Festival de jazz: le sax à couper le souffle

Kamasi Washington a eu l'honneur de lancer la... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Kamasi Washington a eu l'honneur de lancer la programmation du Festival de jazz d'Ottawa, hier, au Centre national des arts.

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Puissance de jeu, sonorités incisives ou veloutées, énergie saisissante. Jeune météore brillant de la planète jazz, le saxophoniste Kamasi Washington a ouvert la 36e édition du Festival de jazz d'Ottawa, mercredi soir, au théâtre du CNA. Un moment partagé par une salle comble en émoi. Avant même que le musicien joue sa première note, le public l'accueillait d'une ovation tonitruante. Ce qui suivit dépassa toutes les attentes.

Une demi-heure introductive à couper le souffle, à découvrir cette nouvelle génération de jazzmen qui ne manque pas de virtuosité : mi-trentenaires tous amis d'enfance, ils firent fondre l'auditoire entre ballade susurrée et fouge aux reliefs tranchés. 

Les premières mesures retentissent au rythme d'une marche militaire puis s'évanouissent sur le chant de la choriste. Bientôt s'impose le saxophone ténor de Kamasi Washington. La tension monte à son paroxysme, encouragée par un duo de batteries tellurique. Ça chauffe en brûlantes fumerolles funky entre les cinq musiciens : tant de sensations musicales se télescopent sur scène qu'on a l'impression d'assister à un volcan en irruption. Littéralement: l'un des batteurs se fera installer un ventilateur à ses pieds en pleine prestation !    

La suite ne manque pas d'air. La deuxième pièce, Re Run, met en avant les talents du tromboniste Ryan Porter que Kamasi a rencontré au conservatoire quand ils étaient enfants. «La première fois que je l'ai entendu jouer dans les couloirs du conservatoire, je me suis demandé à quoi pouvait bien ressembler le vieux monsieur qui tirait des sons si nostalgiques et si profonds de son trombone, nous raconte le saxophoniste. Il avait 12 ans ! Il m'a répondu qu'il cherchait juste le son du beurre d'arachides et de la confiture.»    

Attendrissant de voir ce colosse du saxo taquiner ses musiciens en partageant sur scène leurs anecdotes de jeunesse...Il conviera également son père, Rickey Washington, à le rejoindre sur scène pour une séquence de flûte traversière surprenante de légèreté.    

Kamasi Washington, qui a joué auprès de Snoop Dogg et Lauryn Hill, revigore le jazz et lui insuffle un groove irrésistible exacerbé par une rythmique de pointe formée des percussionnistes Tony Austin et Ronald Bruner. On repère des morceaux de son dernier album, The Epic, encensé par la critique : The Rhythm changes clôturera en beauté une prestation que l'on n'est pas prêt d'oublier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer