellement.» De toute façon, il «n'aime pas trop les punchs préparés à l'avance». 

Brett Kissel, l'invité

À Gatineau, Yoan - qui en est à son troisième passage d'affilée au FCGG, mais son premier en solo - sera secondé par Haworth, épaulés par une troisième guitare, une basse et une batterie. 

«Il y a beaucoup plus de blues que de pop dans ma musique. J'aime quand c'est un peu lourd, avec bien du drum et de la basse. [...] Et sous chapiteau, c'est toujours plus dynamique, et un peu plus "universel", avec de la musique à la Yoan et beaucoup de covers.» 

Programmé juste avant l'Albertain Brett Kissel, le Québécois participera sans l'ombre d'un doute à la soirée la plus rythmée et la plus «jeune» de tout le festival, d'autant que Kissel, autre énorme vendeur, joue dans les mêmes énergies country-rock. 

Comme les deux musiciens ont déjà endisqué un duo (Good Hearted Woman) et ont interprété un second (I Didn't Fall In Love With Your Hair), on peut s'attendre à voir l'un des deux débarquer durant le concert de l'autre. «C'est fort possible.» Mais lequel? «On est au Québec, c'est lui qui est chez nous, alors c'est lui qui vient me voir», rigole Yoan.

«Attitude country»

Le jeune homme n'est pas certain de faire, comme il le lit parfois, du «new country». Certes, ce qu'il fait n'est pas très éloigné de ce courant moderne, musclé, métissé de rock et de blues, mais Yoan aime penser qu'il navigue dans un sous-genre à part: «l'attitude country». 

Cette appellation de son cru s'inspire du terme «outlaw country» des années 1970, courant incarné (entre autres) par Waylon Jennings - «la personne qui m'a le plus influencé» - et Willie Nelson. Duo à qui l'on doit justement ce Good Hearted Woman que Yoan aime tant reprendre.

Quoi qu'il en soit, il ne se sent plus de la «relève». «De spectacle en spectacle, ces barrières ont fini par tomber. [...] Je crois que j'apporte quelque chose de nouveau, très différent des traditionnels violons, des steel guitars et des pickup notes». En déployant une attitude gentiment canaille, «très rock et très blues, à la ZZ Top», estime le musicien, qui est désormais «en mode écriture du prochain album».

«Je viens d'écrire une chanson en français, il y a quelques jours, et je suis très content [car] c'est toujours difficile de rocker en français. Le phrasé [s'y prête peu]. Moi, je suis abasourdi par le talent de Pagliaro, qui a réussi à le faire très bien et aussi longtemps.»

Pouy y aller

Quand? Vendredi 5 août, 19h30

Où? Casino du Lac-Leamy

Renseignements: www.countrygatineau.com

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