Réveilleur de l'Afrique

Tiken Jah Fakoly viendra jouer son répertoire à... (Archives, Le Quotidien)

Agrandir

Tiken Jah Fakoly viendra jouer son répertoire à haute teneur énergique avec ses 11 musiciens au Franco, samedi, à 21 h.

Archives, Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pour qui a déjà entendu au moins une chanson de Tiken Jah Fakoly, l'ambiance qui règne en concert est parfaitement conforme à l'idée qu'on peut s'en faire. Survoltée, dansante, révoltée mais bon enfant.

Le chanteur ivoirien entouré de 11 musiciens viendra jouer son répertoire à haute teneur énergique au Franco, samedi, à 21 h.

Composé de titres souvent imparables (Plus rien ne m'étonne, Dernier appel, Quitte le pouvoir... ), le son Tiken Jah puise aux sources du reggae et de la musique africaine et offre un élixir en forme d'assurance vie contre la morosité. Cela dure depuis 15 ans au Canada, où l'artiste vient régulièrement présenter son travail. 

Il fallait voir sa dernière prestation, au Métropolis de Montréal en mai, où des spectateurs désinhibés hurlaient d'une seule voix l'un de ses derniers tubes : «Quand l'Afrique va se réveiller, ça va faire mal mal mal mal !!!»

Performeur sensationnel sur scène, Tiken Jah Fakoly revendique son engagement dans ses paroles et n'y va pas par quatre chemins.

«Personne ne viendra changer notre situation à notre place, dit l'artiste africain joint à Montréal. Partout où il y a eu des changements, le peuple a décidé. Ma mission avec le reggae, c'est de réveiller le peuple africain et d'informer le reste du monde sur ce qui se passe en Afrique».

Il suffit d'aller faire un tour sur son profil Facebook pour sonder ses plus récents combats. Représentant d'une vindicte portée à l'incandescence par sa voix grave, Tiken Jah défouraille à tout va: sa plus récente pique concerne l'ex-dictateur tchadien Hissène Habré, condamné à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l'humanité. 

«Quand il y a des guerres entre politiciens, les civils constituent les premières victimes, rappelle-t-il. Le fait qu'un ancien chef d'État soit condamné, ça veut dire qu'il y a une prison pour les présidents et les anciens présidents. Désormais, face à des situations politiques compliquées, chacun doit faire attention».

Adepte d'un reggae (son look en fait foi) mâtiné de musique traditionnelle africaine, Tiken Jah Fakoly a récemment sorti un disque, Racines, dans lequel il revendique sa filiation avec le reggae jamaïcain en reprenant des titres-phares du genre. Il revisite onze classiques parmi ceux qu'il a le plus écoutés, adolescent. Parmi eux, Get up, stand up (Bob Marley), Slavery Days (Burning Spear), ou encore African (Peter Tosh). 

«Je voulais simplement montrer que depuis les années 1970, le reggae a toujours contribué à la promotion de la liberté d'expression dans le monde, et prouver que cette musique a un lien fort avec l'Afrique à travers les instruments traditionnels que nous avons rajoutés».

Né en Jamaïque où la légende veut que les navires négriers déposaient les esclaves les plus costauds et les plus récalcitrants, le reggae porterait dans ses gênes l'attitude rebelle. Celle-ci a trouvé écho chez le porte-voix des Africains, parfois à ses risques et péril. Menacé de mort en côte d'ivoire en 2002, Tiken Jah Fakoly a dû s'exiler au Mali jusqu'en 2007 et a essuyé des refus de visa dans certains pays d'Afrique. 

«Ce sont les risques du métier et de l'engagement, dit-il. Il y a un prix à tout. Quand tu décides d'éveiller les consciences et de contribuer au réveil de l'Afrique, il faut savoir qu'il y a des gens en face qui n'ont pas envie que tu participes à ce réveil. On sait que c'est périlleux mais, dans la mesure où cet engagement est utile pour l'humanité, le choix est vite fait».

POUR Y ALLER

Quand ? Samedi 18 juin, 21 h

Où ? Parc Major

Renseignements ? www.ffo.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer