Buffy Sainte-Marie, voix engagée

Buffy Sainte-Marie... (Courtoisie, Christie Goodwin)

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Buffy Sainte-Marie

Courtoisie, Christie Goodwin

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Si un peintre s'attelait au portrait de groupe de la chanson canadienne au féminin singulier, on installerait Buffy Sainte-Marie à l'avant-plan, avec sa voix et sa personnalité si distinctives, qu'elle fera résonner au Festival de jazz d'Ottawa le 28 juin.

Plus de 50 années à occuper le terrain sans falbalas, avec de longues absences pour élever son fils, tout en décrochant au passage quelques prix, synonymes d'une reconnaissance dont elle-même aurait fini par s'étonner. À l'instar de ce prix Polaris 2015 reçu pour Power In The Blood; émotion intense assortie de stupéfaction: «J'avais écouté les autres albums en lice avant la remise des prix, jamais je n'aurais pensé gagner.»

Sporadiquement populaire, Buffy Sainte-Marie, 75 ans, n'a, en vérité, guère vocation à offrir un album studio de façon métronomique. Son avant-dernier, Running For The Drum, remonte à 2009. Le précédent, Up Where We Belong... à 1996. Partie s'installer à Hawaii il y a cinq décennies, «au soleil, avec un aéroport à proximité en bon état de marche», la chanteuse engagée d'origine crie a toujours gardé un oeil sur la marche du monde. 

En cette Journée nationale des Autochtones, le 21 juin dernier, elle assure de sa belle voix grave dénuée d'emphase: «Ces derniers temps, je vis tous les jours la Journée des Autochtones!»

Une tournée nord-américaine la conduira à Toronto, Winnipeg et Banff, entre autres. Elle se produira notamment auprès des orchestres symphoniques de Toronto et de Winnipeg. Des dates sont également prévues aux États-Unis.

Même les non initiés l'auront compris: Buffy Sainte-Marie voit grand. Trop, à l'évidence, pour certains producteurs qui n'ont jamais su par quel bout prendre ce tempérament ardent, résolu à aller coûte que coûte de l'avant. 

«Power In The Blood a reçu un beau soutien de la maison de disques True North Records, alors que les précédents albums n'avaient pas de maisons de disque, ou uniquement de petites...»

Cet album énergique est à son image, assure-t-elle. «Il me représente bien dans sa grande diversité; certains titres sont des chansons d'amour fortes, d'autres parlent d'enjeux autochtones, de guerre et de paix.»

Découverte au début des années 1960, en pleine vague folk, Buffy Sainte-Marie s'est imposée comme la voix de la communauté amérindienne. Une David Suzuki de la chanson canadienne, qui n'hésite pas à fustiger les pollueurs (No No Keshagesh), à ironiser sur l'hypocrisie gouvernementale (Working For The Government), ou encore à dénoncer l'engagement militaire américain au Vietnam (The Universal Soldier). Des chansons qui ont de la conscience, aucune niaiserie, de la fragilité surmontée et de la force tranquille.

Quatre musiciens l'accompagneront sur scène à Ottawa : guitare, basse, batterie, clavier, en plus de sa guitare à elle. L'avantage de ne pas connaître toutes les paroles de ses nouvelles chansons, c'est que l'on pourra se concentrer sur ses cordes vocales. Une voix d'ambre étonnamment puissante, avec du corps, un frémissement, une tendresse, de l'autorité et ce soupçon d'une intensité très incarnée.

Pour y aller

Le 28 juin, 20 h 30

Parc de la Confédération

ottawajazzfestival.com

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