La dompteuse de harpe

Ce samedi, Valérie Milot renouera une fois de... (Courtoisie)

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Ce samedi, Valérie Milot renouera une fois de plus avec Les Violons du Roy, dirigés par Mathieu Lussier, dans le cadre du festival Musique et autres mondes. Au menu, notamment, les concertos pour harpe de Boieldieu et Handel.

Courtoisie

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Il était une fois une fillette de 10 ans qui, attirée par « le côté un peu princesse » de l'instrument, a décidé de troquer le piano pour la harpe. Quelque 20 ans après s'être piquée au jeu « très physique » des cordes sensibles dudit instrument, Valérie Milot se décrit plutôt comme « une dompteuse de lion ». Un lion capable de rugir comme de ronronner, et dont la musicienne veut faire résonner toutes les nuances et possibilités.

« J'entretiens une relation très musculaire et charnelle avec ma harpe, du simple fait que je l'entoure de mes bras et de mes jambes pour en jouer. Contrairement au piano où on active des marteaux par une touche digitale, la harpe réclame qu'on pèse sur les cordes. Chaque note est donc travaillée par le corps pour aller en chercher le timbre désiré. Dans ces conditions, on entre vraiment en symbiose avec notre instrument. En fait, c'est un peu comme si on dansait le tango ensemble, c'est donc impossible de rester froide à son contact ! » clame-t-elle en éclatant de rire.

« De toute façon, je suis plutôt du genre émotive et intense, alors ça explique sûrement pourquoi la harpe m'a rapidement collée à la peau ! » renchérit-elle gaiement. 

Ce qui allume le plus Valérie Milot, c'est de faire connaître le côté méconnu de son instrument, d'aller bien au-delà de l'image « angélique » ou des sonorités celtiques auxquelles les gens l'associent traditionnellement.

Ainsi, d'une main, la Trifluvienne de 31 ans poursuit une carrière de soliste sortant des sentiers battus de la musique classique. Sur son plus récent album, Orbis, lancé en mars dernier, elle reprend à elle seule chacune des pistes d'Electric Counterpoint, soit celles de la guitare solo (acoustique ou électrique) de Pat Metheny, mais aussi des 12 guitares et deux basses de la pièce composée par Steve Reich pour le jazzman.

« Je veux transcender le répertoire classique et je peux le faire parce que la harpe est d'une polyvalence insoupçonnée. Elle me permet de retranscrire des partitions initialement prévues pour des violons ou des guitares, par exemple. Je peux donc jouer ce dont j'ai envie... et mes envies sont pas mal éclectiques ! »

À preuve, sur Orbis, elles passent de la plus classique et contemplative In A Landscape de John Cage à G-Spot Tornado de Frank Zappa.

À Ottawa avec les Violons du Roy

De l'autre main, la musicienne continue quand même parallèlement de se produire comme invitée de divers ensembles. Ce sera d'ailleurs le cas, ce samedi, alors qu'elle renouera une fois de plus avec Les Violons du Roy, dirigés par Mathieu Lussier, dans le cadre du festival Musique et autres mondes. Au menu, notamment, les concertos pour harpe de Boieldieu et Handel, que l'orchestre et elle ont d'ailleurs gravés sur disque, sur étiquette Analekta, en 2014.

« Ces concertos, je les ai tellement écoutés pendant les huit ans où mes parents et moi faisions l'aller-retour Trois-Rivières-Montréal pour mes cours, entre autres, qu'ils sont intimement liés à mon enfance, se souvient la trentenaire. Ces pièces font partie de mon ADN. D'avoir la possibilité de les interpréter en compagnie des Violons du Roy, l'un des premiers orchestres avec lequel j'ai joué comme soliste, relève toujours du bonheur ! »

Valérie Milot a lentement mais sûrement tracé son chemin dans le milieu de la musique. Opter pour un instrument qui se « démarque » n'a pas nécessairement rendu la route plus facile pour autant.

« Oui, ça peut piquer la curiosité, concède-t-elle. En revanche, je me suis plus souvent heurtée à des obstacles qu'à des portes ouvertes. Bien des orchestres comptent des harpistes dans leurs rangs et ne voient pas l'intérêt d'inviter une soliste, ou ne peuvent le faire parce qu'ils ont des contrats d'exclusivité avec leur propre harpiste. Mais comme je suis têtue, je savais que j'allais arriver à faire ma place ! »

Un titre par-ci (celui de Révélation Radio-Canada en 2009), plusieurs prix par-là (incluant le prestigieux Prix d'Europe, en 2008, un concours multi-instruments) lui ont donné des ailes. Et une visibilité, doublée d'une notoriété, que Valérie Milot entend bien consolider par-delà les frontières.

« Au Québec, aujourd'hui, ma carrière va très bien. Hors Québec, c'est autre chose, j'ai l'impression de me heurter aux mêmes obstacles qu'à mes débuts... Mais comme je suis têtue... » 

Ses mots, qu'elle laisse en suspens comme une promesse, ne laissent planer aucun doute sur ses ambitions.

POUR Y ALLER

Ce samedi, 20 h

Basilique-Cathédrale Notre-Dame

613-241-0777 ; musicandbeyond.ca

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