Frères de sang, frères de son

Les frères Jan, Liam et Quinn Dubé... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Les frères Jan, Liam et Quinn Dubé

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

En additionnant leur âge, les frères Jan, Liam et Quinn Dubé franchissent tout juste le cap des 50 ans. Ce qui ne les empêche pas d'avoir déjà accumulé l'équivalent de 30 ans de musique à trois, des rues d'Ottawa aux scènes d'Osheaga à Montréal (en première partie d'Arcade Fire) et de la Canadian National Exhibition de Toronto (en ouverture des Beach Boys). Rencontre avec un trio qui a déjà compté sur Régine Chassagne, Win Butler et leur bande comme choristes (sans le savoir!) lors d'une prestation hors les murs du Bluesfest en 2010... Les frangins d'Orléans y seront officiellement de retour, samedi après-midi, sur la scène Monster Energy, pour faire résonner leur rock alternatif prometteur.

«Une partie importante de notre histoire est liée au Bluesfest. C'est là qu'on est venu au monde, en quelque sorte, raconte Jan, 17 ans. Le plus cool, c'est que cette fois, nos amis vont venir nous voir et qu'on aura l'occasion de jouer un vrai spectacle devant notre génération. Ce sera un peu le départ de notre révolution musicale!»

Car si tout a «commencé pour le fun», évoquent-ils d'un même souffle, la musique a vite pris de plus en plus de place dans leur vie. Entre autres parce que leur grand-mère, qui dirigeait des chorales, leur trouvait des petits contrats, il y a sept ou huit ans. «Nos premiers fans avaient l'âge de notre grand-mère!» clame Jan dans un sourire.

C'est cependant grâce à leur père que tout a débuté. Ce dernier jouant dans un groupe, les Dubé ont eu accès à différents instruments dès leur plus jeune âge. Qu'ils se sont départagés. Malgré ses aspirations, Liam, l'aîné du trio à 19 ans, a vite compris que le plus jeune, Quinn, avait un meilleur rythme que lui à la batterie. Il s'est donc rabattu sur la guitare. Jan, lui, a hérité des rôles de chanteur et bassiste.

Conciliation musique-famille

Les Dubé admettent que concilier musique et famille n'a pas toujours été facile.

«Au début, on se chicanait souvent», relate Quinn, 15 ans.

«Mais on a appris à se chicaner tout en vivant ensemble et en formant un band de musique», philosophe Liam.

«De toute façon, c'est pas comme si on pouvait dire "Je lâche tout" et aller s'enfermer dans sa chambre avant de devoir redescendre pour souper à la même table!» lance Jan.

Ils ont donc instauré une règle claire, lorsqu'ils ont des décisions importantes à prendre: «C'est le 66% qui gagne», explique le cadet et le «plus créatif» du groupe.

«Pour nous, le groupe est devenu une compagnie et il faut donc qu'on agisse comme les membres d'un même conseil d'administration», renchérit l'aîné, qui étudie en finances à l'Université d'Ottawa et est ainsi devenu d'office le gestionnaire de projet.

Quinn, lui, apporte la touche d'humour et de légèreté quand la tension monte. Il s'occupe aussi d'assurer une présence sur les réseaux sociaux. «Snapchat, Instagram, Facebook... énumère-t-il. C'est important qu'on développe du contenu pour garder les gens intéressés à ce qu'on fait.»

L'autre règle qu'ils suivent? «Les devoirs avant les répétitions», mentionnent-ils.

Chanter du coeur

En 2008, le parcours des Dubé est cependant marqué par un point tournant douloureux: leur mère, malade, décède. 

«C'est la pire et la meilleure chose» qui leur soit arrivée, font-ils valoir en choeur.

La pire, parce qu'ils ont évidemment perdu un de leurs piliers. 

La meilleure, parce qu'en enregistrant pour elle ses chansons préférées «pour lui faire du bien», ils ont réalisé qu'il était temps pour eux de vraiment prendre la musique au sérieux. Et de la partager dans les rues d'Ottawa, tout en amassant des sous (plus de 200 000$ à ce jour) pour diverses causes leur tenant à coeur, incluant la lutte au cancer du sein. Les trois frères ont d'ailleurs vu leur engagement social reconnu plus d'une fois, récoltant le Prix de bâtisseur communautaire de l'année de Centraide (en 2011), une mise en candidature pour le jubilé de diamant de la reine, en plus du Prix de bâtisseur de la Ville d'Ottawa en 2013.

D'Arcade Fire aux Beach Boys

Retour en juillet 2010. Quinn, Jan et Liam sont installés sur le bord d'une rue à l'extérieur du site du Bluesfest pour divertir les passants. Arcade Fire vient de terminer sa prestation, entend les trois frères et... décide d'aller chanter avec eux.

«On reprenait Twist and Shout quand ils sont débarqués sans qu'on les voit arriver, se souvient Jan. On a juste entendu des gens se mettre à faire les choeurs derrière nous. Mais à force de faire de la musique dans les rues, on avait pris l'habitude que du monde parfois saoul ou pour rigoler s'amusent à jouer aux choristes, alors on a juste continué à chanter...»

C'est leur père qui, à la fin de leur prestation, leur a expliqué qu'ils venaient de partager leur bout de trottoir avec Arcade Fire. Qui les a non seulement appuyés dans leur campagne visant à amasser des fonds pour les orphelins d'Haïti (d'où Régine Chassagne est originaire) à la suite du tremblement de terre, mais les a aussi invités à faire leur première partie à Osheaga et POP Montréal, dans la foulée.

Trois ans plus tard, les Dubé ont été choisis pour réchauffer la foule pour les Beach Boys, lors de leur passage à Toronto, dans le cadre de la Canadian National Exhibition. Ils ont même partagé le micro avec eux, le temps de Surfin' USA.

«La seule différence, c'est qu'eux, on les connaissait! soutient Quinn tout sourire. Dans des moments comme ça, on devient des éponges: on veut tout absorber de leur expérience pour apprendre et évoluer nous aussi dans le milieu, en tant qu'artistes...»

«... et en tant que businessmen aussi», enchaîne Liam.

Au cours des trois dernières années, les frères ont travaillé à développer «leur» son, après avoir grandi en écoutant aussi bien Nirvana, Pink Floyd qu'Arctic Monkeys. Aujourd'hui, ils souhaitent mettre autant d'efforts à faire décoller leur carrière.

OK, leur premier album (un EP de cinq titres), est «presque» prêt. En fait, il devait être lancé cet été, mais le trio souhaite apporter quelques ultimes touches au résultat avant de l'offrir au public. Qu'à cela ne tienne, samedi après-midi, les Dubé feront entendre la très solide You et d'autres pièces originales, entre une ou deux reprises (dont au moins une extraite du répertoire des Arctic Monkeys, promet Liam) sur les plaines LeBreton.

Pour y aller

Quand? Samedi 16 juillet, 15h

Où? Plaines LeBreton

Renseignements: ottawabluesfest.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer