Boom Desjardins est bien en selle

Boom le chanteur est de retour, bien en... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Boom le chanteur est de retour, bien en selle sur des mélodies country-folk assumées, heureuses de laisser le banjo s'emballer.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Boom Desjardins avait délaissé la musique ces dernières années, occupé qu'il était par un projet de développement immobilier dans sa terre natale, l'Abitibi. «En trois ans, on a quand même construit 96 portes», précise-t-il. Le large sourire de satisfaction qu'il affiche justifie à lui seul cette parenthèse dans le monde des affaires.

Mais l'appel artistique a fini par reprendre le dessus, et le revoilà avec un nouvel opus solo, Clandestin, paru la semaine dernière. Un disque éminemment country concocté avec ses fidèles complices: Eric Maheu (de Kaïn), Yanick Boivin (de Yelo Molo) et Étienne Joly («de» David Jalbert). «Ce ne sont pas juste "des musiciens"; c'est un vrai band. Des amis qui sont avec moi depuis plus de 15 ans», souligne le guitariste.

Ses nouvelles chansons, il y travaille depuis deux ans. Presque en catimini, comme l'indique le titre - bien que le mot Clandestin fasse plutôt référence au fait que ce disque s'inscrive en marge de ses disques précédents, et non dans la continuité, estime-t-il. 

Boom le chanteur est de retour, bien en selle sur des mélodies country-folk assumées, heureuses de laisser le banjo s'emballer. Certains morceaux flirtent ouvertement avec le bluegreass. «Ce sont de nouvelles instrumentations. Il n'y a pas beaucoup de joueurs de banjo au Québec; nous, on avait la chance d'avoir Étienne Joly. Et Guy Bélanger à l'harmonica», indique Boom Desjardins. 

«Quand j'étais enfant, le country, c'était une religion chez moi, se souvient-il. Willy Lamothe, ce sont les premières chansons et les premiers accords que j'ai appris.»

Malgré la présence de quelques ballades ou chansons d'amour cabossé, le ton est la bonne humeur. «Ça parle beaucoup des chums, de road trips» et de loyauté, indique le chanteur, en déplorant qu'«à force de s'entourer d'objets, on finit par oublier les gens qu'on a autour de nous», ce qui est devenu le thème de J'ai pas d'amis. On y trouve aussi une chanson pour ses amis truckeurs, griffonnée sur un napperon au Relais 17. Et une légende portant sur l'authentique histoire d'un garde-chasse - «l'oncle d'Étienne» - qui s'est perdu dans le bois pendant plusieurs jours.

L'artiste continue toutefois d'exercer son sens de affaires, cette fois à travers sa nouvelle compagnie de disque, Étiquette B. «Comme ça, je suis libre de faire ce que je veux. [...] Et puis, l'avenir des artistes passe par l'autoproduction.»

«J'ai le goût de présenter d'autres artistes, dans le futur. Des gens qui ont fait partie de mon entourage sur mes trois derniers albums», laisse entendre Boom le producteur. Il ne pense pas que Stéphanie St-Jean puisse faire partie de ces «autres». La gagnante de La Voix 2016 apparaît sur l'album de Boom, posant sa voix sur le duo Embarque dans mon char. «J'ai même produit un spectacle de son band à Val-d'Or», se souvient le néo-Gatinois. Boom a déménagé en Outaouais, qu'il percevait comme une position géographique idéale à mi-chemin entre les chantiers d'Amos et les planches de Montréal. 

Ç'aurait été tentant de signer la Gatinoise sous son label, mais «j'ai l'impression que son aventure avec les Productions J va durer», sourit Boom Desjardins, heureux que le Québec soit, comme lui à l'époque, tombé sous le charme de la Gatinoise. «Elle a une énergie et une prestance incroyables sur scène. Et puis c'est une grande amoureuse de l'être humain, ce qui est la qualité première, dans ce métier.» 

Boom Desjardins prépare une tournée en salles pour l'automne prochain, mais il écumera dès cet été les scènes d'une dizaine de festivals à saveur country, dont deux dans la région. Le rodéo-outaouais de Gracefield l'accueillera le 26 août; le Festival de la bine d'Alfred-Plantagenet l'attend le 17 septembre.

On pourra aussi l'entendre le 13 juin à l'auditorium du Cégep de l'Outaouais, où il agrémentera de quelques chansons une conférence (sur le bonheur et le mieux-être) que donneront en commun Robert Savoie, Anick Lapratte et Amélie Grenier. 

Tous les profits seront reversés au Dépanneur Sylvestre, qui donne du travail à des jeunes aux prise avec certaines «incapacités». Car Boom Desjardins est aussi un philanthrope convaincu (ou convainquant, du moins), même s'il est facile de l'associer à l'image du vendeur de char en raison de ses liens commerciaux avec un concessionnaire de l'Outaouais. 

Pour chaque album vendu, le chanteur remettra d'ailleurs un dollar au Club des petits déjeuners. «C'est une cause qui me touche de près», énonce Boom le père de famille. À peu de choses près, son passager Clandestin a vu le jour en même temps que son quatrième enfant, âgé d'un mois et demi.

«De toute façon, ce ne sont pas les ventes de disques qui font vivre les artistes: 1$, aujourd'hui, ça représente 30% des profits. Or, c'est le montant que je donnais à mon producteur. Là, j'en ai plus. Alors j'ai eu envie d'être généreux.»

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