«A» comme dans Marie-Pierre Arthur

Avec ses cinq musiciens, Marie-Pierre Arthur s'arrête jeudi soir... (André Pichette, Archives La Presse)

Agrandir

Avec ses cinq musiciens, Marie-Pierre Arthur s'arrête jeudi soir au Studio du Centre national des arts.

André Pichette, Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

«B» comme dans «bonheur». Celui de pouvoir vivre de sa création. Depuis un an, Marie-Pierre Arthur se promène d'une salle à l'autre - «full band», dit-elle fièrement - pour présenter Si l'aurore, son troisième album en carrière, couronné d'un Félix. Avec ses cinq musiciens, elle s'arrête jeudi soir au Studio du Centre national des arts. Rencontre avec une artiste authentique... avec un grand «A».

«Ça ne m'a pas du tout offensée», souligne celle que Pierre Lapointe a qualifiée de «B» lors d'un récent passage sur le plateau de Tout le monde en parle, durant un segment où il accusait Radio-Canada d'avoir saboté le concept de son émission Stéréo pop en n'imposant sur le plateau que des «A», soit les célébrités chouchous de l'heure. 

«Bien sûr que tout cela a un impact sur la diversité artistique, précise-t-elle. Cela dit, j'ai toujours créé en m'écoutant moi, sans essayer de plaire aux autres. Si je fais quelque chose d'authentique, le public s'y reconnaît et me suit. Même si je ne suis pas une "vedette", je réussis  à gagner ma vie avec ma musique, ce que les prochaines générations pourront difficilement faire.»

En effet, la Recording Industry Association of America (RIAA) publiait en mars dernier des données sur l'industrie musicale aux États-Unis, confirmant que la lecture en continu (streaming) est aujourd'hui la principale source de revenus, avec 34,3% du chiffre d'affaires d'un secteur dont les revenus s'élèvent à 7 milliards $ au total. Des chiffres qui donnent le vertige à la Gaspésienne, convaincue que la relève devra malheureusement envisager la musique non pas comme un gagne-pain, mais bien un hobby.

«Que mes tounes sont streamées, oui, ça me choque! s'exclame-t-elle. Cela dit, personne ne va pleurer si je boycotte ces plate-formes. Les amateurs vont se tourner ailleurs, tout simplement. Les artistes, on veut être entendus, c'est la chose qui nous appelle le plus. Alors que faire? Les gens sont débrouillards et quand ils arriveront à télécharger illégalement la plupart des séries télévisées produites à coup de millions, il y aura peut-être, enfin, des lois qui ont des dents.»

L'expérience La Voix

Sa participation à La Voix étant maintenant terminée, la mentor d'Ariane Moffatt dresse un bilan positif de son expérience. Faire des rencontres, découvrir de l'intérieur la «machine» et pouvoir s'adresser à plus de deux millions de téléspectateurs à la fois sont autant d'aspects qui l'ont marquée.

«L'équipe de La Voix est ouverte à prendre des risques et c'est tout à son honneur, fait-elle valoir. On mélange les styles musicaux, on cherche la craque, cet espace où peuvent se rejoindre des goûts plus éclectiques, des découvertes. Cela dit, le volet concours m'a troublée, par moment. Certains participants mettent tout leur coeur, voire leur avenir dans l'aventure. Une fois éliminés, ils s'effondrent. D'autres trippent à fond, simplement heureux de jouer pour la première avec un vrai band.»

Et c'est avec son groupe adoré (deux guitaristes, un batteur, un claviériste et une choriste) que Marie-Pierre Arthur donnera ce jeudi soir, l'un de ses derniers spectacles, sa tournée prenant fin avant les festivals d'été auxquels elle prendra part en multipliant les collaborations avec d'autres musiciens. Après quoi, dès cet automne, le silence. Celui de la création.

«C'est difficile de tomber d'un coup sec, seule à la maison. Pendant des mois, on vit avec une énergie si forte sur scène, tellement que le corps en tombe parfois malade. Ensuite, la solitude nous frappe. C'est la plus grande difficulté émotive d'un artiste. On a besoin d'en parler, sinon on ne comprend jamais ce qui nous arrive. Mais le plaisir d'être avec le public est si grand», ajoute-t-elle.

Alors n'oubliez pas de lui dire combien vous l'aimez. Parce que les «B» aussi ont besoin d'Amour.

Pour y aller

Où? Centre national des arts

Quand? Jeudi 19 mai, 20h

Renseignements: Billetterie du CNA, 613-947-7000; TicketMaster.ca, 1-888-991-2787

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer