Florence K, de l'ombre à la lumière

Florence K a présenté son tout nouveau spectacle... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Florence K a présenté son tout nouveau spectacle jeudi à la salle Jean-Despréz. Une soirée appréciée par ses fans.

Etienne Ranger, LeDroit

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CRITIQUE / Du fond du gouffre à son retour dans une salle Jean-Despréz plus que combl(é)e: dans la foulée de son livre Buena Vida, le nouveau spectacle de Florence K rend compte de sa dépression, sans fard et, surtout, sans atermoiement. Résultat? Ce sont sa puissante envie de vivre et d'aimer à nouveau, ainsi que sa voix gorgée d'une sérénité durement acquise qui sont ressorties de sa prestation à Gatineau, jeudi soir.

Cela tient en grande partie à ses mélodies «pas encore endisquées», mais déjà bien affirmées, dans lesquelles sa mélancolie s'avère plus lumineuse. La gueule du loup en est un exemple des plus probants, à l'instar de la bluesée Never Wanna Go Back Again.

De plus, tout en continuant de flirter avec des rythmes et un «saudade» typiquement latins, ses musiques ratissent plus large, s'ouvrent sur de nouveaux horizons. À preuve, Rideau de fer est portée par un rythme ensoleillé et la guitare aux accents presque klezmer d'Yves Desrosiers (qui se fond discrètement dans le décor mais n'en fait pas moins sentir sa présence par son indéniable talent). Du coup, derrière son Arriverai-je à le franchir et à gagner la guerre? a bien plus vibré son urgent désir de s'en sortir qu'une question existentielle sonnant comme un appel à l'aide.

Florence K a par ailleurs toujours été une excellente conteuse. On ne s'étonne dès lors pas qu'elle prenne encore un évident plaisir à mettre en contexte certaines des pièces qu'elle chante. Ainsi, entre les rires et les «oh!» de déception sentie de la foule, elle s'est amusée à relater à sa manière l'attente du personnage de L'appuntamento, une vieille chanson italienne qui traite d'un rendez-vous galant auquel l'homme espéré ne s'est jamais pointé et popularisée par le film Ocean's Eleven.

Or, si elle s'est peut-être déjà cachée derrière les anecdotes partagées sur scène, elle n'hésite plus aujourd'hui à témoigner de son mal-être passé, évoquant par exemple un séjour à La Havane où elle a perdu pied malgré le pouvoir de cette ville de lui faire du bien jusque-là.

Cela dit, c'est assurément par ses plus récentes chansons qu'elle s'est révélée le plus et ce, qu'elle ait opté pour le «je» ou le «elle» pour traiter de dépendance affective, d'amour au noir, d'amertume ou du doute.

«Dans ses yeux noirs et tristes/On sent bien que le vide existe», a-t-elle chanté sur la particulièrement éloquente De profil.

Ici, elle a entraîné les spectateurs dans son Carnaval, jusqu'au «septième étage» où elle a été hospitalisée «entre les fous et le métal». Là, elle les a fait valser dans son Bal des excuses ou a abordé le choix de vivre - ou pas - À genoux.

Pour la première fois sur scène, Florence K se livre principalement en français (ce qui ne l'empêche pas de renouer avec l'espagnol et l'anglais à quelques occasions).

Un piano posé sur un îlot de retailles de papiers déchirés; des projections tantôt abstraites (nuages, arbres, lune...), tantôt de centre-ville où voitures et passants défilent en accéléré; et des jeux d'éclairage jouant d'ombres et de lumière: la metteure en scène Marie Brassard a pour sa part misé sur une sobriété de bon goût, qui sied parfaitement à l'ambiance résolument intimiste du spectacle.

Geneviève Corrigan et Florence K unies par le chant

La jeune auteure-compositrice-interprète gatinoise Geneviève Corrigan... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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La jeune auteure-compositrice-interprète gatinoise Geneviève Corrigan

Etienne Ranger, LeDroit

À l'instar de Marie-Pierre Arthur, qui avait eu un coup de coeur pour Benoit Joanisse lors de son récent passage à Ottawa, Florence K a profité de son séjour à Gatineau pour participer à l'émission Unis par le chant pour la chaîne de télévision Unis.

Cette émission, animée par Nicolas Tittley, donne l'occasion à un artiste établi de tendre l'oreille à trois jeunes ou groupes émergents de l'une des villes canadiennes où il se produit dans le cadre de sa tournée. «J'aime le concept de l'émission, qui nous permet d'échanger, de partager autour d'un chemin qu'on a déjà eu à suivre. C'est comme avoir la chance de passer la puck au suivant, même si c'est déchirant d'avoir à choisir», a commenté Florence K.

Au terme des auditions de mercredi, c'est l'auteure-compositrice-interprète gatinoise Geneviève Corrigan, 17 ans, qui a été retenue. La finissante du Collège Saint-Alexandre a ainsi pu livrer, d'abord seule au clavier puis accompagnée à la guitare par Marie-Hélène Frenette-Assad, et d'une voix flûtée faisant penser à une Ingrid St-Pierre, deux de ses pièces et une reprise de Rêves d'été de Laurence Nerbonne.

Sa prestation a été captée, ainsi que le début du spectacle de Florence K. Le tout sera intégré à l'épisode qui leur sera consacré.

Unis par le chant sera diffusée sur Unis TV à compter du 5 juillet, à 21h. 

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