Le festin Pearl Jam

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Eddy Vedder, le chanteur de Pearl Jam, n'a rien perdu de son charisme.

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CRITIQUE / Le spectacle en aréna s'intitule humblement An Evening with Pearl Jam; mais, ce n'est pas une petite «soirée», vite rangée-pliée, que propose la bande d'Eddy Vedder, passée saluer ses fans à Ottawa, dimanche, dans un Centre Canadian Tire presque saturé.

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Refusant de se contenter d'un concert frugal, l'insubmersible quintette de Seattle offre un festin 20 services ininterrompu.

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Refusant de se contenter d'un concert frugal, l'insubmersible quintette de Seattle offre un festin 20 services ininterrompu, sans première partie, sans réelles salutations ni présentations, sans autre fioriture scénique qu'un jeu soigné d'éclairages vivifiants, sans grand blah-blah entre les morceaux... et en clôturant son long voyage par deux très généreux rappels. 

Pearl Jam alignait sa huitième chanson post-ovation-et-salut, sur la vingtaine attendues, on n'aura donc pas vu le bout, à heure d'envoyer ce texte danser au milieu des rotatives.

Ce(s) rappel(s), c'était quasiment un deuxième concert, après une session pourtant copieuse. La sélection a équitablement échantillonné les dix albums studios égrainés au fil de leur 26 années de carrière. On peut ajouter deux ans, car ils puisent aussi parfois dans les archives musicales du groupe Mother Love Bone, éphémère précurseur qui réunissait Stone Gossard et Jeff Ament, respectivement guitariste et bassiste de Pearl Jam.

La bande a lancé les hostilités sur un bang!, avec Lightning Bolt, suivie par quatre ou cinq morceaux tirant leur énergie à la même source électrique grondante.

Leur tour d'horizon a bien sûr fait la part belle à leur premier disque, Ten, album-phare qui, en 91, écrivait une page d'histoire de la musique en jetant (au diapason de confrères seattliens émergents tels Nirvana ou Soundgarden) les premières pierres du mouvement grunge à la face du monde... lequel en restera longtemps abasourdi.

Bref, la confiture servie dimanche par les 'Jam avait de quoi satisfaire les amateurs les plus pointus, autant que les ados grunges d'antan, qui, à présent tiédis, ne se souvenaient guère que de Ten

Album dont la bande a pris soin d'extirper les principales perles: Even Flow a relancé les choses après une bonne heure de show; en choeur, la foule a repris Why Go avec autant d'énergie que le band; dans la foulée déboulait la figure tragique de Jeremy, chaudement applaudie.

Fidèle à ses habitudes de ne jamais donner le même concert deux soirs d'affilée, la troupe - qui, outre Vedder au micro et à la guitare, Gossard et Ament, compte aussi Mike McCready (aux solos, sur la troisième six-cordes), Matt Cameron (à la batterie) et Kenneth «Boom» Gaspar (la recrue, derrière les claviers depuis 2002) - s'est laissée aller à son énergie et ses envies du moment, ponctuées de reprises plus ou moins impromptues (The Who, en rappel).

Authentiques rockeurs

Oubliez le mot grunge, trop associé à une époque fugace. Ce sont d'authentiques rockeurs, qu'on a observés, dimanche; de vrais pros de la scène et de la montée en puissance des hostilités. De vieux routards sachant ponctuer de passages acoustiques d'une grande douceur une prestation autrement trépidante, emportée dans une avalanche de notes saturées, crachées par les guitares grinçantes.

Vedder, en particulier, n'avait rien perdu de son charisme, voire de sa superbe: moulinets de bras; déchaînements vocaux (le baryton est toujours solide); petites piques politiques (faciles) à l'attention du candidat présidentiel Donald Trump, histoire de galvaniser la foule; allusion à Fort McMurray, histoire de l'émouvoir...

Le chanteur a aussi profité de la fête des Mères pour décerner aux mamans une chanson de son cru solo, la délicate Setting Forth, suivie du classique Corduroy, qui aura tôt fait de réveiller tout le monde.

«Je dois dire que de tous les spectacles qu'on a donné durant cette tournée, c'est vraiment ici qu'on a eu le meilleur son», a partagé Eddy Vedder just avant les rappels, en ne dissimulant sa satisfaction ni à l'égard de l'acoustique du Centre Canadian Tire, ni de la «super énergie» que lui envoyait la foule.

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