Laurence Jalbert, sa voix, sa route

Aussi passionnée sur la scène que devant un... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Aussi passionnée sur la scène que devant un café, Laurence Jalbert se livre avec une sincérité parfois désarmante.

Etienne Ranger, LeDroit

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Après avoir posé sa voix sur les projets des autres, Laurence Jalbert a eu envie de témoigner en musique du chemin parcouru au cours des 40 dernières années. Le résultat, Ma route, son 11e album en carrière, est «rempli de chemins de gravelle», de country et de tendresse.

Aussi passionnée sur la scène que devant un café, Laurence Jalbert se livre avec une sincérité parfois désarmante. «À 50 ans, je suis tombée dans un trou noir. La petite fille avec des lulus que j'étais ne s'amusait plus. Elle était devenue une vieille femme qui travaillait trop.» 

Cet épisode de dépression majeure, la chanteuse de Rivière-au-Renard l'a raconté dans son autobiographie, À la vie, à la mer, publiée en 2015 en collaboration avec Claude André.

Depuis le lancement de ce livre dans lequel elle se raconte à travers ses chansons, Laurence Jalbert a poursuivi son travail introspectif en prenant, pour une rare fois, le temps de plonger dans la pile de chansons que lui ont envoyées ses amis musiciens au fil des ans.

«Je voulais marquer ce 40e anniversaire, raconter l'histoire de cette fille qui, à 16 ans, est partie en tournée dans les bars. Il fallait vraiment avoir un front de boeuf!» s'exclame en riant celle qui reconnaît aujourd'hui que si sa route a été aussi cahoteuse par moments, elle en est la première responsable.

«Je ne suis pas une victime, tellement pas», affirme-t-elle avec aplomb avant de prendre une pause et de reprendre: «J'ai eu ma fille en tournée, je n'avais pas d'argent et le papa est parti à la naissance, comme dans les clichés. Mais j'avais ma voix pour chanter, pour habiter des textes, comme je le fais encore aujourd'hui.»

Pour chanter justement cette Route, Laurence Jalbert avait le choix parmi une cinquantaine de pièces. Mais le vrai signal, ce qu'elle appelle le «déclic de l'album», elle a l'a eu en écoutant la première galette de Yoan Garneau, grand gagnant de La Voix 2014. «Quand j'ai entendu cet album, j'ai trouvé exactement l'environnement sonore que je voulais.» 

L'heureux hasard a voulu que le responsable de cette signature musicale soit un vieux collaborateur, Rick Haworth. «Rick était l'un des musiciens sur la démo de la pièce Au nom de la raison

Un texto plus tard et l'affaire était réglée. Avec Rick Haworth derrière les consoles, la chanteuse a pu plonger corps et âme dans la production de Ma route.

En mêlant sa plume à celle de Catherine Durand, Danny Boudreau, Dany Bédar, Bourbon Gauthier, Laurence Jalbert a concocté un album intime, qui lève les voiles sur des épisodes parfois bien précis de sa vie. C'est le cas de la pièce Juste là, où il est question d'adultère.

«En spectacle, quand je testais cette pièce, je disais: "Voici l'histoire d'un ami." Puis, en studio, à force de la faire et de la défaire, j'en suis venue à tout simplement le dire. Cette chanson, c'est moi, c'est à moi que c'est arrivé. C'est moi qui ai surpris mon conjoint avec une autre. Ce n'était pas la joie, mais c'est la vie. Je ne suis pas la première, ni la dernière, à qui cela arrive.»

D'autres pièces, comme L'Élue, composée par Pol Sareault, semblent avoir été écrites sur mesure pour ce projet d'album-souvenir. La chanteuse s'illumine quand elle parle de ce jeune auteur-compositeur. «Il n'est pas assez connu, il faut que les gens entendent ce qu'il fait», explique la chanteuse avant d'entonner un couplet de cette jolie pièce où il est question de destinée, «Il y a sûrement un Dieu quelque part, et il est peut-être le seul à y croire».

Peu de place au country

Laurence Jalbert sera de passage ce samedi avec sa caravane country au Festival western de Saint-André-Avellin. En compagnie de Paul Daraîche, Brigitte Boisjoli et Les 2 frères, elle proposera au public une incursion dans l'univers musical qui a bercé son enfance, et qui lui colle toujours à la peau.

Malgré les récents succès de Paul Daraîche et de Guylaine Tanguay (qui chante avec elle sur Une minute à moi), Laurence Jalbert déplore encore le peu de place accordé au country sur les ondes commerciales. Il y a 15 ans, elle avait dû se battre pour voir son extrait Jeter un sort tourner à la radio. Encore aujourd'hui, elle a dû enregistrer des versions sans banjo de certaines de ses nouvelles chansons pour mettre toutes les chances de son côté.

«Si c'est ce que ça prend pour que mes chansons atteignent les gens, je suis prête à le faire. Mais il va falloir que l'industrie se lève un jour et remette en question ce pouvoir, souligne Laurence Jalbert, pas amère pour autant. Je vis présentement l'une des plus belles périodes de ma vie.»

Pour y aller

Quand? Samedi 16 juillet, 20h30

Où? Festival western de Saint-André-Avellin

Renseignements: rodeostandreavellin.org

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