Richard Séguin, l'homme rapaillé

Richard Séguin... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Richard Séguin

Patrick Woodbury, LeDroit

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On retrouve un peu le ton revendicateur de Journée d'Amérique dans Tant qu'y en a, mais on reconnait aussi, sur Quand on ne saura plus chanter, le ton feutré, intimiste, de Lettres ouvertes. L'écho de Par-delà l'océan se fait entendre Dans le désir du monde et il y a des sonorités d'Appalaches sur Dans mon coeur. Bref, Richard Séguin a fait de lui-même un homme rapaillé, sur son plus récent album, Les Horizons nouveaux. L'artiste de 64 ans répond d'un rire franc à cette observation. «J'aime bien cette idée! Ça veut dire que tous les morceaux tombent en place!»

«Je n'essaie pas de récréer ce que j'ai pu faire avant, mais cet album regroupe en effet toutes les ambiances explorées sur mes précédents disques. Avec l'âge, je me suis réconcilié avec le fait que c'est ma manière de dire, de faire», renchérit l'auteur-compositeur-interprète, dans un large sourire.

Bien que son métier soit de composer de nouvelles chansons, Richard Séguin ne cache pas qu'il a eu de la difficulté à renouer avec son écriture au terme de la tournée des 12 hommes rapaillés dont il était partie prenante. «Sortir de l'univers de Gaston Miron après en avoir été imprégné si fortement et si longtemps, ça peut être paralysant... Je ne pourrai jamais prétendre écrire une poésie comme lui!»

C'est pourquoi il s'est permis une parenthèse, au cours de laquelle il a composé une pièce de théâtre musical sur le philosophe, naturaliste et poète américain Henry David Thoreau (un projet qu'il laisse maintenant mûrir dans ses tiroirs avant d'y revenir «plus tard», pour le retoucher).

Sa cabane d'écriture

«Inspiré» par Thoreau, il s'est ensuite construit une cabane dans la montagne, près de sa maison. «J'y ai transporté tout ce qui a trait à la chanson, de mes livres de référence à mes recueils de poésie. C'est devenu ma cabane d'écriture. Pour la première fois, j'ai un espace à moi et juste pour ça!» lance-t-il les yeux pétillants du gamin dans un magasin de bonbons.

C'est donc là que l'auteur, «tel un artisan», se rendait, tous les matins à 9 h pour pétrir ses chansons, entre une marche dans le bois et ses instants de lecture glanés au temps qui passe.

«Quand est arrivée Au bord du temps, dont le texte se termine avec les mots horizons nouveaux, j'ai compris que je tenais le titre de l'album et un thème qui se dessinait déjà avec Le Manteau et Dans mon coeur, les deux autres pièces que j'avais déjà écrites.»

Ces deux chansons, par leurs propos plus engagés (Dans mon coeur traite de l'idée de fermer des villages en Gaspésie), évoquent Les Bouts de papier ou encore l'essence de Rester debout ou du Blues d'la rue. Et sa volonté farouche d'encore et toujours donner la parole aux laissés-pour-compte.

Au bord du temps, c'est la réponse de Richard Séguin à sa petite-fille de 10 ans qui, après avoir vu des reportages sur les réfugiés syriens, s'inquiétait. «Terrorisme, migrants: elle était mêlée par tout ça et m'a demandé: "Est-ce qu'ils s'en viennent pour faire la guerre ici?" J'ai voulu lui répondre que non, pas du tout, en parlant de notre devoir d'accueil et d'humanité.» 

De la colère au sentiment fraternel: l'émotion demeure au coeur de ce que l'homme a encore envie de dire.

«Je ne suis jamais dissocié des personnages auxquels je prête ma voix. Si je le fais, c'est parce que je les rejoins dans ce qu'ils sont, ce qu'ils ont à dire. Sur scène, mon travail est de retoucher à cette étincelle, cette émotion qui a généré la chanson. J'entre alors à leur service», raconte l'interprète.

Ce qu'il fera, le 11 novembre prochain, à Gatineau, entouré de ses comparses Hugo Perreault (réalisateur avec qui il travaille depuis deux décennies), et le guitariste Simon Godin, avec qui il collabore depuis quelque 10 ans. La violoncelliste et percussionniste Myëlle complètera aussi de sa voix le quatuor.

Pour y aller

Quand? Le 11 novembre, 20h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements: 819-243-2525 ou salleodyssee.ca

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