Patrick Watson à feu doux

«The whole stage is falling apart, just like... (Etienne Ranger, LeDroit)

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«The whole stage is falling apart, just like life...» , a lancé Patrick Watson alors qu'un clavier est tombé sur scène en plein spectacle.

Etienne Ranger, LeDroit

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CRITIQUE / Il est peu dire que l'on attendait beaucoup de ce concert de Patrick Watson, musicien hors pair entouré d'une excellente réputation sur scène. Verdict après sa venue, mardi, à la salle Odyssée? Une prestation riche en rebondissements, où l'on s'est senti instantanément bien, qui a débuté dans un soyeux clair-obscur par des roulades instrumentales vite chahutées par des lumières stroboscopiques, le tout poussant une voix murmurée mais prête à en découdre. Le show était bien huilé - jeux de lumières hypnotisants, ampoules merveilleuses, compositions languides à souhait - de quoi fondre dans son siège, bercé par ce chanteur à la voix d'une beauté renversante. Puis, patatras, l'un des claviers a chuté dans un grand fracas, obligeant Patrick Watson à descendre brusquement de ses hauteurs vocales: «The whole stage is falling apart, just like life...»

Ce spectacle n'aura donc rien des mille autres de la tournée, merci cher Watson! Voilà les musiciens livrés sans filet, en pleine lumière, sans béquille scénographique ou pilote automatique. On cherche le problème entre les câbles, on se demande comment enchaîner. D'un univers épique préférant l'ombre à la lumière, la réverbération façon grands espaces, les deux chansons suivantes n'ont pas d'autre choix que de retourner au folk dépouillé de la guitare acoustique autour d'un micro, tout comme Safia Nolin en première partie de concert. 

Man like you a pris des allures de confession au coin du feu, nous gratifiant même d'un solo de scie musicale. Into Giants a ensuite rappelé (au mégaphone) les autres musiciens à l'avant-scène, avant que toute l'équipe ne retourne à son poste sur Grace

La prestation de mardi soir nous aura démontré que les empilements de claviers un peu partout peuvent jouer des tours à cet univers ultra-électrifié...Ironie du sort pour un groupe dont le dernier album s'intitule Love song for robots...    

Sur scène, le pianiste à la formation jazz et classique ne s'est pas démonté. Sa grâce en apesanteur - visiblement intouchable - va de pair avec une intensité folk et onirique d'une complexité bouillonnante. 

Tout cela magnifié par la complicité instrumentale d'excellents musiciens: Joe Grass (guitare), Mishka Stein (basse) et François Lafontaine (claviers).

Le dernier album en date, Love song for robots, a vu le jour en 2015. La pièce-titre, interprétée en introduction du concert, résume bien la démarche artistique du groupe: «Il y a comme une tension qui s'est progressivement installée entre l'homme et la technique, expliquait Patrick Watson en entrevue. En écrivant, je pensais aussi à la manière dont les émotions sont la plupart du temps réduites à des processus mécaniques.» Le concert d'hier soir nous en a offert un parfait contre-exemple.

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