Amylie et Les éclats de soi

L'auteure-compositrice-interprète Amylie voulait aller un pas plus loin... (Olivier Pontbriand, La Presse)

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L'auteure-compositrice-interprète Amylie voulait aller un pas plus loin dans la simplicité et la profondeur avec son troisième album, Les éclats.

Olivier Pontbriand, La Presse

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Avant de commencer à écrire, Amylie s'est demandé vers quoi elle s'en allait pour son troisième album. Sa chanson Les filles avait connu beaucoup de succès. Elle aurait pu surfer sur la vague et proposer un nouveau disque dans la foulée de l'extrait pétillant qui avait abondamment ensoleillé les ondes radiophoniques.

«Je savais comment retourner là, c'était facile. Mais j'avais envie de tourner le volant, de proposer autre chose. Je fais de la musique parce que j'ai le goût d'apprendre tout le temps comme musicienne.»

Avant de concocter Les éclats, sous étiquette Audiogram, elle a donc pris le temps de choisir la direction et les couleurs musicales. En chemin, elle a dû arrêter sa course et prendre une pause obligée. Son corps ne suivait plus, l'énergie n'y était pas. Tout était effort surhumain. Amylie a pensé qu'elle avait peut-être une maladie incurable, un cancer, quelque chose de grave. Elle avait les batteries complètement à plat et les tests n'arrivaient à rien de concluant, les médecins ne trouvaient pas. Jusqu'à ce qu'ils mettent le doigt sur le mal qui la rongeait. Elle avait la maladie de Lyme.

«C'est une maladie qui attaque le système immunitaire et qui affecte vraiment le bien-être et la santé. Pendant un an et demi, j'ai mesuré mon énergie. Maintenant, ça va mieux. J'en parle pour dire aux gens d'être prudents. De vérifier s'ils n'ont pas été piqués par une tique après une balade dans les herbes hautes ou en forêt. Parce que c'est vraiment terrible, ce que ça fait à l'organisme, cette maladie.»

L'auteure-compositrice-interprète a pris le temps qu'il fallait pour se remettre d'aplomb. En chemin, elle a tressé du matériel pour son album.

«J'aime tirer le meilleur de tout ce qui m'arrive. Pendant cette période où je n'avais rien à offrir, j'ai quand même eu plein de monde autour de moi. Ça m'a aidée à passer au travers, ça m'a aidée, aussi, à être plus ouverte. La présence de mes proches a été un cadeau inestimable.»

Douces soeurs

Elle en parle, d'ailleurs, dans certaines de ses chansons, notamment Système solaire, où elle évoque ses deux soeurs, précieuses amies, complices dans tout.

«On est très proches. La dynamique entre nous trois est formidable. J'ai réussi à garder le secret et à leur faire entendre la chanson seulement lorsqu'elle a été terminée. Disons que c'était un beau moment.»  

C'est une belle chanson, aussi, qui va droit au coeur, droit aux mots. Une volonté de l'auteure-compositrice-interprète qui souhaitait épurer ses textes.

«J'avais envie de clarté, de précision. Je voulais alléger les images, enlever une couche de métaphores. J'ai 33 ans, je sais davantage ce que je veux et où je vais. J'ai l'impression de m'assumer plus que jamais. Cet album-là est issu de mes décisions, du début jusqu'à la fin et je ressentais la nécessité d'être très authentique, d'aller vers davantage de profondeur.»

Ce chemin-là commandait qu'elle réalise aussi son disque. Une première expérience qu'elle a adorée.

«Entre autres parce que j'étais bien entourée.»

Mathieu Désy, Robbie Kuster, Gabriel Gratton, Olivier Langevin et Emmanuel Charron ont tous mis leur griffe musicale sur la neuve galette.

«Ce sont des musiciens qui ont beaucoup apporté au projet. Chacun a amené sa couleur parce que chacun arrivait avec son horizon musical et avait un espace à occuper. Ça donne ce disque-là. L'album est tel qu'il est grâce à la contribution de tout le monde. Je crois beaucoup au travail d'équipe, à la force combinée des uns et des autres. La prise de son était bonne et ça a rendu l'étape du mixage beaucoup plus facile. Le matriçage a été un moment de grande joie.»

À cause de Sandy

Les univers musicaux qu'elle a choisi de visiter sont éclatés, comme ceux dont elle aime se tartiner les oreilles.

«J'écoute toutes sortes de musiques. Du blues, du rock, du country, du folk. Bref, de tout. Ça se ressent dans mes mélodies», dit celle qui a embrassé la musique plus tard que tôt.

«Je suis arrivée par la porte du théâtre. J'ai découvert que j'étais capable de chanter à 16 ou 17 ans, lorsque j'ai hérité du rôle de Sandy dans la comédie musicale Grease. Après ça, j'ai eu envie d'exploiter ma voix parce que je trouvais ça mystérieux. J'ai développé ce talent-là tranquillement. J'ai appris à jouer de la guitare dans la foulée, à force d'innombrables heures de pratique devant le lecteur CD à jouer avec les touches pause et play pour arriver à reproduire ce que j'entendais.»

Présentement, la chanteuse travaille à reproduire sur scène ce qu'elle a en tête.

«Je veux bâtir un spectacle à l'image du disque. Simple, précis, sans paravent.»

Mais avec beaucoup d'éclat.

La recette du bonheur

Pendant quelques saisons, Amylie a couché sa voix sur la publicité de Métro. «Les fraises du Québec qu'on a tout le tour du bec», c'est elle qui chantait ça. Suffit de siffloter l'air désormais connu pour que tout le monde, ou à peu près, reconnaissent la gourmande ritournelle publicitaire.

«Je n'avais pas imaginé à quel point c'était une chanson qui se fraierait un chemin dans l'oreille des gens. On m'en a tellement parlé! C'était un chouette projet, par ailleurs. J'aime faire ce genre de trucs pas compliqués et rafraîchissants.»

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