Sur la même longueur d'ondes

À 100 ans et des poussières, le thérémine demeure un «jeune» (mais toujours... (Courtoisie)

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Courtoisie

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À 100 ans et des poussières, le thérémine demeure un «jeune» (mais toujours fort intrigant) instrument, sans véritable répertoire créé spécifiquement pour lui. À son humble manière, le Néerlandais Thorwald JØrgensen aspire à changer la donne, non seulement en continuant de jouer du thérémine aux quatre coins de la planète, mais aussi en composant pour cette étrange machine qui est devenue depuis une dizaine d'années «l'amour de sa vie» professionnelle.

Est-ce une affaire d'ondes ou de choc (électrique)? Toujours est-il que la rencontre entre le musicien et le thérémine relève d'un vrai coup de foudre. Et s'est avéré une façon, pour Thorwald JØrgensen, de se remettre d'une peine d'amour.

«J'ai été formé comme percusionniste classique. Mais vous savez, être un percussionniste dans un orchestre, c'est être assis pendant des heures, pour donner quelques coups bien sentis sur un tambour ou des cymbales et rentrer ensuite à la maison!» lance en riant le trentenaire, joint aux Pays-Bas à quelques jours de son départ pour Ottawa, où il donnera deux concerts dans le cadre du festival Musique et autres mondes, la semaine prochaine.

Il en a eu assez de ne pouvoir avoir plus d'espace pour exprimer sa musicalité. À 25 ans, il s'est donc tourné vers le violon, histoire d'accéder ainsi à un plus vaste spectre d'émotions. «Mais j'ai vite dû accepter qu'il était trop tard pour moi...» confesse-t-il sans gêne.

Et sans amertume, puisqu'en entendant les interprétations de Clara Rockmore, il a découvert le plein potentiel du thérémine, dont il n'avait jusqu'alors eu que vaguement connaissance .  Ç'a été la révélation: «J'ai su d'instinct que je saurais jouer de cet instrument!»

M. JØrgensen ne cache pas qu'au début, il s'agissait d'un succédané. 

«C'était pour moi ce qui se rapprochait le plus de pouvoir jouer du violon. Il m'était enfin possible de mettre de l'intensité et de l'expressivité dans ce que j'interprétais, et ça me comblait.»

Depuis, il a toutefois entrepris d'explorer de nouveaux horizons, notamment en ajoutant à son instrument une machine permettant de créer des boucles électroniques à partir de sa voix.

«Ça me donne la possiblité d'ajouter des couches, de texturer les pièces. Ma voix prend ainsi des airs de goélands dans Distant Shores, par exemple», mentionne l'artiste, fébrile à l'idée de présenter sa composition «pour la toute première fois devant public», mardi.

Thorwald JØrgensen profitera aussi de son passage à Ottawa pour interpréter la suite Fabulosae Creaturae (en première canadienne) et Sirenum Scopuli, deux pièces du compositeur ottavien Victor Herbiet. Lors du concert de  mardi après-midi, il jouera également du Ravel, du Schubert et du Bach, accompagné du  pianiste Jean Desmarais et de la harpiste Renske de Leuw.

En soirée, MM. JØrgensen et Desmarais partageront la scène avec le Quatuor à cordes Utrecht et la harpiste Ruth Anna Lindemeir, au Diefenbunker.

Un instrument à faire (re)connaître

Thorwald JØrgensen ne cherchait pas à devenir l'ambassadeur du thérémine. Il a pourtant hérité du titre, un peu malgré lui.

«C'est m'accorder beaucoup d'importance... Tout ce que je veux, au fond, c'est exprimer qui je suis par la musique. Il appert que le thérémine est l'instrument qui me permet le mieux de le faire.»

Il n'en apprécie pas moins de pouvoir donner des concerts un peu partout. Et d'ainsi contribuer à faire (re)connaître  son instrument.

«Disons que je suis habitué de voir des rangées de bouches bées devant moi quand j'arrive sur scène! fait-il valoir en riant. Que je joue seul ou au sein d'un ensemble, je prévois donc toujours une courte pièce d'introduction, histoire de familiariser les spectateurs avec les sonorités particulières du thérémine. Je prends ensuite le temps d'expliquer son fonctionnement, pour le démystifier. Ce n'est qu'une fois cette période de démonstration terminée que le concert peut vraiment commencer.» Avis aux curieux!

Pour y aller

Le 5 juillet, 14 h

First Baptist Church

Le 5 juillet, 19 h

Diefenbunker

613-241-0777; musicandbeyond.ca

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